Dans un futur proche, des insectes appelés Mushi ont fait leur apparition (rien à voir avec les Mushi de Mushishi). Pour survivre, ils se nourrissent des rêves de leur hôte humain, le Mushitsuki, et lui offrent en compensation des pouvoirs spéciaux. Le Mushi se trouve ainsi lié à son hôte jusqu’à la mort de celui-ci et s’il meurt, alors l’hôte perd définitivement ses rêves et sombre dans un état végétatif. En gros, c’est un ignoble parasite.

Quatre ans avant le début de l’histoire, une petite fille nommée Shiika semble perdue dans un lieu enneigé et se lamente sur son sort. C’est alors qu’apparaît un étrange garçon un peu plus âgé qu’elle et répondant au nom de Kakkou. A sa question « quel est ton rêve ? », elle répond qu’elle désire trouver un endroit où elle serait acceptée. « C’est le même que le mien » dit-il alors, tout en pointant le canon de son arme vers la tête de la fillette. « Alors je te donne mon rêve, » répond-elle, « souviens-toi de moi lorsque tu l’auras réalisé. » Et il le lui promet. Sur ces belles paroles, un coup de feu vient interrompre la chute d’une larme.

Revenons à l’histoire.
Une organisation gouvernementale, le SEPB (Special Environmental Preservation Bureau), utilise des Mushitsuki pour en capturer d’autres ainsi que toute personne susceptible de témoigner de l’existence de ces immondes insectes, afin que la vérité reste cachée aux yeux du monde. Depuis dix ans qu’ils sont apparus, ces machins, on devrait pourtant s’en rendre compte, mais il ne s’agit encore que de rumeurs. De ce fait, si un être humain se révèle être l’hôte d’un Mushi, des gens affublés de lunettes d’aviateur viennent chez lui dans un camion semblable à celui des éboueurs et lui proposent deux solutions : ou ils tuent le parasite, ou ils l’emmènent dans un lieu mystérieux, dont on ne connaît que le nom : Garden.
Comme il faut des rebelles, quelqu’un s’est décidé à créer le Mushibane, un groupe de résistants anonymes faisant face au SEPB, tentant de lui mettre un max de bâtons dans les roues et de protéger les nouveaux Mushitsuki.

Mushi-Uta (littéralement « La Chanson des Insectes ») n’est pas une série révolutionnaire dans son genre. Des gens de clans opposés qui se tapent dessus du début à la fin à l’aide de leur compagnon pas humain, c’est effectivement du vu et revu. Pourtant, ce n’est pas une série des plus désagréables. Le premier épisode introduit de manière directe l’histoire comme une routine, et fait ainsi entrer en scène les personnages un par un, de manière plus ou moins cool (Hiii Kakkou~). Aucune séquence ne paraît de trop, et c’est d’ailleurs l’un des points clés de Mushi-Uta : aucun épisode parmi les douze ne semble dispensable, ce qui rend cette série aussi appréciable qu’elle est courte.

Techniquement d’ailleurs, cet animé semble n’avoir rien à se reprocher. Si les décors sont propres, soignés et offrent parfois de jolis plans, le design, de son côté, est plutôt varié et se marie joliment à la fluidité et à la propreté de l’animation, tant chez les personnages que chez les insectes. Pour ainsi dire, ces énormes bestioles, pourtant mises en scène de manière « réaliste » (je rappelle qu’il s’agit d’insectes (géants, certes) et non de pokémon ultra démonstratifs, et qu’ils ne s’expriment que rarement sinon jamais), pourraient presque paraître agréables à regarder… même si au final on aurait mieux vécu sans. Sans doute les effets spéciaux y ont-ils aussi leur mot à dire, car magnifiquement dosés. Ni trop, ni trop peu, c’est bien.

Au niveau de la bande-son, on notera un thème principal plutôt agréable à entendre et quelques musiques de fond relativement discrètes bien que sympathiques à souhait si on y fait un peu attention. La musique d’ouverture (Mushi-Uta par Akatsuki), entraînante et étroitement liée au thème principal, se laisse facilement écouter au bout de deux ou trois fois. L’opening lui-même, grâce à ses graphismes charmants comme tout, permet de se distraire tout en écoutant… enfin, déjà plus que le générique de fin (Sayônara de Satô Hiromi), qui m’a personnellement bien moins plu. Des images figées, une musique morne, bof.

Autre détail insignifiant pour qui ne prête pas l’oreille : le doublage de la petite Shiika se trouve être particulièrement réussi, du fait que Kana Hanazawa (Zegapain, Potemayo, Sketchbook ~full color’S~) y ait mis sa papatte avec une articulation particulière pour faire ressortir la fragilité du personnage (ou bien il n’y a que moi pour remarquer ce genre de chose). Pensée également pour Shintaro Asanuma (Zegapain, Zettai Shounen, Bokurano) et son jeu soigné entre Kakkou et Daisuke, tantôt cool, tantôt discret.

Article écrit par Toulal le [19/10/07]

Si Mushi-Uta n’apporte pas énormément de nouveautés dans le genre, il reste un très bon divertissement, court et bien fait. L’optimisme des personnages est encourageant, et il est touchant de les voir combattre pour protéger leurs rêves : une leçon à suivre.

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