Makunouchi Ippo est un jeune lycéen qui occupe tout son temps à aider sa mère au travail pour son affaire de pêche. Sans cesse brimé par des voyous de son lycée à cause de sa trop grande gentillesse, il croise un jour la route de Mamoru Takamura, un boxeur prodige, alors qu’il se faisait une fois de plus martyriser. Ce dernier le sauvera des attaquants et le ramènera dans son club afin de le soigner. C’est là qu’Ippo se prendra d’affection pour son sauveur et afin de devenir plus fort pour échapper à son quotidien, se lancera dans la boxe et grimpera petit à petit les échelons, grâce à sa perséverence et à son talent innatendu.

Le voilà enfin ! Il faut dire qu’il s’est fait attendre le bougre : 17 ans qu’il dispute des matchs au Japon, et ce n’est qu’aujourd’hui qu’il débarque sur le sol français ! C’est qu’il s’est taillé une sacrée réputation, grâce à son adaptation en anime qui couvre les 30 premiers tomes en 75 épisodes, et par son nombre de tomes conséquents. Voyons donc si notre ami Ippo a bien une âme de champion et peut se faire une place de grand parmi les grands shonens sportifs.

La boxe, un sport individuel viril où les adversaires se tapent dessus dans la joie et la bonne humeur.
Il existe différents styles, mais Ippo est exclusivement centré sur la boxe anglaise, où l’on utilise entre autres que les poings. Les combats se veulent plutôt réalistes, avec usage de techniques réélles (jabs, directs, uppercuts, contres, etc.) et les personnages ne sont pas dotés de capacités totalement hors du commun, mais simplement des points forts. On retrouve bien sûr quelques exagérations propres au shonen, mais c’est plutôt pour rendre les matchs dynamiques. Car le point fort de ces bastons aux poings, c’est bien l’intensité qui s’en dégage. Chaque fois qu’Ippo monte sur le ring, ce dernier devient comparable à un véritable champ de bataille, tant notre héros doit tout donner et sortir ses tripes pour espérer vaincre son adversaire. Ces matchs sont assez longs (parfois plus de deux tomes), bourrés de rebondissements spectaculaires et ne se ressemblent pas, même après 80 volumes, ce qui est en soi une belle performance ! De plus, pour ceux qui auraient peur de la lassitude, l’auteur consacre quelques gros matchs à d’autres personnages secondaires et qui se révèlent tout aussi captivants que ceux de Ippo.

D’ailleurs parlons-en de ces personnages. Tout d’abord le héros Ippo est très attachant dès le départ dans son rôle de loser brimé par ses camarades et qui trouve le salut et la force dans la pratique de la boxe. Le voir partir de rien et progresser petit à petit à force de ténacité est un vrai bonheur. Ajoutons à cela toute la clique de son club comme l’innénarrable Takamura ou encore le coach Kamogawa, tantôt drôles, tantôt sympathique, mais toujours funs. Sans oublier les nombreux boxeurs adverses. Parfois de vrais salauds dont le comportement ne vous donnera qu’une envie : encourager Ippo à leur pourrir la gueule pendant le match. Parfois des boxeurs sincères ayant de nobles raisons de vouloir gagner, et qui vous feront les encourager aussi. Aucun d’entre eux ne vous laissera indifférent en tout cas.

Autre point fort du manga : l’humour. Si les matchs sont (presque) tous très sérieux, les instants de calme entre tournent parfois au délire total, souvent grâce au clown de service, j’ai nommé Takamura. Fort de son talent natruel et de sa force incroyable, il ne se prive pas pour chambrer allègrement ses collègues moins doués, par exemple les pauvres Aoki et Kimura. Ses actions démesurées, son ego aux proportions astronomique et sa grande gueule en font un personnage hilarant et je ne compte plus les fois où ses répliques m’ont fait exploser de rire à la lecture. Il est vrai que l’humour est parfois centré en dessous de la ceinture (il y a même du caca !), ce qui le destine plutôt à un public masculin. Mais il n’est heureusement pas le seul à faire rire ici, mention spéciale à Aoki, le véritable souffre douleur du club au style de boxe fort peu orthodoxe.

Graphiquement parlant, le manga est agréable à l’oeil et le trait constant au cours des volumes. La principale évolution se situe au niveau d’Ippo qui vieillit dans le temps (il suffit de jeter un oeil à la couverture du tome 1 et de comparer aux dernières). Les combats sont dessinés de façon très dynamique et on ressent parfaitement l’intensité des coups à travers le papier (non, les pages ne sont pas cabossées). Enfin, le chara design est très varié, les adversaires et autres personnages secondaires se suivent et ne se ressemblent pas, ce qui est remarquable étant donné la taille conséquente du casting.

Un dernier mot sur l’adaptation française de Kurokawa, qui est tout simplement nickel. Le lettrage est très lisible et la traduction excellente. Bon allez pour chipoter et parce que j’aime bien faire mon puriste, je regrette que l’éditeur ne conserve tout à fait les couvertures originelles et en remplace certaines par des illustrations moins datées. Cependant aux dires de Kurokawa, ce choix a été fait en accord avec le mangaka lui-même, et qui suis-je pour m’opposer à la volonté de l’auteur ?

Le challenger Ippo s’en sort finalement avec tous les honneurs, et peut se tenir la tête haute parmi la ribambelle des shonens sportifs. Des matchs intenses, une narration agréable et un humour sympathique en font un incontournable du genre, que vous aimiez la boxe ou pas d’ailleurs. Je ne peut donc que vous recommander de tenter l’aventure si vous appréciez le style, d’autant plus que le succès de vente des premiers tomes influera sur la parution en France. En effet, Kurokawa n’a pour l’instant acquis la licence que des 30 premiers tomes, afin de voir si le manga s’implante bien sur le marché français. Ce qui veut dire que s’il fait un bide, nous ne verrons jamais la suite. Ce qui me contrarierait fortement. Alors qu’est-ce que vous faites encore là sur votre siège ? Allez acheter les premiers tomes et que ça saute !!

Pas de réponse à “Ippo, la rage de vaincre”
  1. FJ dit :

    Des blagues sur le caca ! j’achete tout de suite !

  2.