Jeune magicien anglais de 10 ans, Negi Sprinfield doit maintenant, comme tous les diplômés en magie de son école, effectuer une mission à l’étranger. Pour lui, le sort a décidé qu’il devienne professeur d’anglais dans une classe japonaise. Sur place, il devra faire face aux périls que comporte le métier d’enseignant, surtout quand ses élèves se composent d’une trentaine de filles d’environ 14 ans. Il trouvera aussi des indices sur son mystérieux père, et c’est en suivant sa trace qu’il rencontrera de nombreux mages ennemis qu’il devra vaincre pour protéger sa classe.

Après avoir connu un fort joli succès grâce à ses deux grands mangas précédents : AI non stop et Love Hina, qui étaient tous deux à classer dans le genre comédie romantique, Ken Akamatsu a décidé de s’éloigner un peu de son genre de prédilection pour nous proposer un shônen aux allures plus classiques, tout en conservant certains des aspects qui ont fait le succès de ses oeuvres passées. Concrètement ça donne quoi ? Et bien de la baston à coup de grands sorts magiques, entrecoupée de scènes comico romantique où un (très) jeune homme doit faire face à de nombreuses prétendantes. Tout un programme.

Sur des bases qui sentent bon le réchauffé, l’auteur développe des aspects shonen insoupçonnés et parfois surprenants. Akamatsu a dû prendre des cours avec Kishimoto, Kubo ou encore Oda, puisqu’on y retrouve les grands classiques du genre qui marchent toujours aussi bien. Par exemple le coup du héros orphelin sur la trace de son père mystérieux et surpuissant, ou le fait de placer un tournoi, ou encore le très convenu coup du rival qui passe dans le bon camp après une défaite tonitruante. Dit comme ça, ça ne parait pas forcément passionnant, mais une fois placés dans le contexte particulier du manga, ces clichés passent étonnamment bien. Surtout que les bastons sont généralement très dynamiques, compréhensibles et pleines de coups spectaculaires. Si la trame de fond est assez convenue, le scénario se complexifie quelque peu après la dizaine de tomes, et fait preuve d’une profondeur inattendue après un départ plutôt faiblard.

Une des forces de Negima, c’est son casting assez imposant. Dès le premier chapitre, Akamatsu nous présente un héros entouré de non pas une, ni deux, ni même trois héroïnes un quart, mais trente ! La classe de Negi est composé de fortes personnalités dont on découvrira les facettes tout du long du manga. Certaines sont évidemment plus intéressantes que d’autres qui font limite potiches (au hasard les trois cheerleaders), mais les chara designs et personnalités sont si variés que vous êtes assurés de vous trouver au moins une ou deux « chouchoutes ». Et il faut encore ajouter à cela quelques autres personnages secondaires comme les professeurs ou les nombreux ennemis de Negi. Et si l’histoire est principalement centré autour du petit professeur, l’auteur prend tout de même le temps de consacrer des chapitres à toutes ses élèves, afin que l’on les découvre toutes. Certaines d’entre elles prendront même activement part à l’avancement du scénario et rejoindront la bande de principaux combattants à l’aide de pactios (contrats magiques) qui leur conféreront des pouvoirs spéciaux. Ne comptez pas sur moi pour révéler lesquelles, les découvrir petit à petit constitue un des plaisirs du manga.

Niveau graphismes, c’est du tout bon. Akamatsu a bien évolué depuis ses débuts, et a atteint une maîtrise forte appréciable. Les nombreux personnages sont tous bien détaillés, et les décors sont remarquablement bien détaillés. Certaines pages doubles représentant l’école Mahora sont soufflantes de beauté ! Concernant les phases d’action, comme dit précédemment, c’est très dynamique et plein d’explosions et de fumées, et pourtant très lisible. De plus les personnages féminins sont très mignons pour la plupart, et ce n’est pas les occasions qui manquent pour nous prouver que l’auteur sait dessiner leur anatomie…

Et nous abordons là le point qui fâche. Omniprésent dans ses oeuvres passées, le fan service est malheureusement tout aussi prononcé dans Negima. Le mangaka ne perd aucune occasion pour déshabiller à tout bout de champ ses héroïnes. Le moindre sort magique semble faire voltiger toute parcelle de tissu se trouvant sur un corps féminin (les hommes étant bien sûr mystérieusement épargnés, malgré le fait que les coups soient similaires), les situations où elles sont en tenue euh.. légère abondent, et ce doit être le manga avec Love Hina où les heroïnes prennent le plus de bains au tome. Un brin de propreté devant ce fan service presque malsain devant la jeunesse de certaines des protagonistes. Les premiers tomes reposent d’ailleurs essentiellement sur cela avant d’introduire l’action à proprement parler. C’est tout simplement le style inhérent d’humour lourdingue « à la Akamatsu », auquel il faut s’habituer si l’on veut prendre du plaisir à lire. Par la suite, le manga contient à mon humble avis suffisament d’éléments pour pouvoir ignorer ces petits écarts ecchi. D’ailleurs quelques gags font parfois mouches, quand ils dépassent le simple « tabassage de pervers » qui a fait la fierté de Love hina par exemple.

L’adaptation française est de très bonne qualité : La traduction est excellente, les bonus sont tous traduits et conservés, ainsi que les très sympathiques sous couvertures. Chaque tome contient un petit lexique destiné à expliquer les mots laissés en japonais durant le manga par souci de cohérence, et les premiers tomes ont même été dotés d’une explication en détail des formules latines prononcées par notre héros magicien. Bref encore une fois du très bon boulot de la part de Pika, et certains éditeurs devraient en prendre de la graine (*toussetoussekanaglenatousse*).

Negima s’impose donc comme la meilleure des oeuvres d’Akamatsu, de par sa diversité des situations entre action et comique, son graphisme et sa narration de qualité. Handicapé par un fan service omniprésent (quoique j’en connaisse certains (nd FireShot : qui ça ?) qui voient ça comme un avantage), il reste néanmoins une lecture agréable si l’on se laisse porter par cet univers dans la plus pure tradition de l’urban fantasy. Univers d’ailleurs tellement consistant que le manga ne semble toujours pas s’essouffler au bout d’une vingtaine de tomes (là où Love hina tournait en rond au bout de la dizaine). A essayer donc, si l’humour particulier du mangaka ne vous rebute pas, voire même pire, si vous l’appréciez.

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