Yamato Akitsuki, un lycéen tout à fait ordinaire de 15 ans, arrive à Tokyo pour poursuivre ses études. La veille de la rentrée, il est victime d’un coup de foudre pour une fille qu’il a aperçu alors qu’elle s’entraînait au saut en hauteur dans la cour de son futur lycée. Rejoignant ensuite la pension pour jeunes filles tenue par sa tante, Ayano Fujikawa, qui lui a exceptionnellement réservé une chambre pour la durée de ses études, il découvre que la jeune fille qu’il a vue habite également la pension et que de surcroît il s’agit de sa voisine. Par la suite, il apprend qu’elle se nomme Suzuka Asahina et qu’elle a été recrutée dans le même lycée que lui pour ses talents de sportive. Dès lors, Yamato va tout faire pour se rapprocher de Suzuka …

Sachez tout d’abord que cette série animée est l’adaptation du manga de Kôji Seo composé de 14 volumes, toujours en cours au Japon actuellement. Il ne s’agit pas ici de comparer le manga à la série animée mais cette dernière est cependant très fidèle, à la case près, hormis une ou deux scènes légèrement modifiées.

Malgré la relative ressemblance du résumé avec le début de l’histoire de Love Hina, Suzuka s’éloigne rapidement du chef d’œuvre d’Akamatsu-sama (nd Kirox : rien que ça !), malgré les quelques scènes de fan service dans les premiers épisodes, sûrement réalisées pour attirer le public masculin. Ici, l’auteur s’attarde davantage sur les sentiments des protagonistes plutôt que sur les petites culottes des personnages féminins. La partie sportive est, elle aussi, relativement limitée, tout au moins au début. En effet, Yamato rejoint le club d’athlétisme de son lycée dans l’unique but de se rapprocher de Suzuka. Mais il se révèle talentueux et aura comme but de devenir le n°1 du Japon en 100m départ arrêté. Ces courses permettent à Yamato de faire ses preuves et de montrer à Suzuka qu’il est digne d’elle, elles revêtent donc un caractère spécial.

Suzuka s’articule autour de cinq personnages principaux. Il y a bien sûr Yamato, héros principal de l’histoire maladroit, colérique, encore un peu gamin et totalement inexpérimenté avec les filles. Il est aidé dans ses péripéties par Yasunobu Hattori, ami d’enfance qui lui en a fait voir de toutes les couleurs lorsqu’il était plus jeune mais qui maintenant essaye de le conseiller. Mais les personnages les plus intéressants sont féminins. Suzuka est une jeune fille au passé très torturé (ce qui ne sera pas sans déplaire à khyos) qui la bloque dans ses relations avec les garçons, car elle ne s’est toujours pas remise d’un gros traumatisme. Par moments, son caractère est très proche de celui de Yamato, ce qui cause des disputes de gamins assez amusantes entre les deux. Il y a également Honoka Sakurai, secrètement amoureuse de Yamato depuis l’enfance et qui entre dans le club d’athlétisme presque en même temps que lui afin de se rapprocher de celui qu’elle aime, soit exactement la même raison que Yamato. Et enfin, il y a Miki Hashiba, qui fait également partie du club. Il semble qu’elle ait un petit faible pour Yamato, mais elle fera tout pour l’aider à se rapprocher de Suzuka. L’auteur utilise avec parcimonie les apparitions des personnages, enchaînant rebondissements inattendus et situations espérées par le public. Les personnages évoluent au fur et à mesure que l’histoire avance et ne se contentent pas de respecter le rôle cliché qui leur est attribué au début. Ainsi, je dois avouer que Suzuka m’a énervé au milieu de l’histoire, dévoilant un défaut jusqu’alors totalement invisible.

Mais si l’histoire brille par son scénario classique mais efficace, c’est techniquement que le bât blesse. Si sur les gros plans et autres plans fixes, ce n’est pas catastrophique, dès qu’un athlète se met à courir, on constate à quel point l’animation est défaillante. Le réalisateur de la série est Hiroshi Fukutomi qui a déjà travaillé sur High school! Kimengumi, plus connu dans notre pays sous le nom du Collège fou fou fou, et on se demande si il y a eu des progrès depuis pour faire bouger un personnage. Et même si les dessins sont loin d’être horribles, la série fait vraiment plus vieille qu’elle ne l’est.

Heureusement, la bande-son remonte le niveau. Enfin quand il ne s’agit pas des thèmes aux sons électroniques qui sont censés faire monter la pression avant une course. Mais quand il s’agit de poser une musique sur un moment dramatiquement important, il ne fait aucun doute que Takumi Masanori sait s’y prendre. Les morceaux au piano ou/et au violon sont très prenants et apportent vraiment de l’émotion à la scène qu’ils accompagnent. J’ai particulièrement retenu 2 magnifiques thèmes joués au piano que sont le Main Theme et Tooi Hi no Kizuato, qui interviennent tous deux dans les moments-clefs de l’histoire. Un bon point également pour les génériques, particulièrement l’opening Start Line de COACH, et les voix, qui correspondent bien aux personnages.

Pour mettre toutes ces idées dans une coque de noisette comme le diraient nos amis anglophones, Suzuka est une très bonne histoire, qui peut néanmoins sembler un peu classique pour certains, dont l’adaptation en anime n’est malheureusement pas à la hauteur du scénario, en particulier à cause d’une animation bâclée. Si le graphisme raté d’une série peut vous empêcher de la regarder, je ne saurais que vous conseiller de vous jeter sur le manga qui sort en mai tout en écoutant les deux OST qui sont sorties.

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