Byôsoku 5 Centimeter est le dernier projet de Makoto Shinkai (Génie de l’animation vénéré par votre webmaster préféré), déjà connu pour s’être occupé de Hoshi no Koe et Kumo no Mukou, Yakusoku no Basho. Ce film est composé de trois parties d’environ une demi-heure chacune traitant toutes du thème de l’amour à distance particulièrement affectionné par Makoto (ses deux précédents travaux étaient basés sur ce même thème).

Dans ces lignes, je ne traiterai que de la première partie sur les trois, car c’est à ce jour la seule qui a été diffusée en streaming par yahoo. Pour voir les deux autres, il faudra aller au cinéma ou plutôt attendre la sortie du DVD pour les pauvres européens que nous sommes.

Le film numéro un intitulé “Okasho” nous relate l’histoire de Takaki Toono et de son amie d’enfance Akari Shinohara. Très proches, ils vont vite se retrouver séparés par le déménagement de Akari, puis perdre le contact. Au bout de six mois, Akari ne pouvant se résoudre à perdre à tout jamais Takaki, va lui écrire une lettre. Encore six mois plus tard, après une longue correspondance épistolaire, ils vont être amenés à se revoir de nouveau…
Au cours du film nous suivons donc le voyage en train de Takaki qui va rejoindre Akari, le tout entrecoupé de flashbacks où le héros se remémore les moments passés avec son amie.

Pour ceux qui connaissent les précédentes oeuvres de Makoto Shinkai, il n’y aura aucun dépaysement, il nous sert une animation toujours plus belle et un graphisme toujours plus soigné, en particulier sur les décors. En effet, Makoto nous a habitué à un style très particulier composé de décors somptueux aux détails et effets de lumière de toute bÔÔÔtéééé en contraste avec son character design extrêmement simpliste qui donne un côté attachant aux personnages.
En poussant la recherche plus loin, on peut lire dans les désirs de l’auteur l’ambition de créer une histoire encrée dans la réalité (marquée par les décors), mais qui met en scène un amour idyllique entre les deux héros qu’il serait difficile de retranscrire sans l’utilisation d’un character design simplifié. D’ailleurs, ce procédé n’est pas seulement utilisé dans Byôsoku 5 Centimeter, mais aussi dans ses deux oeuvres précédentes où à chaque fois il nous présente un amour utopique dans un monde réel avec ses contraintes, qui sont d’ailleurs souvent la cause de la séparation des deux êtres aimés et aimants.

Ce qui est particulièrement marquant dans Byôsoku 5 Centimeter, c’est le travail fait sur l’importance du temps, ce thème était encore une fois déjà abordé dans ses autres oeuvres mais jamais avec une telle présence. En effet, le parcours en train de Takaki s’avère très long pour lui, subissant retard sur retard à cause des chutes de neige. Au cours de celui-ci, il va se remémorer toute son enfance avec Akari, mais aussi l’année passée sans elle. Le film est donc réalisé d’une telle façon que l’on découvre le passé des personnages au fur et à mesure des retards que prennent les trains, tout est fait pour nous montrer que cette journée passée dans les transports à attendre est aussi longue pour le héros que l’année entière qu’il a passé sans Akari. On ne compte plus le nombre de fois où l’heure s’affiche à l’écran, et le temps passé par Takaki perché devant la porte du train prêt à sortir alors qu’il reste de la place pour s’assoir.
À l’instar de Kumo no Mukou, Yakusoku no Basho, jamais l’amour n’est évoqué de façon directe sauf à la fin du film, mais pourtant celui-ci est toujours évident, souvent introduit par la souffrance des personnages face à leurs séparations et leurs désirs profonds de communiquer (ici par lettres pour ceux qui n’aurait pas compris le mot épistolaire plus haut).

En outre, on poura noter un petit détail amusant pour les fans de Makoto : celui-ci fait une référence directe à un de ses précédents travaux (un des tous premiers) : Kanojo to kanojo no neko. À un moment du film, les deux héros vont croiser un chat nommé Chobi qui d’après les dires d’Akari “se sent bien seul sans Mimi”.
Avant de vous quitter, un bref mot sur la musique qui est au niveau du reste du film : magnifique et touchante. Tenmon, avec qui Makoto a l’habitude de travailler, nous sert encore une fois une OST qui restera dans ma mémoire.

Pour conclure, je ne peux que vous dire de jeter un oeil à ce chef d’oeuvre graphique et lyrique d’un des peut-être plus grands auteurs d’animes japonais. D’ailleurs, je vous invite même à voir ses précédentes oeuvres qui sont toutes aussi belles et touchantes.

Pas de réponse à “Byosoku 5cm : Okasho”
  1. Toulal dit :

    Ce premier épisode est un vrai bijou.
    Même si je ne suis pas fan des animés sans rythme (je me suis endormie devant « Kumo no mukô, Yakusoku no Bashô »), celui-ci sait garder toute son attraction grâce à son ambiance mélancolique et à l’histoire si réaliste.
    De plus, connaissant bien ce sentiment d’attente ainsi que toutes les heures passées dans un train, j’ai tout à fait pu comprendre le malaise que Takaki a ressenti et cela n’a fait qu’attiser mon désir de connaître la suite de l’histoire ;_;
    La musique quant à elle est aussi très charmante, mais n’oublie pas, khyos, le générique de fin « One More Time, One More Chance » de Yamazaki Masayoshi (que tu n’as pas aimé :p)
    Bref, encore un animé à suivre pour ma part~

  2. Spilen dit :

    Entièrement d’accord avec toi sous tout les points. Aussi bien dans le réel talent de Makoto Shinkai que dans l’analyse subjectif que tu en fais.

    Un énorme chef’s-d’oeuvre graphique..
    Le détail semble être la politique chez Makoto, et cela ne peut que donner du réalisme à ses oeuvres. Ce détail lié intimement avec la lumière (contrastes et reflets) rend cet animé d’une beauté incontestable même chez les plus rétissant.

    Niveau histoire, elle est touchante, et surtout communicative. Nous arrivons à nous identifier au personnage principal avec un facilité déconcertante.

    Côté musique j’approuve entièrement aussi la capacité du compositeur qui s’est déjà fait lourdement connaitre dans Kumo no Mukou, Yakusoku no Basho.

    Bref, énormissime, vivement les autres épisodes de cette trilogie.

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