Quatrième réel opus de la saga, si l’on ne compte pas les jeux dérivés, Pokémon Diamant et Perle débarque enfin sur nos écrans de DS. Après un immense succès au Japon et aux États-Unis dû à la fois à la popularité de la licence et au grand nombre de DS vendues là-bas, nul doute que la même frénésie risque de s’emparer de l’Europe ce 27 juillet 2007, puisque la situation de départ est à peu près la même.

Pre Scriptum : Pour des raisons techniques, je n’ai pu tester aucun des modes multijoueurs (wifi ou réseau local), ce test se consacrera donc exclusivement au mode solo.

Commençons par rappeler brièvement le principe du jeu pour les (rares) néophytes qui pourraient encore exister. Pokémon Diamond & Pearl est un RPG dans lequel vous contrôlez un(e) jeune garçon/fille qui doit parcourir le pays de Sinnoh dans le but de devenir, je vous le donne en deux mille : Maître Pokémon. Pour cela, il vous faudra combattre les huit champions d’arènes qui parsèment le pays à l’aide des compagnons pokémonesques que vous croiserez tout au long de votre périple. À vous de fouiller les hautes herbes afin de combattre et capturer vos futurs alliés afin de vous constituer une équipe de choc. En ce qui concerne les combats, c’est du classique tour par tour : chaque Pokémon possède ses statistiques propres, peut utiliser quatre attaques qui seront plus ou moins efficaces selon le type de l’adversaire et gagner de l’expérience à chaque combat remporté. Ce qui différencie Pokémon d’un RPG lambda ou d’un RPG Square-Enix, c’est le nombre imposant de créatures qui sont susceptibles de devenir vos partenaires : le total s’élève maintenant à 493, tous potentiellement obtenables grâce à l’échange. Ajoutez à cela un nombre tout aussi conséquent d’attaques différentes (plus de 450) et dix-sept types qu’il faudra prendre en considération lorsque vous combatterez, et vous comprendrez que l’aspect stratégique n’est pas en retrait.

Niveau histoire, c’est toujours aussi peu développé qu’auparavent. Après la Team Rocket, la Team Aqua, la Team Magma et la Team GSK (cherchez l’intrus), c’est au tour de la Team Galactic de vous mettre des bâtons dans les roues au cours de votre quête épique. Comme dans les derniers opus, cette bande maléfique va chercher à contrôler un Pokémon légendaire, ce que vous devrez empêcher par tous les moyens sous peine de ne pas arriver à finir le jeu, et sauver le monde par la même occasion. C’est minimaliste au possible, il n’y a aucune scène cinématique, trois ou quatre personnages récurrents et ça s’arrête là. Fort heureusement, ce n’est pas pour son scénario qu’on joue à un Pokémon…

Ni pour ses graphismes d’ailleurs. Il y a bien sûr un pas en avant comparé aux versions GBA, notamment grace à l’apparition du relief dans les décors mais cela reste assez limité pour de la DS. On ne peut d’ailleurs pas dire que l’utilisation de l’écran tactile soit optimale. Sa seule grande utilité : vous pourrez vous servir du stylet pour diriger les phases de combat, mais ce n’est finalement pas tellement plus pratique que de les contrôler à la croix directionnelle. Quant aux musiques, elles sont correctes sans être inoubliables non plus. Le problème vient surtout des bruitages, en effet les cris des anciens pokémon ont été bien sûr conservés et proviennent directement du chipset original de la gameboy. Forcément, quand on entend à côté les bruitages qu’est capable de produire la DS pour les nouveaux Pokémon, ça choque.

Au programme des (maigres) nouveautés de cet opus, tout d’abord un nouveau pays, une centaine de nouveaux Pokémon, accompagnés d’une centaine de nouvelles attaques bien sûr. Ça, c’était le minimum syndical auquel la série nous avait habitués. Notons aussi une difficulté légèrement accrue par rapport aux précédents épisodes. Les Pokémon que vous rencontrerez au début sont assez minables pour la plupart, et plusieurs champions d’arènes vous donneront pas mal de fil à retordre si vous n’êtes pas un fanatique du level-up. Plus anectodique, on notera désormais la possibilité de combattre à deux personnages contre deux, avec l’ordinateur comme partenaire, ainsi qu’une amélioration du déroulement des concours avec l’apparition d’une séquence musicale. Côté équipement, le jeu profite du deuxième écran de la DS pour pour proposer le tout nouveau Poketch, abbréviation de Pokéwatch (pokémontre en vf ?). Cette montre super pratique permet au joueur d’afficher en permanence plusieurs écrans qui varient du très pratique (état des pokémons de l’équipe, table des types, compteur de pas) au totalement inutile, donc indispensable (planche à dessin, calculatrice ou même simulateur de pile ou face !). Il y a aussi bien sûr le mode multijoueur sur lequel je ne m’étendrai pas, voir pré-scriptum.

Pas énormément d’améliorations donc, mais le gameplay d’origine étant parfaitement rodé depuis quatre épisodes, le tout reste toujours efficace, même dix ans après le permier opus. Toutes les précédentes améliorations apportées aux fils des épisodes sont ici présentes, comme le retour de la gestion de l’heure ou les baies par exemple. Ceci représente à la fois une qualité, mais aussi le gros défaut de ce jeu. Défaut, car l’habitué, après trois opus, ne sera jamais surpris par quoique ce soit dans le déroulement du jeu. Il est navrant de constater que la plupart des mécanismes du jeu n’ont pas évolué d’un iota depuis les versions bleu/rouge sur Gameboy. Votre starter sera toujours au choix un pokémon plante/feu/eau, avec la même difficulté qui en découle par la suite, vous serez toujours dans l’impossibilité de revenir aux villes précédentes rapidement, jusqu’à ce que vous trouviez la capsule secrète Vol (avec ses petites soeurs, j’ai nommé les increvables Force, Surf et Coupe), et vous rencontrerez toujours les mêmes types de Pokémon au cours de l’aventure (des normaux au tout début, dont un oiseau pour utiliser vol par la suite, des Nosférapti et des Racaillou dans les caves, etc.), j’en passe et des pas forcément meilleures. Pour ma part, j’espérais un renouveau de la série grâce notamment aux possibiltés techniques de la DS, ce ne sera pas encore le cas. Le problème, c’est qu’après les ventes encore sans précédent réalisées par cet opus (meilleure vente DS à ce jour), Game Freak sera bien peu enclin à renouveller sa formule à succès. Et oui, le (Game) fric, c’est chic.

Article
écrit par Kirox le [30/06/07]

Si vous cherchez du renouveau dans la saga et que vous n’êtes pas adepte du multijoueur, passez votre chemin : cet opus est une copie carbone des précédents avec quelques améliorations qui ne duperont pas le joueur attentif. En revanche, si vous êtes un débutant dans le monde merveilleux et désespérément mièvre des Pokémon, ou que vous êtes tout simplement à la recherche d’un bon jeu et que vous n’êtes pas regardant quant à la nouveauté, foncez ! Le gameplay est réglé comme du papier à musique, la durée de vie conséquente (comptez une trentaine d’heures pour finir le mode solo sans les quêtes annexes, doublez voire triplez ce temps si vous comptez remplir votre Pokédex, sans compter le mode multijoueur), et le jeu est tout simplement captivant. Choisis ton camp, camarade !

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