Jeu pour le moins attendu qu’est ce Metal Gear Solid Portable Ops, avec d’un coté les fans qui réclament le lien scénaristique manquant entre MGS3 et Metal Gear premier du nom et de l’autre coté la PSP qui peine à présenter des jeux de grande qualité et exclusifs à la console. Alors est-ce que le contrat est rempli ? Et est-ce que le portage sur console portable de cette magnifique série qu’est Metal Gear Solid s’est bien passé ?

La première chose qui nous frappe est évidemment les graphismes, tout simplement époustouflants pour une console portable ! Les modèles de personnages sont simplement magnifiques, de même pour leur animation, et les décors, bien que assez restreints sont très détaillés. Par contre, les habituelles cut-scenes faites avec le moteur du jeu ont été remplacées par des cut-scenes avec des animations qui font penser à un comics américain (pléonasme d’accord, mais je préfère préciser sachant que j’écris pour J-Truc), ce point fera sûrement la polémique mais en ce qui me concerne, j’adhère à 100% à ce style, rendant compte de l’innovation graphique (sans parler des graphismes mais plutôt du style) constante de la série. Bien que les dessins en eux-mêmes n’aient pas été faits par Youji Shinkawa, son style de personnage y est totalement adapté. J’aurais préféré un peu plus de couleurs dans ces cut-scenes, qui sont toujours dans un ton beige assez fade (de belles couleurs rouges en fond auraient été du plus bel effet).

Le passage graphique est donc digne d’un Metal Gear, mais qu’en est-il du gameplay ? Sur ce niveau les choses se corsent un peu. On retrouve pratiquement toutes les actions possibles des autres MGS : faire des roulades, viser en vue FPS et même faire du Close Quarter Combat (incluant le fait de traîner un soldat, de le forcer à parler etc., mis à part le fait qu’il est impossible d’égorger un soldat, même avec un couteau équipé !). Petite modification agréable : pour se déplacer doucement et se coller au mur, il faut maintenant appuyer sur la touche triangle, ce qui est beaucoup plus pratique quand la caméra change de sens et quand on doit attendre un moment collé au mur. Là où ça coince un peu plus, c’est du côté de la caméra : en effet sur la PSP, il n’y a pas de second stick comme sur PS2, du coup on appuie sans arrêt sur la touche L pour voir ce qu’il y a devant soi. Cependant, avec un peu d’entraînement, en se collant au mur et en étant prudent, on arrive à s’y habituer (il est possible de bouger la caméra avec les touches directionnelles).

En plus de l’habituel morceau d’infiltration s’ajoute la gestion de ses hommes et de ses missions. Hé oui, désormais vous ne serez plus seul à vous battre, chaque soldat de chaque zone pourra être capturé, puis après quelques arguments bien placés, il rejoindra votre cause. Vous pourrez alors le mettre dans une équipe afin qu’il fasse des missions avec Snake. Au début de la mission chaque autre soldat sera caché dans une caisse, lorsque l’on veut changer on choisit un endroit où se cacher dans une boîte puis on sélectionne le personnage que l’on veut jouer, il sort alors de sa caisse. Certains de ces soldats ont des capacités spéciales qui les rendent dans certains cas plus adaptés que Snake, comme par exemple pouvoir traîner un soldat endormi ou mort plus rapidement (sacrément utile, au vu du nombre de soldats à capturer). Vous pourrez également les dispatcher dans une équipe de médecins ou d’ingénieurs qui vous créeront des médicaments et de nouveaux objets, ou encore dans une équipe d’espions qui vous rapporteront des informations, par exemple sur les armes de la zone qu’ils surveillent. De plus, l’intégration de ces soldats est très importante pour le scénario, où Big Boss n’est plus seulement un guerrier de génie, mais devient aussi un leader charismatique. En plus de la gestion des hommes, vous pourrez aussi gérer vos missions, vous avez en effet à disposition une carte avec des zones et vous pourrez à loisir revenir dans chacune de celles-ci, soit pour aller chercher des armes (plus nombreuses que jamais !), soit pour la mission principale, ou encore pour recruter d’autres soldats. À chaque début de missions, vous vous trouverez près du camion qui vous a amené et vous devez souvent obtenir un objet en évitant le plus d’échauffourées possibles.

