Quand on est une jeune fille de 18 ans, l’un des temps forts de la journée est bien évidemment le moment où l’on peut papoter avec ses amis. A priori ennuyantes, ces conversations sur la vie de tous les jours peuvent pourtant prendre un tournant des plus amusants, surtout lorsque l’une des dites amies est une otaku invétérée.

KyoAni strikes again ! Après la déferlante Haruhi, le studio qui monte lance une nouvelle bombe avec Lucky Star en entamant les hostilités dès le générique doté d’une musique et une chorégraphie débile à souhait. Mais il serait injuste de réduire LS à son opening, car c’est loin d’être le seul moment qui vous décrochera un sourire à chaque épisode.

Basé sur un yonkoma (manga humoristique en quatre cases, le comic strip oriental en quelque sorte), LS reprend donc le principe de la BD en proposant une succession de saynètes mettant en scène les personnages principaux dans différentes situations. Ces mini sketchs peuvent durer aussi bien le temps d’un court dialogue que cinq bonnes minutes, tout dépend du contexte. Ce qui fait le charme et l’humour de ces scènes, c’est la justesse des situations. Vous vous reconnaitrez forcément dans l’un ou l’autre des personnages mis en scène, que ce soit dans Konata qui explique pourquoi faire une nuit blanche de révision avant l’examen est mieux que de réviser régulièrement, ou Tsukasa qui tente de se coucher plus tôt pour pouvoir travailler dès le lendemain matin, et qui se lève aussi tard que d’habitude. Des scènes de la vie quotidienne japonaise donc, rien de plus, mais toujours mises en scène de façon très amusante, sans pour autant verser dans le délirant. Excepté quelques passages un peu plus chtarbés comme le gag récurrent des vendeurs de mangas et le Lucky Channel dont je reparlerai un peu plus loin. Si le début de la série est assez lent et composé uniquement de dialogues pas toujours intéressants (l’épisode 1 démarre sur une discussion particulièrement indigeste (hahaha) sur la façon de manger son goûter), par la suite le rythme s’accélère considérablement et les situations varient. Ce décalage est dû à un changement de réalisateur après l’épisode 4, remercié car le studio ne le trouvait pas assez dans l’esprit de l’anime (en gros : « dégage t’es pas assez fun »).

Le noyau de la série est centré sur quatre personnages en particulier : l’intelligente Miyuki aux attitudes toutes plus moe les unes que les autres ; la gentille Tsukasa, peu douée scolairement et naïve ; Kagami, la jumelle et ainée de Tsukasa, sérieuse et vite agacée par les bêtises de ses amies mais dotée d’un bon fond ; et enfin Konata, en quelque sorte l’héroïne de la série, otaku de service avec tous les vices que cela implique (mangas, animes, mmorpg, ero games, etc.). Si les premiers épisodes sont consacrés en quasi intégralité à ces quatre charmantes jeunes filles, on découvre petit à petit d’autres personnages qui viennent s’insérer naturellement dans la série et qui permettent d’enrichir le panel de gags possibles.

Deuxième effet kiss cool responsable de l’humour de la série : les multiples références. Konata étant une otaku parfaite, elle fait donc naturellement des rapprochements entre les situations de la vie de tous les jours avec ses animes préférés ou ses jeux vidéo (vous vous reconnaîtrez peut-être ici, moi en tout cas c’est le cas). Et bien sûr aucun n’est inventé, si vous apercevez un poster de Full Metal Panic accroché en fond ou une peluche de Keroro qui traîne par terre, pas de panique, c’est normal. D’ailleurs le studio ne se prive pas pour caser un maximum de clins d’œil à sa série précédente qui a fait trembler le monde entier de l’animation : la Mélancolie de Suzumiya Haruhi. Si vous êtes fan de cette dernière, il y a fort à parier que vous serez ravi par Lucky Star. Remarquons tout de suite que cela restreint le public visé par l’anime. Il convient d’avoir un minimum de culture sur à la fois la vie quotidienne japonaise (pas indispensable) et sur l’univers de l’animation en général (déjà plus indispensable) pour pleinement apprécier les références. Ce n’est donc pas donné à tout le monde, et si par exemple tout ce que vous regardez dans la semaine est l’épisode hebdomadaire de Naruto et celui de Bleach, passez votre chemin. Si par contre vous vous êtes reconnu dans les personnages de Genshiken vous serez comblé.

Dans chaque épisode, vous trouverez à la fin une séquence dénommée Lucky Channel. Sur un décor de plateau télévisuel et présenté par l’idole Akira Kogami et son assistant Minoru Shiraishi, cette partie a pour but de présenter plus en détail les personnages de la série. Enfin ça c’est le but initial, parce qu’il faut dire qu’entre les accès de mauvaise humeur d’Akira face à la popularité montante de son assistant qui lui fait de l’ombre, la maladresse de ce dernier face à sa supérieure et autres problèmes techniques, ça ne se passe pas toujours comme convenu. L’idée d’intégrer le doubleur Minoru Shiraishi (qui joue donc son propre rôle dans la série) n’est pas innocente puisque ce personnage a profité d’un véritable buzz autour de son petit rôle dans la Mélancolie de Suzumiya Haruhi, en particulier grace à cette courte scène qui a engendré de nombreuses parodies sur le net. Et il faut dire que c’est un sacré phénomène ce Shiraishi.

Le chara design employé est très kawaii et l’animation ne souffre pas de défaut particulier, il faut dire que ce n’est pas une série qui bouge énormément non plus. Concernant la musique c’est un peu moins positif, l’ost employée est légèrement redondante et il n’est pas rare d’entendre deux ou trois fois la même piste sur le même épisode (généralement pendant la chute d’un gag). Et puisque nous parlons musique, évoquons les génériques. L’opening est très vite devenu culte grâce à sa musique et sa chorégraphie particulière et de nombreuses parodies sont aussitôt apparues sur le net (voir ici). Quant aux endings, ils sont très originaux et changent à chaque épisode : les 12 premiers se constituent d’un plan fixe sur une porte d’une salle de karaoké où l’on entend les héroïnes chanter différentes chansons en fond, allant du générique d’anime bien mainstream à la chanson de jpop des années 80 totalement inconnue. Original. Au 13eme épisode c’est Minoru Shiraishi qui prend le relai et qui chante lui aussi différentes chansons plus ou moins connues (ne ratez pas sa version de l’opening de la série, à mourir de rire). La particularité de cette séquence étant qu’il est filmé en temps réel dans un vrai décor, on pourra donc profiter joyeusement de ses chorégraphies plus ou moins improvisées et de ses capacités assez limitées en chant.

Voici donc LA série comique de l’année, drôle quasiment du début à la fin, et excepté peut-être au début on ne s’ennuie jamais grâce à la variété des scènes et des personnages. Deux options se présentent donc à vous : soit vous aimez les animes façon « tranche de vie » où l’on suit des personnages dans leur vie quotidienne, soit vous êtes parfaitement réceptifs à l’humour de la série. Après lecture de cet article, vous devriez être capable de juger si vous faites partie du public ciblé. Si oui, désolé de vous le dire, mais vous n’êtes vraiment qu’un gros otaku. Et bienvenue au club.

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