Le lycée Ouran est un établissement où seuls les plus riches qui deviendront les personnes importantes du futur peuvent y faire leurs études. Ce n’est cependant pas le cas de Haruhi Fujioka, jeune fille provenant d’un milieu modeste, qui a réussi à entrer dans ce fameux lycée grâce à ses notes exceptionnelles et un travail acharné. Pas vraiment à sa place dans cet univers, elle tombe un jour par hasard sur le local du « Host Club », un club où l’activité principale des six membres masculins qui le constitue est de passer du temps avec et de charmer les jeunes étudiantes du lycée. Elle casse alors accidentellement un vase précieux et se retrouve obligée de partiper aux activités du club pour payer sa dette. Et il se trouve qu’elle est particulièrement douée pour accueillir les jeunes filles qui la prennent pour un garçon aux allures féminines. Ainsi, elle devient le 7eme membre du club pour payer sa dette à la condition qu’elle ne révèle pas sa vraie identité aux clients.

Attention, attention ! Ceci n’est pas un simple shojo qui ne plaira qu’à la gente féminine amatrice de mangas comme on pourrait le croire. Pourtant tous les ingrédients sont réunis : amourettes au lycée, personnages stéréotypés du genre, fille se travestissant en garçon et même quelques légères touches de yaoi. Mais, car il y a un mais (enfin deux maintenant), Ouran est avant tout une comédie, et ces clichés shojoesques sont souvent utilisés de façon parodique. Ne vous fiez donc pas trop au synopsis, il est surtout un prétexte à de véritables petites perles comiques condensées en 20 minutes.

Loin d’être un lycée snob et coincé, Ouran est un véritable asile où se côtoient des personalités aussi excentriques que riches. Il faut croire qu’ici plus on est fortuné, plus on est taré. Tamaki le président du club est par exemple un modèle de débilité exemplaire, sérieux uniquement quand il faut charmer les demoiselles. Ses réactions sont souvent drôlissimes, notamment quand il est superprotectif face à Haruhi qu’il considère comme sa « fille ». Et ce n’est pas le seul à être zygomatiquement performant, on pensera entre autres à Renge la manager qui apparaît d’un trou dans le sol quelque soit l’endroit où ils se trouvent, les jumeaux sarcastiques Kaoru et Hikaru qui ne perdent pas une occasion de se moquer de Tamaki, ou encore les élèves du lycée Lobelia (Lobeliaaaaaaaaaaaaaaaaaa) dont le test d’entrée semble sélectionner les filles les plus excentriques du Japon. Un casting bien délirant donc. Ceux que l’on retrouve le plus souvent sont bien sûr les membres du Host Club, rassemblés ensemble pour leur diversité à toucher un large public féminin, car ils correspondent tous à des clichés du shoujo (le prince, le personnage à lunettes, le loli shouta, etc.). Etant donné qu’ils en sont tout à fait conscients, ils usent et abusent de leur apparence pour charmer leur public. Les jumeaux n’hésitent par exemple pas à montrer leur « amour fraternel », ce qui ne manque jamais de faire apparaître des gros coeurs dans les yeux des filles. Notons que cela pourra agacer les quelques mâles qui se seront risqués à regarder la série malgré son SDM (synopsis de dissuasion massive), s’ils ne voient pas le côté parodique de la chose.

Un autre aspect plaisant de l’anime, c’est la variété des situations dans lesquelles notre club se retrouve. A la plage, en campagne, ou en train de se déguiser dans leur salle de musique, les occasions ne manquent pas et les grands moyens financiers sont débloqués à chaque coup. Les épisodes sont généralement indépendants et racontent chacun leur propre petit périple, excepté les deux derniers qui forment un tout. On ne s’ennuie donc quasiment jamais et on rit plutôt très souvent. Une bonne partie des situations comiques est d’ailleurs provoquée par des petits panneaux de légendes qui apparaissent aléatoirement à l’écran pendant l’anime. Parfois une présentation du personnage qui est en train de parler, parfois une description du décor, parfois un extrait du dialogue en cours, cette pancarte n’a absolument rien d’informatif, mais elle est tout de même indispensable à la lecture, sous peine de louper un peu du fun de la série.

Techniquement c’est plutôt joli. Le chara design fait très shoujo, même s’il est un peu plus « passe partout » (non, pas le nain) que le manga dont il est adapté. Je n’ai pas noté de baisse de niveau particulière au cours des 26 épisodes, c’est assez homogène. Non, si j’ai un reproche à faire aux graphismes, c’est au chara design de Haruhi, l’héroïne. Pour quelqu’un censé faire tourner la tête de quasiment tous les hommes (et toutes les filles) de la série par son charme, sa naiveté et son look mignon, je la trouve plutôt banale et pas spécialement jolie par rapport à d’autres filles du lycée. Un peu comme Koyuki de Beck qui est censé avoir une voix phénoménale et qui se retrouve dans l’anime avec une voix au mieux sympathique. D’ailleurs un morceau chanté par Haruhi aurait été de fort bon goût, puisque c’est l’excellente chanteuse Maaya Sakamoto qui la double. Ils auraient dû inverser le casting des doubleurs pour les deux séries tiens. Mais je m’égare, au niveau de la musique d’ailleurs, on a droit des morceaux orchestraux qui collent très bien à l’esprit « haute société » du lycée. Par contre l’opening est un peu ridicule mais bon, on s’y fait au bout de quelques écoutes. Il faut bien avouer qu’un épisode qui commence par « kiss kiss fall in love », ça fait plutôt peur au début.

Tant que nous sommes au niveau des reproches, un point qui m’a un peu gêné est le sérieux de certains épisodes. Si la série est clairement une comédie qui ne se prend pas la plupart du temps au sérieux, le fait est qu’elle contient quelques épisodes désespérément pas drôles. Dans ceux-là, on apprend le passé tragico-torturé des membres du club, passage obligé pour être un personnage crédible dans un shoujo. Le problème, c’est qu’ils tranchent avec le reste de la série puisqu’il ne s’y trouve aucun gag, et n’ont d’autre but que de développer le background des personnages. Pas inintéressant non plus, mais personnellement si je regarde un anime comique, c’est pas pour me prendre des passés larmoyants dans la tronche. Et puis d’abord les larmes c’est pour les filles. Et cet anime aussi d’ailleurs, car elles seront sûrement plus réceptives que moi aux légères allusions yaoi qui parsèment la série. Je veux bien qu’ils jouent la parodie et en rajoutent délibérément une couche (notamment avec les jumeaux), mais il n’empêche que je trouve ça usant à force. Au risque de m’attirer les foudres de toutes les fangirls yaoi du net. Même pas peur.

Article
écrit par Kirox le [03/09/07]

Ouran High School Host Club est donc au final une très sympathique comédie se déroulant dans un milieu scolaire, et pourtant sortant des sentiers battus habituels. Elle surprend par son orientation shoujo au premier abord, pour finalement entraîner le spectateur dans un déluge de fun quelque soit son sexe. Si le public féminin sera peut-être un chouia plus sensible, que nos lecteurs testostéroneux se rassurent et se lancent dans le visionnage sans hésitation, ils succomberont vite au délire ambiant qui règne sur cet Host Club. Puisque le manga dont il est adapté est toujours en cours, il ne me reste plus qu’à espérer qu’une deuxième saison voit éventuellement le jour.

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