Nana Komatsu et Nana Ôsaki se sont rencontrées par hasard dans le train les menant à Tokyo. L’une va y rejoindre son petit ami et l’autre y va pour devenir chanteuse professionnelle. Ces deux jeunes filles aux origines et aux caractères bien différents vont ensuite devenir par hasard colocataires de l’appartement 707 (pas anodin vu que 7 se dit nana dans la langue de Ai Yazawa). S’enchaînent alors péripéties sentimentales et professionnelles dans le Japon contemporain.

Vous l’aurez compris à la vue du synopsis, Nana est un shojo, et qui dit shojo, dit manga pour fille. Alors pour mieux comprendre le succès de la série, je vais me transformer à la Ranma.

*Douche d’eau froide*

GLAGLA ! Nana Komatsu est une fille on ne peut plus classique, mais quelque peu caricaturale, à laquelle on peut s’identifier. L’anime raconte sa vie de tous les jours mais de façon plutôt divertissante. Il faut dire qu’au début de la série la jeune fille vit un peu dans le monde des Bisounours. Elle ne s’intéresse qu’à deux choses : la mode et les garçons. Elle est en plus peu sûre d’elle, superstitieuse, totalement excentrique et égocentrique. Un caractère qui la fera apparaître totalement antipathique aux yeux de certains mais qui fait son charme. Surtout que ce n’est que la face visible de l’iceberg. La jeune demoiselle cache un terrible passé torturé, comme d’ailleurs la plupart des personnages de la série. Sa vie amoureuse est d’ailleurs un bon témoin de son état de forme : dès qu’il y a un problème amoureux, Nana sombre dans un profond état comateux déprimant qui fait d’elle une loque humaine que seuls les conseils de ses ami(e)s peuvent requinquer. On retrouve alors une Nana survoltée, qui profite à fond de la vie et qui tombe amoureuse au premier regard. Alors oui, Nana Komatsu représente schématiquement et démesurément les différents stades par lesquels une fille peut passer et nous scotche au manga pour suivre ses péripéties.

*Bouilloire d’eau chaude accidentellement renversée sur la tête*

AAAAAOOOOUUUUH ! Ça brûle ! Mais c’est n’importe quoi ce qui a été écrit. La véritable puissance du manga est le caractère bien trempé (comme ma chemise) de Nana Ôsaki. C’est pas pour rien que Nana Komatsu a été surnommé Hachi (qui veut dire 8 en japonais et qui fait penser à Hachiko, un célèbre chien) depuis leur rencontre. Mystérieuse et indépendante, son look marque forcément les esprits. Elle est en effet chanteuse d’un groupe punk nommé Black Stones (en condensé Blast) et le montre bien. Son but est de détrôner le groupe Trapnest dont le guitariste est l’ancien bassiste de Blast et le petit ami de Nana. Contrairement à l’espèce d’euphorie dans laquelle vit Hachi, Nana sait très bien les obstacles qui l’attendent et cherche avant tout à prouver son talent et son indépendance. Mais là aussi ce n’est qu’une façade et on découvre qu’il y a une forte dépendance affective entre les deux Nana.

*Rédacteur sec et soigné*

Nana repose donc sur le récit de la vie des ces deux jeunes filles totalement opposées qu’une rencontre va métamorphoser et vont alors s’enchaîner à un rythme sinusoïdal rires et larmes, le tout subtilement bien dosé. A noter aussi la présence très importante de nombreux personnages secondaires, une dizaine, dont je vous laisse découvrir l’implication dans l’histoire, c’est en partie ce qui fait la richesse de l’histoire. En ce qui concerne l’anime en lui-même, sa principale qualité est tout d’abord la fidélité par rapport au manga. Même si l’ordre des 6 premiers épisodes ne correspond pas à celui du manga, on retrouve avec exactitude les cases dessinés par Ai Yazawa et ceci perdure tout au long de l’anime. De plus, la qualité graphique est assez impressionnante surtout, sans faire offense au manga, par rapport à l’œuvre originale. L’anime tente de nous offrir quelques jolis plans photo-réalistes ou bien des gros plans super détaillés. Alors oui, certains pourront toujours dire que ça tranche avec les personnages qui sont trop maigres ou aux expressions caricaturées, ce qui tranche avec le réalisme de la série, mais ce n’est qu’une très bonne adaptation du design d’origine. Reste à se pencher sur un gros sujet de polémique : la bande originale de la série. Formidable pour certains, à vomir pour d’autres (nd Kirox : l\’autre c\’est moi), je ne me livrerai qu’à un commentaire : il est très dommage qu’on ait le droit à de la J-Pop à tendance rock pour une série où sévit un groupe punk. Mais il est vrai que l’OST aurait touché un public moins large dans ce dernier genre. Enfin dernier petit bémol : le rythme de la série. Nana est un manga qui se lit assez vite et on regrettera par moment que l’anime s’attarde trop longtemps sur certains plans fixes.

Il n’empêche que l’engouement autour de la série me semble parfaitement mérité. Fidèle adaptation du manga, on y retrouve tous les ingrédients qui en font son succès agrémenté de magnifiques graphismes. Reste pour ceux qui trouvent l’anime un peu longuet à reporter leur attention sur le manga.

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