Après une rencontre avec le très loufoque Mr Bon Clay, l’équipage de Luffy au chapeau de paille accompagné de la princesse Vivi débarque au royaume d’Alabasta. Leur but : stopper la révolution qui menace le royaume. Monter le peuple contre la royauté : un complot fomenté par l’infâme Crocodile, dont le but est des plus néfastes. Une véritable course contre la montre, car les rebelles se préparent à attaquer Alburna, la capitale d’Alabasta. Parviendront-ils à sauver un royaume tout entier à temps ?

Si vous avez lu le manga de One Piece ou même vu le passage correspondant en anime, la réponse ne doit pas vous être étrangère. Et pour cause, ce huitième film n’est rien d’autre qu’une simple adaptation de l’arc Alabasta, qui correspond aux épisodes 92 à 130 de l’anime, et aux tomes 18 à 23 du manga. Et oui, rien de plus, quasiment aucune divergence scénaristique, rien d’ajouté, mais beaucoup de retiré.

Commençons par ce qui n’apparaît pas, faute de temps. Pas d’apparition des marines, pas de Smoker donc, ni de Ace. Le passage au casino de Crocodile a aussi été éludé, ainsi que la deuxième confrontation de ce dernier avec Luffy. C’est d’ailleurs bien dommage, puisque le passage avec « Aqua Luffy » est sacrément fun. Outre ces scènes coupées, tout passe en mode accéléré, à commencer par les combats, qui se voient tous expédiés en deux temps trois mouvements, ce qui surprend au visionnage surtout quand on a vu l’anime où ils s’éternisent pendant moult épisodes. C’est d’ailleurs assez amusant de voir Zoro ou Luffy se relever aussitôt de leur blessures en plein combat, alors qu’ils mettent 10 épisodes dans l’anime. Le comble revient au combat de Nami, où on ne voit que le mouvement final, le reste est laissé à l’imagination du spectateur. Mais même malgré ces raccourcis, il règne le long du film une sensation d’accéléré. Comme si les scènes s’enchaînaient à toute vitesse sans nous laisser le temps de faire le lien entre elles. Conclusion : il est donc impératif de connaître l’histoire avant de visionner le film, sous peine de ne rien capter.

Mais que reste-il alors si l’on connaît le scénario avant ? D’accord, le film comprend une nouvelle ost plus dynamique composée spécialement pour l’occasion, mais sinon ? Le plaisir de voir ses passages préférés de l’anime avec des graphismes de toute beauté ? Etant donné que ces dits passages durent approximativement deux secondes trois centièmes, vous n’aurez pas vraiment le temps d’en profiter. Seuls les passages de la montée synchronisée de Vivi au sommet de la tour à la bombe et le combat final de Luffy et Crocodile se déroulent à vitesse correcte et sont appréciables. D’autant que malgré une animation magnifique du sable, les graphismes ne sont pas exceptionnels, en particulier pour les personnages. Redécouvrir cet arc d’un nouveau point de vue ? Ben non, rien n’a été modifié dans le déroulement de l’intrigue, ou de la suite logique des scènes. Entendre à nouveau le rire mythique et très énervant de Crocodile ? Oui bon là ok.

C’est donc bien là le vrai problème de ce film : à qui s’addresse-t-il ? Les gens qui ne connaissent pas ne comprendront rien car il n’y a aucune introduction et trop de passages sautés, et les gens qui connaissent vont s’ennuyer car il n’y a aucun ajout digne de ce nom. À réserver donc exclusivement aux fans ultimes de One Piece, i.e. ceux qui dorment avec un chapeau de paille, s’entraînent pour utiliser trois katanas en même temps, et bavent devant leur poster de Nami et Robin scotché au dessus du lit. Et au vu des bons scores qu’a réalisé le film dans les salles obscures, ils sont nombreux au pays du soleil levant.

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