Alors que la Playstation 3 est dans les starting blocks en Europe, sa grande soeur, la PS2, nous livre un de ses derniers petits bijoux, bijou qui malgré tout possède quelques imperfections…

Après avoir longtemps bavé devant les multiples trailers d’Okami, je peux enfin lancer la galette dans ma bonne vieille PS2. Un court temps de chargement, la séquence d’introduction démarre… et là : première déception. Exagération mise à part, le seul vrai défaut du jeu est tout de suite visible, l’introduction est lourde, pas très passionnante et présente une sérieuse lacune au niveau de la mise en scène. Malheureusement, cette lacune ne se limite pas seulement à l’intro et concerne presque toutes les scènes de dialogues.
Non pas que les dialogues soient inintéressants en eux-mêmes, mais alors que dans Zelda (le nom est lancé) la caméra virevolte lors des scènes importantes (j’exagère, mais en comparaison avec Okami c’est tout à fait ça), ici on reste en plan fixe sur le personnage pendant qu’il déblatère des sons irritants  » censés  » remplacer les voix digits sûrement trop coûteuses en espace et en argent.
Tant que j’en suis aux défauts concernant les dialogues, je tiens à signaler que le personnage d’Issun, qui accompagne Ama au cours de l’aventure, est particulièrement lourd, il nous fait même regretter sa présence alors que l’on se contenterait très bien d’avoir seulement Ama, qui elle est muette (à l’instar de Link).

Bon le mal est dit, je me suis fait le plaisir de casser un des jeux les plus encensé par la critique sur PS2 mais, il en reste qu’Okami est une claque (dans ta face !).
Tout d’abord une claque graphique : le jeu est sur ce point époustouflant, on a du mal à penser que c’est la même console qui faisait tourner des jeux  » moches  » il y a cinq/six ans de cela. Le Cel-Shading est utilisé avec merveille, haut en couleurs et en même temps loin d’être enfantin comme celui de Wind Waker. Le tout est accompagné d’une animation fluide tout aussi sublime que le reste, la cerise sur le gâteau étant les effets de lumière qui feront papillonner le fond de vos rétines. Okami est peut-être le plus beau jeu PS2 qu’il m’ait été donné de voir. On fermera les yeux sur le clipping omniprésent qui est sûrement une condition nécessaire pour obtenir un jeu si beau, au vu de la puissance limitée de la PS2.

Un des autres atouts majeurs d’Okami est clairement son ambiance. Le jeu se déroule dans le Japon traditionnel, vous incarnez la déesse du Soleil qui doit faire refleurir les terres maudites du Japon. L’histoire est racontée sous le ton de la légende et le charme des décors, particulièrement des villages, donnent une ambiance féerique qu’il est rare de trouver dans les jeux vidéo. Le scénario en lui même n’a rien d’exceptionnel mais il est bercé dans tout cet univers magique qui permet de pardonner ce manque d’originalité. On sera amené à affronter les forces du mal pour faire revenir la paix sur le Japon, mais sans oublier de rencontrer quelques retournements de situations en général très prévisibles.

Attelons-nous maintenant au coeur du jeu, en d’autres termes le Gameplay. Sur ce point là, pas de quoi être déçu, Ama se contrôle au poil (normal pour une louve) avec quelques contrôles simples : on se déplace, on saute, et on se bat avec précision. Jusqu’ici rien de fabuleux, un bouton d’attaque, un bouton de protection, un bouton pour faire pipi,… mais le grand atout et la grande originalité du gameplay est le pinceau et son utilisation. Par une simple pression sur R1, on passe en mode pinceau qui nous permettra d’utiliser tous les pouvoirs qu’Ama obtiendra au cours de l’aventure. Ces pouvoirs peuvent être utilisés à la fois en combat, pour terrasser les ennemis plus rapidement ou tout simplement car c’est un élément nécessaire pour les battre, ou en mode déplacement pour traverser les différents donjons ou accomplir les multiples quêtes annexes. Vent, feu, glace, et dix autres pouvoirs plus originaux tel que celui qui permet de faire refleurir la nature seront à votre disposition, le tout rafraîchissant le gameplay de base un peu classique (mais toujours efficace).

