Après la fuite d’Aizen, Ichigo et tous ses amis auraient bien mérité un peu de repos avant d’affronter les Arrancars. Malheureusement pour eux, le studio a décidé de créer les Bount, des nouveaux ennemis qui absorbent l’énergie spirituelle des autres. Nos héros vont donc essayer d’empêcher leurs plans machiavéliques, sans pouvoir hélas apprendre de nouvelles techniques, telle est la loi indéfectible des fillers. (Toute analogie avec l’article de Kirox sur les fillers de Naruto dans le texte suivant serait purement volontaire.)

Comme mon très cher confrère, je passe sur l’histoire de Bleach, car ce n’est pas le but de cet article. Comme pour Naruto, une fois que la série s’est trop rapprochée du manga, la solution rapportant le plus, celle d’introduire des fillers, a été choisie. Bien sûr, ce n’est pas la plus agréable pour le public mais bon, tant qu’il y a de l’argent à gagner. Mais pour Bleach, on a droit à des épisodes de qualité et un scénario finement travaillé… Euh non, finalement je n’utiliserai pas l’arme préférée de Voltaire dans cet article.

Je n’irai donc pas par quatre chemins : les fillers de Bleach sont effrayants. L’histoire forme un arc à part entière. On y retrouve avec plaisir tous les personnages déjà apparus, ainsi que le lieu théâtre de la meilleure partie du manga : le Soul Society. Le scénario est écrit de telle sorte qu’il permet l’enchaînement de combats divers et variés avec pour protagonistes ceux qu’ont a déjà vu se battre. Et oui, il faut essayer d’éviter les incohérences. C’est par des moyens ingénieux qu’interviennent quelques surprises scénaristiques : par exemple, Ishida retrouve ses pouvoirs grâce à un ancien artefact du Soul Society, mais il n’aura effet qu’un certain temps, afin que notre Quincy préféré se retrouve sans pouvoirs pour la reprise de l’histoire originelle. Les fillers sont également l’occasion de faire apparaître de nouveaux personnages, que les scénaristes prennent un malin plaisir à tuer par la suite. Ce n’est donc pas grave que les nouveaux ennemis n’aient aucun style commun, mais surtout un look personnel assez douteux, à part leur chef Kariya dont le chara-design est potable sauf en combat. Mais n’oublions pas le plus énervant : l’introduction de trois mascottes ridicules à souhait mais néanmoins très amusantes dans le sixième ending « My Pace ». Il s’agit de Mod Soul implantées dans des peluches, tout comme Kon. Et là, une super idée est née dont voici un extrait : « Hey ! Si on ne les tuait pas (parce qu’elles sont trop mimis ces peluches) et qu’on les intégrait à la suite de l’histoire. On doit bien pouvoir rajouter quelques plans inutiles nous évitant de rejoindre trop vite le manga ! ». Nous voici donc aujourd’hui avec la suite véritable du manga plus quelques scènes de fillers, heureusement peu nombreuses mais malheureusement existantes.

Prenons maintenant notre courage à deux mains et osons nous attarder sur le scénario. À leur retour du Soul Society, nos héros humains pensaient prendre un repos bien mérité mais Inoue et Chad se font enlever par de mystérieux nouveaux adversaires. Avec l’aide de Renji, Ichigo découvre rapidement qu’ils sont en fait envoyés par Urahara pour l’entraîner. C’est ensuite que sont introduit les vrais méchants des fillers : les Bount, un nom qui donne faim. Et en effet ils ont faim, car à l’instar des vampires, ils volent l’énergie spirituelle des humains afin d’augmenter leur espérance de vie et de renforcer leurs pouvoirs. Leur capacité spéciale est de contrôler une poupée aux pouvoirs aussi divers que variés selon le Bount associé. On découvrira par la suite que les Shinigamis sont à l’origine de la création de ces nouveaux ennemis et que les Bount sont bien décidés à se venger de leur existence misérable dont ils estiment le Soul Society comme responsable.

Le niveau technique de la série s’est mis à la même hauteur que le scénario, et on a donc droit à un dessin assez bâclé et quelques effets visuels de bien mauvais goûts (la femme de ménage du studio est encore passée par là). Et malheureusement, on ne retrouve pas les musiques qui ont fait toute l’ambiance de la série pendant les 63 premiers épisodes. Les nouvelles sont beaucoup moins à la hauteur.

Vous l’aurez donc bien compris, les fillers de Bleach sont de bons fillers, donc de mauvais épisodes. Ils n’ont pour intérêt que de revoir les personnages de la série combattre, mais malheureusement, les batailles ne sont pas très passionnantes. On se consolera en se disant qu’un tel ramassis d’épisodes ne peut que relever la médiocrité du nouvel arc de la série.

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