Shû, un jeune adolescent orphelin, rêve d’action et d’aventure. Le jour où un Knight Master débarque dans son petit village, il court à sa rencontre afin de devenir son disciple, mais c’est cet instant que choisit une armée ennemie pour attaquer son village. Dos au mur, Shû va se découvrir un pouvoir unique qui éveillera l’intêret de nombreuses personnes : l’ombre. Dans ce monde, certaines personnes possèdent en effet le pouvoir de créer une sorte de monstre surpuissant grâce à leur propre ombre. Craignant pour la sûreté du village et du monde, il voyagera par la suite à travers le pays avec une troupe de combattants afin de libérer le monde du joug de l’empereur maléfique Nene.

Microsoft ne reculant devant aucun sacrifice pour arriver à vendre des Xbox360 au public japonais, leur dernière idée de génie consiste à lançer un bon vieux rpg typiquement japonais avec à la clé adaptation en manga et en anime pour faire monter le buzz autour de ce nouvel univers. Et l’ami Billou ne lésine décidément pas sur les moyens puisqu’on retrouve des très grands noms du jeu vidéo aux commandes du soft tels que Sakaguchi au scénario, Uematsu à la musique et Toriyama au chara design. C’est ce dernier qui nous intéressera particulièrement, puisque l’anime reprend évidemment les mêmes personnages que dans le jeu vidéo. Ne vous étonnez donc pas si vous trouvez un air familier à l’anime, c’est bien le créateur de Dragon Ball qui est derrière le design.

Et ça se voit. On reconnaît aisément le trait si particulier de Toriyama, en partie aussi grâce à quelques personnages « récurrents » (le clone de Mr Satan/Hercule par exemple). L’animation est quant à elle tout à fait convenable, le ton général est propre et très coloré, comme à l’habitude des productions du studio Pierrot (Naruto, Bleach…). Côté musique, ça a beau être le célèbre Nobuo Uematsu qui s’y est collé, elle n’est pas particulièrement mémorable pour autant, et est même plutôt discrète. Et passons sur l’opening aussi mal chanté qu’inintéressant.

Là où la forte influence du RPG se fait le plus sentir, c’est au niveau des combats et des pouvoirs des héros. Chaque personnage peut invoquer une sorte de monstre à travers leur ombre, et les combats se règlent entre ces fameux monstres, l’invocateur se contentant de rester en retrait et de lui donner de la puissance si nécessaire. Si au début cela rappelle fortement le très sympathique Kiba au niveau des combats (bien), le fait que les créatures parlent et que le maître ne participe quasiment pas au combat fait plus penser à un énième Digimon (pas bien). Les animations d’apparitions des ombres sont récurrentes d’un épisode à l’autre, et ces combats de gros monstres pas spécialement passionants au final.

De plus, comme vous avez pu le remarquer en lisant le synopsis, la trame est vraiment hyper classique. On ne peut pas dire que les scénaristes aient fait dans l’originalité pour le coup, autant au niveau du contexte que des personnages ou de leurs relations. C’est bien simple, non seulement j’ai constamment eu l’impression d’avoir déjà vu les mêmes événements ailleurs, mais j’en suis quasiment arrivé au point de pouvoir deviner les répliques des personnages avant qu’ils ne les disent ! Entre le héros pas très intelligent mais avec un gros potentiel, le rival du héros qui a la classe mais pas trop pour pas faire trop d’ombre au héros, la cruche qui suit le héros et qui sert juste à faire la cuisine, le pervers qui matte les culottes des filles et la pouf aux gros seins qui est attirée par le héros, nous voilà entourés d’une belle brochette de winners. Quant à la trame principale qui met en scène cette équipe de héros qui tente d’empêcher une armée maléfique menée par un grand méchant très méchant de régner sur le monde… je pense que ça se passe de commentaire. Autant dans un Gurren Lagann, ce genre de scénario est acceptable car tourné d’une façon humoristique et délibérément cliché, autant ici on frise l’auto parodie du shonen moyen et basique.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas vraiment apprécié Blue Dragon ; classique, voire cliché en tout point, cet anime n’a rien pour se démarquer de la concurrence, si ce n’est le design original de Toriyama. Malheureusement, un casting de rêve ne suffit pas forcément pour produire de la qualité. Pari raté pour Microsoft donc de ce côté là, puisque les aventures télévisuelles de Shû et de ses amis ne m’ont pas vraiment donné envie d’acheter le jeu. Et je suppose qu’il en est de même pour les japonais, puisque les ventes de Xbox360 n’ont pas vraiment fait de bond spectaculaire. Sans parler du fait que l’adaptation en manga Blue Dragon : Ral ? Grado, dessiné par Takeshi Obata est elle aussi très peu convaincante pour l’instant (scénar risible, fan service à gogo…). Bref pas de chance pour Billou, s’il veut implémanter sa console sur le marché japonais, je lui propose une opération de la dernière chance : « pour chaque console achetée, une Wii offerte ». Carton assuré.

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