Autre détail important, les caméras sont traitées avec maestria, ce qui est loin d’être chose commune dans les jeux d’action. Que ce soit lors des combats ou les phases de déplacement la caméra est toujours bien placée de façon à ne rien rater de l’action ou à ne pas perdre les ennemis de vue.
Malgré la qualité du gameplay, on regrettera que le jeu puisse prendre un aspect un peu bourrin lors des phases de combats pour peu que, comme moi, vous ayez la flemme d’agiter le pinceau. On se retrouve vite à marteler le bouton carré comme un gros boeuf, mais le pire c’est que ça marche ! Pour varier le tout, Okami nous propose des combats dantesque contre quelques boss où tous vos pouvoirs seront mis à contribution. Longs et saisissants à l’instar d’un Zelda et mieux réalisés que le reste du jeu, ces combats sont certainement l’apogée du jeu, que ce soit en beauté ou en intensité.

Jamais la monotonie ne s’installera lors des 35H qu’il faudra pour finir le jeu (si vous foncez tête baissée) car les programmeurs nous ont concocté de multiples phases de jeu plus variées les unes que les autres en passant de la simple plate-forme à quelques énigmes simples mais efficaces qui mettront en oeuvre vos pouvoirs de déesse. À ajouter à ces 35H, au moins 25 de plus si vous comptez finir le jeu à 100%, sachant que les quêtes annexes sont aussi un plaisir à faire, même quand il s’agit de parcourir le Japon à la recherche des 99 perles errantes. Mais je ne vous conseillerai que trop de foncer la première fois où vous toucherez au jeu, car celui-ci souffre malheureusement d’un grave défaut de difficulté : à moins d’être manchot, jamais vous ne mourrez, voire même vous sentirez en danger. Okami est trop simple, surtout si on prend la peine de gagner de l’expérience et de l’argent, et comme si ce n’était pas encore assez simple comme cela, vous pourrez acheter de nombreux objets de soins et d’améliorations, dont soit dit en passant la plupart sont gadgets et jamais ne vous serviront.

En ce qui concerne les musiques et ambiances sonores, on reste profondément encré dans l’ambiance Japon traditionnel, celles-ci collent parfaitement avec le jeu. Malheureusement rares sont les thèmes qui vous resteront à jamais gravés dans la tête, une OST tout à fait correcte sans atteindre les merveilles dont votre webmaster est friant (ah Nobuo…).

Okami VS Zelda :

On ne peut comparer le jeu qu’avec Twilight Princess et Ocarina of Time (référence du genre en 3D), bien que les deux jeux ne soient pas sur la même console la comparaison est inévitable. Le premier point où Zelda l’emportera haut la main, c’est le scénario qui est loin d’être aussi cliché et prévisible que dans Okami et on appréciera le côté plus épique et sombre que prennent les Zelda qui sont un atout de taille à mon goût. En ce qui concerne les combats, je voterai une fois de plus pour Zelda malgré le côté original du pinceau d’Okami, Zelda possède à la place de multiples armes et souffre moins du côté ‘grosbillisme’. Au delà de ces deux différences notoires les deux jeux sont semblables, faciles, enchanteurs,… mais les deux univers sont diamétralement opposés. On accordera quand même à Okami sa fraîcheur alors que les Zelda tendent à s’empêtrer dans leurs styles.

Finalement, Okami offre à la PS2 le jeu Action/Aventure épique qu’elle n’a jamais eu mis à part Shadow Of The Colossus. Terriblement beau et prenant malgré ses quelques défauts (je ne digère toujours pas les dialogues pompants), Okami est un jeu à faire absolument une fois pour découvrir sa magie et son originalité.

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