Marre de sauver le monde, des princesses en détresse, ou même les deux à la fois ? Overlord fait partie de ces jeux qui vous mettent de l’autre coté du miroir, dans la peau du seigneur du mal. Alors prenez vos larbins et allez répandre la destruction et le mal !!

La première chose à laquelle fait penser Overlord, c’est bien évidemment Dungeon Keeper, de par le fait de contrôler le seigneur du mal, puis par son ambiance qui caricature les poncifs de l’heroic fantasy. Et la première conclusion qu’on en tire, c’est que cela fait drôlement du bien aux zygomatiques que de voir ces grands classiques tournés en dérision. Cette fois-ci dans Overlord, quasiment tout est passé au peigne fin, car l’Overlord ne se contentera pas de rester peinard dans son donjon, non, il ira également semer la destruction de par le monde : villages assaillis par les halfelins, elfes complètement apathiques qui passent leur temps à se lamenter, paladins corrompus par le désir et la chair… L’ambiance est soignée à l’extrême et remplie de clin d’oeil. Bref c’est un plaisir renouvelé tout au long du jeu que d’explorer ce monde décadent et humoristique.

Le scénario s’appuie grandement sur l’univers pour donner un tout très cohérent. L’ancien Overlord a été tué par des héros du bien, vous êtes son successeur et devez donc le venger et rétablir la gloire de l’Overlord en reconstruisant votre tour et en annexant le plus de territoire possible. Bien que classique, le scénario est toujours plaisant à suivre grâce à des personnages à la fois drôles et passionnants et réserve quelques surprises qui relèvent encore l’intérêt du jeu.

Le monde se divise en zones, toutes assez grandes pour ne pas en faire le tour en quelques minutes, dans lesquelles vous sont attribuées des missions à effectuer par le biais de cinématiques souvent hilarantes. Ces missions sont assez nombreuses et vous avez souvent le choix de les faire dans n’importe quel ordre ; avec ça et le monde assez grand, on ressent un sentiment de liberté vraiment appréciable, surtout de nos jours alors que la plupart des jeux proposent un déroulement bien linéaire.

Le deuxième jeu auquel fait penser Overlord, c’est Pikmin. En effet vous ne serez pas seul à arpenter le monde, vous serez accompagné partout par vos larbins, qui comme leur nom l’indique vous serviront à peu près à tout. Ils peuvent se battre évidemment, mais sont également les seuls à pouvoir actionner des leviers et porter des objets pour les ramener dans votre tour. Chaque ennemi abattu peut alors lâcher des orbes de vitalité qui vous permettront d’invoquer plus de larbins. Et c’est là que Overlord prend toute sa dimension tactique : alors que l’overlord se déplace avec le pad de droite, celui de gauche déplace les larbins, ainsi ils pilleront et attaqueront tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Les larbins sont de quatre sortes que vous apprendrez toutes à contrôler au fil du jeu. Chaque sorte possède des caractéristiques différentes qui lui permettent d’une part d’évoluer dans les diverses zones et d’autre part des points forts et faibles : par exemple les rouges traversent le feu, et sont capables de tirer à distance mais ne sont pas très résistants. Ce système est vraiment pratique à l’usage, on peut facilement contrôler son Overlord et ses larbins en même temps. Au fil des objets récupérés, la horde de larbins augmentera en conséquence, pour devenir de plus en plus dévastatrice. Ajoutez à cela la possibilité de faire stationner un nombre de larbins quelconques à un ou plusieurs endroits et le fait que les larbins s’équipent automatiquement d’objets aussi utiles (nouvelles armes) qu’inutiles (citrouilles) qu’ils trouvent par terre, et on obtient un système fun et riche comme on les aime. Sans oublier que les ennemis rencontrés et les niveaux que l’on explore sont très nombreux et différents et demandent de renouveler constamment ses techniques, ce qui fait que l’on s’ennuie très peu.

Cependant, ce magnifique système de gestion des larbins met en évidence la relative pauvreté du gampelay de l’Overlord. Pourtant on a déjà de quoi faire, avec la possibilité de forger de nouvelles armes et armures pour rendre son Overlord plus puissant. Il y a également des objets à récolter pour augmenter la vie et le mana, ou gagner des sorts. On compte une dizaine de ces sorts classés dans quatre catégories très variées : Feu, Larbin, Défense et Domination, et parviennent presque à faire oublier que l’Overlord n’a toujours qu’une seule attaque de base. En effet, le maniement de l’overlord est des plus sommaire : une seule attaque, quelques sorts qui épuisent vite le mana, un lock et c’est tout. D’une part on aurait aimé un peu plus de subtilité, avec des armes un peu plus variées (elles ne font que changer la vitesse de frappe et les dégâts occasionnés) ainsi que quelques actions de plus comme un straff sur le coté ou une parade, ou alors une attaque secondaire. Aussi pouvoir utiliser des objets de soins (ou pour récupérer du mana) pendant les combats eut été appréciable. De plus la démarche et les attaques de l’overlord sont assez lentes et même si elles renforcent l’idée de puissance, elle rendent les combats et déplacements un peu mous, surtout lorsque l’on doit faire pas mal d’allers-retours pour rapporter des objets par exemple.

Et tant que j’y suis à parler des défauts du jeu, on peut également critiquer légèrement la jouabilité des larbins, qui se placent par défaut derrière l’overlord et on ne voit donc pas toujours les ennemis qui attaquent nos larbins par derrière. De plus, vu que l’on déplace tous ses larbins en même temps, si ceux-ci sont éparpillés, on n’arrive pas à savoir lesquels on dirige. Bien sûr ce sont des défauts minimes que l’on peut largement excuser du fait de l’originalité du gameplay.

En plus des incubateurs qui permettent de contrôler de nouveaux larbins, des hauts-fourneaux qui donnent l’accès à des armes et armures plus puissantes et les objets qui augmentent la santé, le mana et le nombre de larbins contrôlables, il est également possible d’acheter des améliorations pour sa tour pour la rendre plus belle. On note également un niveau de corruption qui augmente au fur à mesure de la violence gratuite que l’on répand. À part une quête bonus et de nouveaux sorts plus puissants, cela rend surtout le jeu plus libre et plus immersif.

Enfin parlons des graphismes qui encore une fois font honneur au jeu, le monde est très joli et incroyablement détaillé. Les effets sont nombreux et vraiment beaux. Les ennemis sont eux aussi nombreux, variés et magnifiquement modélisés. Bref : une réalisation de haute volée qui met en valeur le design.

Overlord est un jeu vraiment original et rafraîchissant grâce à son univers décalé tellement drôle ainsi que son gameplay des Larbins très riche et fun. Porté par un scénario jamais ennuyant et une liberté assez grande ainsi que plein de possibilités d’évolutions, Overlord est de ces jeux que l’on aimerait voir plus souvent : à la fois original et pourtant terriblement bien fignolé.

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