Après sept ans d’absence, Yuuichi Aizawa revient dans la ville où il a passé ses vacances d’été quand il était jeune. Cette fois, il s’installe pour de bon chez sa tante Akiko et intègre même l’établissement scolaire de la ville. Il compte sur cette occasion pour lever le voile sur sa mystérieuse amnésie qui l’empêche de se souvenir de ce qu’il s’est passé il y a sept ans. Grâce aux nombreuses rencontres qu’il va faire ici, le puzzle va peu à peu se reconstituer.

Kanon fait partie de ces nombreuses adaptations en anime d’un visual novel, jeu vidéo composé uniquement de dialogues où le joueur doit tenter de séduire différentes filles plus mignonnes les unes que les autres. Si de plus le jeu est réservé aux adultes (Kanon existe en deux versions, une interdite aux moins de 18 ans et une tout public), le joueur est récompensé en cas de victoire par différentes images euh… suggestives. Mais que les fans d’ecchi et autres tentacules qui me lisent ne se jettent pas tout de suite sur l’adaptation en anime, car ils n’y trouveront rien de tel. Le seul reste visible est évidemment le scénario qui fait rencontrer et dialoguer le héros avec différentes jolies filles. Il existe une autre adaptation en 13 épisodes nommée elle aussi Kanon sortie en 2002 et animée par Toei animation. Je ne l’ai personnellement pas vue mais elle a la réputation d’être moins bien que celle qui nous intéresse dans cet article.

Toute l’histoire de Kanon est donc centrée autour de Yuuichi et des rencontres qu’il va faire dans la ville. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un don naturel pour la conversation. Il parle à des inconnu(e)s en étant aussi décontracté que s’il rencontrait un vieux pote d’il y a 10 ans. Toujours le mot pour rire et très gentil et attentif aux autres, un vrai charmeur quoi ! Et loin du loser typique qui rameute toutes les jolies filles de l’école en n’ayant aucune autre qualité que la gentillesse. Face à lui différentes protagonistes avec qui il va se lier d’amitié. D’un caractère bien distinct, ces jeunes filles cachent toutes un secret lié à leur passé que notre héros s’entêtera à découvrir à force de dialogues. Et certaines de ces histoires ont un lien avec celle de Yuuichi lui-même, ce qui fait que vous aurez parfois deux passés torturés révélés pour le prix d’un ! A noter que si l’on peut croire à un banal anime « tranche de vie », l’histoire comporte certains éléments fantastiques qui le rapprochent un peu du conte.

L’ambiance de l’anime est assez triste, tout ne se résout pas toujours de la plus belle façon et certaines histoires sont très touchantes par leur dénouement. Un ton général accentué par le fait que tout se passe l’hiver dans la ville enneigée, ce qui donne au décor un aspect très mélancolique. Je vais ici évoquer le dernier épisode (je ne rentrerai pas dans les détails pour ne pas spoiler, mais si vous ne voulez absolument rien savoir, passez au paragraphe suivant), qui est vraiment en décalage total avec le reste de la série. Je ne suis pas contre les fins heureuses, mais là c’est tellement loin de toute l’ambiance construite précédemment que je ne peux m’empêcher de la trouver ratée. Et une mauvaise fin, c’est laisser le spectateur sur une mauvaise impression, voire même lui faire oublier toutes les bonnes choses qui se sont déroulées auparavant. Heureusement que le statut de rédacteur du J-Truc me confère des pouvoirs surhumains qui me permettent de faire preuve de l’objectivité la plus totale en jugeant la série sur sa globalité. Et ouais.

D’un point de vue technique c’est une réussite. Animation de qualité, graphismes au top, couleurs délicates et musiques adaptées, bref du pur KyoAni comme on l’aime (surnom du studio) ! Le doublage est aussi excellent, Yuuichi en particulier, ce qui est appréciable vu qu’il doit avoir la moitié des lignes de dialogues de la série. D’ailleurs notons ici une petite particularité des héroïnes de la série : elles ont toutes un tic de langage sous la forme d’une petite onomatopée personnalisée telle que « Uguu » ou « Auuu », qu’elles répéteront un certain nombre de fois pendant l’anime. Agaçant pour certains, amusant pour d’autres, en tout cas ça ne vous laissera pas indifférent. Le véritable point faible se situe au niveau du rythme qui est assez lent. Les premiers épisodes en particulier sont à la limite du soporifique tellement ils sont mous. Il conviendra donc de faire preuve de persévérance pour pouvoir profiter de la substantifique moelle qui se trouve plus loin, car malgré un déroulement très posé, une fois plongé dans l’univers, le visionnage se passe beaucoup mieux.

La dernière adaptation de Kanon se révèle être assez plaisante à regarder, et si l’on peut craindre l’ennui au vu du début mollasson, il n’en est rien et les différents contes fantastiques qui révèlent la lumière sur la passé de Yuuichi sont assez bien racontés pour en être touchants. De plus doté de qualités techniques indéniables, il conviendra à tous ceux qui recherchent des sensations plus profondes comme la nostalgie et la mélancolie.

Pas de réponse à “Kanon 2006”
  1. Nemingway dit :

    Tout à fait d\’accord avec les critiques, la fin est en total désacord avec le reste des épisodes, ils y tenaient vraiment au happy-end apparenment^^

  2.