Malgré le fait que la PSP soit une console portable les zones sont toutes d’une taille respectable et la distance de vision est très grande. Cela permet au joueur de faire des sessions de jeu très courtes (Sony a assez appuyé sur ce point pour les jeux PSP). Toutes ces zones bénéficient d’un level design parfait et grâce à quelques caisses bien placées et au point de départ qui diffère, elles restent toujours originales à rejouer tout au long du jeu. Pourtant il y a ici un point négatif à soulever, les missions consistent souvent à trouver un certain objet, et du fait des zones qui ne sont pas immenses, il est quasiment possible de courir jusqu’à l’objet sans faire attention aux soldats puisque une fois l’objet trouvé on est directement amené à l’autre mission ! Alors qu’un retour au camion aurait rajouté en réalisme et en immersion et aurait dissuadé d’utiliser cette méthode bourrine.

Le scénario quant à lui arrive pratiquement au niveau d’un MGS original. Ce MGS met en scène Big Boss durant les évènements de 1971. Big Boss qui a quitté l’unité Fox il y a quatre ans, se retrouve capturé par cette même unité Fox alors qu’elle effectue une rébellion en Amérique centrale, dans une ancienne base secrète soviétique. Mais Big Boss est accusé par la CIA d’avoir fomenté cette rébellion et il se retrouve sans soutien logistique à devoir tuer le cerveau de cette révolte pour prouver sa bonne foi. Pour cela, il recrute Roy Campbell alors simple soldat qui l’aidera à conduire le camion et lui apportera l’aide logistique nécessaire. Bien que difficiles à cerner, les buts de l’Unité Fox semblent être de récupérer la deuxième moitié de l’héritage des Philosophes ainsi que de créer une nation faite pour les soldats, pour qu’ils ne soient pas le jouet de politiciens (force est de constater le rapprochement avec Outer Heaven de Big Boss vingt-quatre ans plus tard, serait-ce une inspiration ?). Snake se verra obligé par la suite de recruter d’autres soldats afin de l’aider dans sa tâche, ce point explique sa capacité à diriger des hommes et explique pourquoi tant de personnes l’ont suivi plus tard lors de Outer Heaven ou de Zanzibar. Snake se trouvera alors confronté à de nombreux ennemis fortement charismatiques tel que Ursula aux pouvoirs précognitifs et télékinétiques. Les révélations finales permettent, à défaut de faire toute la lumière sur l’histoire des patriotes (non mais et puis quoi encore ?), donnent des éléments de réponses qui donnent encore plus envie de jouer à MGS4. Après les enseignements de The Boss, qui font de lui un soldat, Snake gagne ici ses capacités de leader, et apprend à se battre pour une cause. Bien que très bien réalisé et indispensable pour la compréhension globale du chef d’oeuvre qu’est la série Metal Gear Solid, le scénario ne s’élève pas au niveau du maître Kojima, la faute à des personnages pas assez nombreux, avec des passés torturés balancés un peu comme prétextes (Python).

Un dernier point sur la musique, dont les thèmes sont très inspirés et tout à fait dans l’esprit MGS, bien qu’elle ne soit pas faite par Harry Gregson David comme les autres MGS. On pourra cependant noter sa relative platitude durant les cut-scenes, assez gênant pendant les moments tragiques notamment.

Le constat est donc globalement très positif, le gameplay bien qu’ayant une caméra peu efficace, est tout simplement jouissif avec les nouveaux ajouts de choix de missions et d’équipes qui offrent une richesse jusque là inconnue dans un MGS. Les graphismes magnifiques ainsi que les cut-scenes rendent honneur à la PSP et le scénario remplit parfaitement son rôle de nous tenir en haleine jusqu’au bout de ce jeu tout en offrant son lot de révélations. Le jeu dispose d’une durée de vie tout à fait honorable, j’ai mis 13H sans me presser, mais grâce aux nombreuses armes à récolter, les soldats à recruter et les objets à débloquer, ce sera un plaisir d’y revenir, à savoir qu’il dispose de 2 niveau de difficultés de base : Facile et Normal et un de plus à débloquer en finissant le jeu : Extrême. Ce jeu se révèle quasi indispensable pour les fans de la série, et pourra aussi attirer et charmer les nouveaux venus sans problème.

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