Deux mains liées pour un unique destin.
Une destinée, une histoire.

Bien qu’ayant fini le jeu il y a longtemps déjà, sa lumière, les émotions qu’Ico a véhiculé en moi sont intactes. Il suffit juste d’un zeste de concentration et tout transparaît dans ma tête, pour finalement glisser sur le papier.

Ico et Yorda symbolisent à eux seuls la volonté, l’innocence et le courage. Ces deux enfants se complètent pour mieux échapper à leur sort.
Leur histoire intemporelle prend place au beau milieu d’une immense forteresse, à la fois sinistre et majestueuse. A la fois plongés dans l’ombre et baignés de lumière, les murs du château où Ico est condamné à mourir paraissent infranchissables.
Cette forteresse, perdue au beau milieu de nulle part, possède des murailles qui s’étendent à perte de vue, mais la diversité de son architecture et du paysage qu’elle renferme nous donne la sensation de parcourir le monde tout en étant coincés entre quatre murs.

Comment ne pas tomber sous le charme de deux personnages qui se tiennent la main pour survivre ? Pour sauvegarder, Ico doit s’asseoir et se reposer sur des bancs de pierre, mais pas question que cela se fasse sans Yorda à ses côtés. Leur union est perpétuelle… ils ne sont rien l’un sans l’autre.
Tout est douceur et respect entre eux deux. Un monde les sépare, pourtant tout semble les rapprocher. La douceur de la voix d’Ico lorsqu’il appelle Yorda, sa douceur quand il lui prend la main. Tout dans Yorda est fragilité, dépendance. Sa démarche est titubante, sans assurance.

Lorsque les créatures des ténèbres tentent de la ramener d’où elle vient, elle pousse des cris affolés. L’absence presque totale de musique lors de l’exploration traduit à merveille l’angoissant silence qui les entoure. Le silence de la forteresse, le souffle suffocant des fantômes sombres, le léger bruit du vent.

Silence pourtant fragile, brisé quand les créatures ténébreuses surgissent des entrailles de la Terre.
Les effets de lumière sont saisissants. A travers les murailles, les arbres, les rares fenêtres… chaque rayon est magnifié et réchauffe la destinée des deux personnages.

Des cornes d’un côté, une robe blanche de l’autre. Deux langages pour une seule volonté : retrouver la liberté. Malgré le monde qui les sépare, Ico et Yorda tentent l’impossible ensemble.
On pourrait d’ailleurs croire que Yorda est plus un fardeau qu’autre chose.
Non seulement elle aide Ico à résoudre les énigmes de la forteresse, mais elle lui permet en plus de trouver le courage d’avancer, de persévérer.
Ce qui touche le plus, c’est l’innocence des deux personnages. Tout semble si cruel et si immense autour d’eux, tout semble démesuré face à ces deux enfants.
La forteresse, les épreuves qu’ils affrontent, leur destin. Une démesure à la fois onirique et angoissante, qui donne une teinte si mémorable à leur aventure.
Ne sachant même pas encore qui ils sont, ils vont l’apprendre et grandir plus rapidement et plus violemment que prévu.

Pourtant, au milieu de toute cette cruauté, ces deux petits êtres qui paraissent impuissants et insignifiants vont réaliser l’impossible. Ensemble, en unissant leurs forces et leur courage, ils vont se frayer un chemin vers la liberté tant désirée. Cette liberté, la plus pure, la plus indispensable, celle de l’enfance.

Lorsqu’on combat les monstres, lorsqu’on avance dans la forteresse, on ressent la fébrilité des deux protagonistes. Ils découvrent un monde sans états d’âmes, des murs et des paysages qui s’étendent à perte de vue. A la fois seuls et unis, Ico et Yorda contrastent avec le silence qui règne dans la forteresse. Leur lutte, qui paraît si désespérée, si vaine, est pourtant plus solide que les murs qui les entourent.

Sans s’en rendre véritablement compte, Ico et Yorda risquent leur vie. Ils avancent avec crainte mais sans s’arrêter, sans douter l’un de l’autre. Poussés par une volonté inébranlable. Tant que leurs mains seront liées, aucun obstacle ne pourra leur résister.

La sensation d’écrasement, d’impuissance et de fatalité qui pèse sur les deux protagonistes est quasi permanente, mais elle s’envole dès qu’on ouvre une porte ou tue une créature. Ico et Yorda peuvent au début paraître fades, mais au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu et que l’on s’attache à eux, ils font surgir des sentiments jusqu’alors inconnus dans un jeu vidéo.

La force d’Ico réside dans son apparente simplicité qui cache en réalité une foule de sentiments, d’émotions et d’interrogations. Gravée dans notre mémoire et notre coeur, l’aventure d’Ico est immortelle. Ce chef d’oeuvre, en nous peignant un destin hors du commun, nous rappelle que la volonté, la tolérance et l’entraide sont plus forts que tout. A travers deux personnages que tout oppose et que tout rapproche, Ico nous retranscrit avec onirisme et poésie les plus importantes valeurs de la vie.

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