La foule est en délire, le concert a été parfait. Le public scande un rappel. Vêtu d’une veste de cuir bleu, coiffé d’une crête tout aussi colorée et armé de ma Gibson SG, je reviens sur scène accompagné de mes fidèles musiciens pour un dernier morceau d’ores et déjà gravé dans l’histoire du rock. J’entame mon solo avec un charisme comparable à celui d’un Kirk Hammett ou d’un Angus Young. Alors que j’enchaîne virtuosement les notes les unes à la suite des autres, Mithrandir, mon bassiste, assassine comme toujours sa partition. Mais peu importe, la fièvre du rock est présente, les spectateurs sont en extase, je suis une rock-star. Guitar Hero, c’est un jeu fait pour moi.

S’il y a un style de jeu vidéo atypique dont je suis un fan absolu, ce sont bien les jeux musicaux. Après Dance Dance Revolution et autres Donkey Konga, nous voilà avec Guitar Hero II. J’ai loupé à regret le premier épisode, mais je ne pouvais pas ne pas me procurer le second opus. Je me retrouve donc avec une guitare en plastique dans les mains : l’accessoire est ma foi de très bonne qualité. L’objet possède cinq boutons « frette » colorés en haut du manche et un simili-médiator fixé sur le milieu. Comble du détail, il faut noter la présence d’un vibrato qui donne à cette imitation de Gibson SG un cachet plutôt réaliste. L’instrument en main, on se prend déjà pour une rock-star.

Le principe du jeu est simple comme bonjour : comme dans tout jeu musical, il faut jouer les notes arrivant à l’écran. Elles correspondent ici à la pression d’une ou plusieurs frettes suivie d’un coup du médiator virtuel pour marquer des points. Un système de bonus bien foutu appelé Star Power permet de faire applaudir la foule pour multiplier son score. On enchaîne ainsi les notes de façon à engranger le plus de points sur quelques quarante morceaux allant du pop-rock au métal bien baveux. La playlist justement parlons-en : il s’agit malheureusement de reprises mais pour la plupart très bien réalisées excepté un très moyen « Killing in the Name » (où est passé le mother fucker final ?). À coté des moultes chansons inconnues au bataillon, on trouve quand même des gros tubes comme du Kiss, Nirvana, The Police ou encore Black Sabbath et Foo Fighters. Une playlist bien fournie et variée mais qui reste peu être trop dans l’esprit rock à papa. Ainsi peu de titres (connus) représentent le rock des années 90 à nos jours, sûrement une question de droits plus onéreux.

Le jeu possède quatre modes de difficulté. Alors que le mode facile ne présente aucun intérêt du fait que l’on a pas du tout l’impression de jouer ce que l’entend, à partir du mode difficile (deux niveaux au dessus) les notes deviennent beaucoup plus nombreuses : on commence enfin à passer aux choses sérieuses et à se prendre pour une rock-star. Heureusement pour éviter les foulures et autres tendinites de nos précieux petits doigts, les développeurs ont pensé à introduire un judicieux mode entraînement. Celui-ci permet aux guitaristes en herbe que nous sommes de jouer les morceaux à vitesse réduite et par parties (intro, refrain, solo, etc… ). Ceci donne la possibilité de se concentrer sur les passages délicats en priorité. Même si le mode entraînement n’est pas indispensable en difficile, il est fortement conseillé d’aller y faire un tour en mode expert.

Un des points forts du jeu est sans conteste le mode multijoueur. Jouable à deux, il permet de se faire accompagner par un ami à la basse et autant vous dire que c’est un véritable petit groupe qui s’installe dans votre salon. Pour l’avoir testé avec les rédacteurs du J-truc, je peux vous dire que c’est extrêmement fun et très convivial. On peut tout de même regretter que les partitions de basse soient un peu plus faciles et plus monotones que celle des guitares. Certaines chansons en multijoueur vous proposeront même un duo guitare solo plus guitare rythmique, et ce sont d’ailleurs les plus intéressantes à jouer, mais elles sont malheureusement peu nombreuses. Deux autres modes sont disponibles : l’un permettant de jouer une même partition à deux en alternant les phrases de notes, et le dernier de jouer exactement la même partition de façon simultanée. Ce mode est approprié pour deux joueurs voulant s’affronter mais le côté groupe/coopération disparaît alors totalement.

Avant de conclure, parlons un peu de l’aspect graphique du soft. Le design du jeu est dans un ton parodique très agréable. Les scénettes en full 3D sont étonnamment jolies pour un jeu de ce type et les personnages jouables allant du punk à crête au gros bourrin maquillé à la Kiss sont rigolos et excentriques au possible. L’éditeur du jeu, RedOctane a signé un contrat avec Gibson ce qui nous permet de collectionner virtuellement Les Paul, SG, Flying V ou autre X-plorer. L’argent engrangé dans le mode carrière sert essentiellement à s’acheter des nouvelles guitares, des nouveaux skins et des nouveaux personnages dans la boutique du jeu. Cela fait plaisir de voir une telle propreté et un soin graphique dans un jeu musical et ça nous change, par exemple, des animations 2D toutes pourries de Donkey Konga.

Vous l’aurez compris, Guitar Hero 2 doit absolument être parmi les jeux de votre ludothèque si vous êtes fan de jeu de rythme. Et si vous n’avez jamais joué à un autre jeu de ce type, Guitar Hero 2 est tout à fait adéquat pour vous y initier. Sa profondeur de gameplay couplé à son immédiate accessibilité feront de vous une rock-star en quelques parties. Seul bémol (normal pour un jeu musical après tout) : le prix, puisque le pack contenant une guitare et un jeu coûte la somme non négligeable de 80 euros. Un prix justifié par l’accessoire de qualité, mais qui est pour moi tout de même un peu élevé, surtout qu’une guitare supplémentaire est vendue 45 euros. Relativisons en disant que cela coûte toujours moins cher qu’une vraie guitare avec un véritable ampli pour des sensations ma foi plutôt proches tant le jeu de RedOctane vous transforme en bête de scène.

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