Depuis un siècle, les hommes et les femmes se sont séparés, chacun vivant sur sa propre planète et faisant la guerre à l’autre. Mais Tarak (planète des hommes) a peut-être la clé de la victoire entre les mains : une nouvelle arme très puissante aux allures de vaisseau de guerre. Seulement, au moment de l’inauguration, une bande de pirates de Mejare (la planète des femmes) prend d’assaut le vaisseau et sort les occupants actuels de force. Mais un incident se produit et trois hommes se retrouvent coincés dans le vaisseau avec l’équipage féminin au fin fond de la galaxie. Ils vont maintenant devoir coopérer afin de rejoindre leurs contrées respectives, et peut-être empêcher la guerre d’escalader.

Attention, décollage imminent pour l’espace, nous vous prions de bien vous asseoir et de boucler votre ceinture, car cet article ne s’annonce pas de tout repos. En effet, Vandread et sa suite : Vandread 2nd Stage, est une série qui fait la part belle à l’action, avec de nombreux combats de méchas dans l’espace. Mais ne vous inquiétez pas, la production a tout prévu et vous trouverez à l’intérieur de l’appareil, moult développements comiques ou romantiques afin de vous distraire pendant le trajet. Et maintenant, en place, en position, envol !

Mettons tout de suite les choses au point : je considère que Vandread et sa suite forment un tout, puisque les deux s’enchaînent parfaitement, qu’on retrouve les mêmes personnages au moment où nous les avions laissés dans la saison 1, et qu’il n’y a pas vraiment d’évolution, à part l’apparition d’un nouveau personnage. Basé sur le concept de la guerre des sexes, au sens propre du terme, Vandread propose une idée de départ assez originale, malheuresement pas assez exploitée, comme nous le verrons par la suite. Si le scénario peut faire croire au départ à une histoire de conflit interplanétaire sur fond politico / scientifico / sciencefictionimo / compliquissimo / trucquifinitenocommekiprauko, il n’en est rien et la série se concentre plutôt sur les déboires de nos pirates de l’espace qui sillonnent la galaxie afin de rentrer sur leur planète d’origine. La série ressemble donc plus à une succession d’épisodes plus ou moins indépendants, avec à chaque fois un nouvel ennemi qu’il leur faudra combattre avec hargne et passion (non, ce ne sont pas les noms de deux personnages de la série). Parlons-en d’ailleurs de ces personnages : au chara-design sympathique mais peu original, les principaux sont assez stéréotypés, à commencer par le héros : Hibiki, qui démarre en tant que loser bon à rien, et se découvre des talents de pilote inespérés. Tout comme les trois personnages féminins principaux : Dita, l’ingénue attachante mais pas très intelligente, portant une affection prononcée pour le héros ; Jura, nyphomane de service qui se sert de ses atouts pour essayer d’attirer les mâles dans ses filets ; et enfin Meia, la chef d’escadron, belle, sombre et indépendante au point de refuser tout contact amical avec les autres, qui ouvrira peu à peu son coeur au contact du héros. En revanche, au niveau des personnages secondaires, c’est un peu plus varié. Mention spéciale à Gascogne, la responsable de l’équipement, qui dégage un certain charisme.

Les amateurs de combats de méchanoïdes spatiaux ne seront que partiellement rassasiés par Vandread, série hybride à mi-chemin entre l’action et la comédie romantique. Concernant le premier point, l’anime remplit plus ou moins son contrat : c’est assez beau (il ne faut pas être allergique aux images de synthèse), mais parfois un peu bordélique. On notera que l’utilisation des CG n’est pas toujours bien choisie, mais a le mérite d’accentuer le dynamisme des batailles spatiales, et qui se prête très bien au design des machines environnantes, leur donnant même un côté ‘métallique’. La musique, plutôt axée électronique pendant les phases de combat, contribue aussi fortement au dynamisme des scènes d’action. Attardons-nous un peu sur les méchas : qu’est-ce qui les différencie de ceux que l’on trouve dans de nombreuses autres séries ? Au début de la série : rien. Au contraire même, leur design n’est pas spécialement original, même s’il est loin d’être laid. Mais vient par la suite un concept intéressant : la fusion. Est-ce un hommage à Dragon Ball ? Je n’en sais rien, toujours est-il que le concept est le même ici. Le Vanguard du héros peut se combiner aux Dreads des trois héroines principales pour former un Vandread (duh..), aux caractéristiques propres à chacune des pilotes. Si l’idée se révèle être originale au début, les transformations sont finalement limitées à trois, et une sorte de lassitude peut parfois poindre quand on a droit à la énième animation de la fusion entre le Vanguard et un Dread.

Quant à la deuxième ‘face’ de la série, elle agacera sans nul doute les amateurs de la première. Entre les phases de combat, Vandread nous propose de suivre le quotidien de nos trois héros qui tentent de survivre dans un milieu ‘hostile’ composé uniquement de femmes. Pas si éloignée que ça d’un Love Hina (et là, je sens FireShot qui regarde par dessus mon épaule), la série joue aussi sur le fan-service, puisque les femmes de l’équipage ayant vécu uniquement entre elles jusqu’ici, leur pudeur est moindre et les tenues qu’elles ont l’habitude de porter sont pour la plupart très légères (ce qui est une explication fort logique, et qui arrange bien les scénaristes). On a aussi le droit à une variation du classique triangle amoureux, beaucoup plus présent dans la deuxième saison. Je dis classique, car chacun sait que tout bon héros de shonen un peu loser fait craquer les filles, même celles qui ne l’aiment pas au premier abord (si seulement c’était aussi simple dans la vraie vie… mais bon, passons). La série propose quand même une réflexion sur les relations homme/femme, en montrant l’absurdité que cela engendre de les séparer. Si le premier contact est difficile, il en résulte qu’au final, les deux parties doivent s’aider mutuellement afin d’avancer. Sur les trois hommes embarqués avec l’équipage, tous ont un poste essentiel. L’un est le pilote du Vanguard, arme puissante en cas de combat armé ; l’autre est docteur et a des connaissances médicales avancées ; enfin le dernier est le seul capable de faire se mouvoir le vaisseau. Les deux camps se complètent par leurs capacités, et c’est ensemble qu’ils vaincront leurs adversaires.

Vandread est donc un shonen sympathique sur fond de SF, même si son déroulement est peu original, malgré le synopsis de départ qui lui l’était. Il faut juste supporter le fan service (blâmez Evangelion) et les images de synthèse, qui ne seront pas au goût de tout le monde. La série propose néanmoins des combats agréables, servis sur un scénario simpliste mais efficace, pour ceux qui recherchent de la SF facile d’accès, un peu à la manière d’un Stellvia.

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