Kyon est un jeune étudiant qui n’aspire qu’à une vie paisible et sans histoire. Malheuresement pour lui, son chemin va croiser celui de Suzumiya Haruhi, excentrique de service du lycée, qui va l’entraîner (plus ou moins malgré lui), dans sa SOS Brigade, association créée par Haruhi dans le but de dénicher des mystères. Autant dire qu’il n’est pas près d’être tranquille… Mais n’y aurait-il pas quelque chose qui se cache dans les pseudos délires d’Haruhi? Quelque chose de beaucoup plus grand…

Derrière ce synopsis un brin déjanté se cache un véritable phénomène internet. La jolie mais non moins énergique Suzumiya Haruhi, après avoir envahi les libraries japonaises avec un roman en huit tomes (toujours en cours), puis une adaptation en manga, a débarqué courant 2006 sur le petit écran. Engendrant ainsi une véritable communauté de fans sur le net, regroupant leur adoration pour cette série sous le nom de Haruhism. Et là vous me demandez : mais pourquoi donc ?

– Mais pourquoi donc, ô grand Kirox ?

Petit flatteur va. Alors lisez donc ce modeste article si vous désirez des réponses (et vive l’auto promo !).

S’il est asssez difficile de classer cette série dans un genre précis, je m’avancerai cependant à affirmer qu’elle est majoritairement à but comique. Loin de l’humour de situation basé sur divers quiproquos et autres jeux de mots, qu’on retrouve dans un School Rumble par exemple, La Mélancolie de Suzumiya Haruhi dispose en effet d’un vrai scénario cohérent, bien que complètement burlesque, qui mélange allègrement vie lycéene, fantastique ou même carrément SF (si si !). Les personnages ne sont pas en reste, eux aussi sorte de melting-pot géant de par leurs différences. Kyon, le narrateur de l’histoire, est un modèle de cynisme comme on n’en a jamais vu auparavent. Sa façon de narrer les évenéments surréalistes qui se produisent devant lui d’un ton résolument décalé et désabusé est à se rouler par terre. Quant à Suzumiya Haruhi, point central de toute l’intrigue de la série, elle reste un mystère pour beaucoup de gens (y compris pour les protagonistes). Leader née pour gouverner son petit monde à grand coup de balai et de culot monstre ; on accroche ou pas à son type de personnage, il n’empêche qu’il est difficile de ne pas se laisser emporter par son enthousiasme débordant. Trois autres protagonistes les rejoindront par la suite, tous un peu spéciaux dans leur genre. Mais je préfère vous laisser découvrir leurs particularités par vous-même, je ne vais pas vous mâcher le travail non plus, et puis j’ai mis un niveau de spoil 1 après tout.

Les quatorze épisodes qui composent la série sont très travaillés sur le plan du graphisme et de l’animation. C’est beau, quoi. On retiendra même quelques scènes surprenantes et particulièrement bien mises en scène, comme par exemple une scène de baston à coup de super pouvoir bluffante de rapidité, ou un concert mythique que même Beck (le groupe du manga éponyme, pas le musicien, comparons ce qui est comparable je vous prie) ne renierait pas ! Concernant la musique d’ailleurs, j’avoue ne pas y avoir fait particulièrement attention en regardant la série, si ce n’est que les génériques sont assez déjantés dans leur genre, notamment l’ending dont on retiendra une chorégraphie aussi débile qu’entêtante.

Une particularité de cette anime qui pourra en rebuter certains, c’est que les épisodes ne sont pas présentés dans l’ordre chronologique. Ainsi, si vous ne comprenez pas pourquoi un personnage est introduit sans raison apparente, ou si ces mêmes personnages font des références obsures à des scènes passées, mais que vous n’avez pas encore vues, c’est normal. Ne cherchez pas une quelconque explication à ce désordre, il n’a pas d’autre but que de rendre la série encore plus ‘folle’. À noter cependant que la diffusion a été suffisament ordonnée pour que le scénario reste largement compréhensible, il faut juste ne pas s’étonner des quelques sauts dans le temps qui occurent entre les épisodes. Ah, et encore un avertissement, le premier épisode (qui est en fait le onzième dans l’ordre chronologique), sert en quelque sorte de prélude à l’histoire, en présentant les principaux personnages sous forme d’un petit film vidéo aux tons amateuristes. Délicieusement raté, avec à la clé des cadrages foireux, des dialogues et scénario incompréhensibles, et un jeu d’acteur déplorable, cet épisode pourra aussi faire peur à plus d’un spectateur. Encore une fois, on aime ou on déteste.

La série est aussi souvent prétexte à parodies et autres clins d’oeil plus ou moins cachés à d’autres séries (Full Metal Panic : Fumoffu ou Gundam), à des jeux video (Phoenix Wright), voire même à d’autres éléments de la culture japonaises (le groupe de jpop Zone). Si les épisodes sont suffisament variés et intéressants pour captiver son auditoire, remarquons toutefois un léger temps mort dans la série, constitué par l’épisode 9 qui paradoxalement, est le dernier épisode dans l’ordre chronologique ! Conçu de manière délibérément lente afin de ‘tromper’ le spectateur, il ne se passe quasiment rien dans cet épisode, un peu à la manière d’un Bee Train classique, diront les médisants (et ils auront raison). Si bien que l’épisode 14 constitue finalement une bien meilleure fin que ce que l’ordre chronologique nous aurait réservé. Mis à part celui-ci, les quatorze épisodes ne souffrent pas de longueurs durant leur déroulements, et contrairement à l’habitude, ce n’est pas le fin mot de l’histoire que vous aurez au dernier épisode, mais plutôt son milieu.

La Mélancolie de Suzumiya Haruhi serait mon coup de coeur de l’année 2006, s’il n’y avait pas eu Eureka Seven. Seconde place donc, pour cet ovni parmi les animes, basé sur une idée totalement absurde mais pourtant rééllement bien construit et original. J’avoue donc avoir succombé à la déferlante de Haruhism, et avant d’aller de ce pas retirer mon badge et ma casquette à l’effigie de Suzumiya, je vous invite à me rejoindre. SOS Brigade, me voilà !

Pas de réponse à “La Mélancolie de Haruhi Suzumiya”
  1. nautawi dit :

    Une très très bonne analyse de ce qu\’est à mon sens : un chef-d\’oeuvre !

  2.