Moins d’un an après la sortie de Twilight Princess, Nintendo nous sert le Zelda nouveau sur sa petite portable DS et le choix de cette console est loin d’avoir un impact anodin sur le jeu. Phantom Hourglass est la suite scénaristique et graphique directe de Wind Waker et bien sûr notre chère princesse Zelda, comme toutes les princesses, est encore en danger. Fort heureusement son preux chevalier vert et muet est toujours prêt à parcourir mers et donjons pour la sauver.

The Legend of Zelda : Phantom Hourglass (Zelda PH) est le tout premier de la série à être développé sur la DS et le gameplay s’en trouve, vous vous en doutez, complètement chamboulé. Ne vous inquiétez pas Link est toujours armé de sa belle épée et de son bouclier (sauvé! pas encore d’arbalète à l’horizon), et on retrouve toujours les mêmes mécanismes chers à la saga : énigmes, donjons, bastons. La grande originalité du jeu est qu’il se joue entièrement au stylet, jamais vous n’aurez à toucher le moindre bouton à part bien sûr celui qui sert à allumer votre chère DS. Il en reste que c’est un pari audacieux de la part de Nintendo mais c’est surtout un pari réussi. Link se déplace donc en orientant la pointe du stylet dans la direction souhaitée, les coups d’épée se font en tapotant l’écran sur les ennemis ou en les barrant rapidement avec le stylet. Tout cela peut paraître pas très clair dit comme ça mais à jouer c’est simplissime, le gameplay est on ne peut plus intuitif, précis et efficace. L’utilisation des divers objets gagnés dans les donjons se fait aussi au stylet et là aussi aucun souci de maniabilité, le jeu est irréprochable sur ce point. On découvrira, grâce aux capacités de la DS et à son stylet magique, de nouvelles méthodes pour utiliser nos objets bien connus dans Zelda tels que le grappin, l’arc ou encore le boomerang, ce qui ne manquera pas de dépoussiérer et d’apporter un peu de fraîcheur dans cette saga qui commence peu à peu à perdre son originalité (non je n’ai pas pointé du doigt Twilight Princess).

Comme pour Wind Waker, au cours de l’aventure, on alternera entre séquences de « balade » sur les îles et les voyages en bateau pour parcourir la carte. Ce coup-ci, plus de voile à l’horizon mais un joli moteur, on n’aura donc plus à se préoccuper du vent, il suffit de tracer sur la carte du monde, à l’aide du stylet, la trajectoire que vous souhaitez que votre bateau prenne. Ce système est beaucoup plus rapide et moins contraignant que celui de Wind Waker, ce qui ne manquera pas de plaire à tous ceux qui n’avaient pas aimer les longues traversées en bateau de ce dernier. On remarquera d’ailleurs que ces traversées sont largement plus courtes dans Phantom Hourglass. J’ai parlé plus haut de tracer une trajectoire sur une carte mais ça ne sera pas la seule chose que l’on pourra inscrire dessus, en effet elle aura une grande utilité quand il s’agira de résoudre des énigmes comme indiquer le chemin à parcourir dans un labyrinthe, le lieu d’un trésor ou encore dessiner des trucs obscènes pour un certain Mithrandir.

Toutes ces nombreuses nouveautés que nous apporte le gameplay DS sont vraiment un atout indéniable pour un Zelda et apportent un plaisir de jeu sans précédent sur la console et on a hâte de voir ce que nous feront Miyamoto and co pour un vrai Zelda Wii utilisant pleinement les capacités de la wiimote.

Le jeu n’est pas seulement la suite historique de Wind Waker, il se place aussi dans une continuité graphique, on retrouvera le même style mignon tout plein qui avait créé la controverse à l’époque de son annonce. Par contre ici pas de cell-shading, mais cela ne retire rien au charme du jeu, d’autant plus que les graphismes 3D sont vraiment magnifiques pour la petite DS même si les environnements extérieurs peuvent paraître un peu vides parfois.

Si j’arrêtais là mon test, Phantom Hourglass serait alors un des meilleurs Zelda depuis Ocarina of Time mais malheureusement le jeu n’est pas exempt de défauts, loin de là. En effet le jeu est court, beaucoup trop court pour un Zelda : comptez 15 à 20 heures pour finir le jeu et la plupart des quêtes annexes non rébarbatives. Si le jeu est court il paraît logique que les donjons le soient aussi, comptez grand maxi 30 à 45 minutes pour chacun d’entre eux, on est loin des donjons de 2 à 3 heures d’Ocarina of Time ou Twilight Princess. Je suis bien conscient que nous sommes face à un jeu adapté à un format portatif, mais on aurait aimé des donjons plus longs, moins linéaires et des quêtes annexes plus passionnantes et nombreuses. Au rang des grands disparus : les quarts de cœurs, ils ont laissé leur place à des réceptacles de cœurs entier qui pour certains s’achèteront à la boutique, tout bonnement honteux. C’est pour vous dire à quel point le jeu manque de quêtes annexes comparé à ses prédécesseurs.
Par contre, je me dois d’avouer que le donjon central vient sauver tout les autres, celui-ci est limité en temps, fera appel à vos capacités d’infiltration et à tous les objets amassés au cours de l’aventure. Certains se plaindront du fait que l’on doit y repasser plusieurs fois et résoudre les mêmes énigmes, mais si on prend la peine de chercher, on trouvera plein de raccourcis permettant d’éviter cela. Un petit chef d’œuvre de level design qui est malheureusement bien seul au sein de ce jeu aux donjons trop linéaires.

Un court mot sur le scénario, sans être trop méchant, celui-ci a du être écrit sur une feuille de papier cul dans les toilettes d’une aire d’autoroute entre Kyoto et Tokyo. Mais on sait que le plaisir d’un Zelda ne réside pas vraiment dans son histoire mais dans son ambiance, celle-ci est légère, on se verra même sourire à certains passages ce qui n’est pas du tout déplaisant mais on est loin des ambiances ténébreuses et jouissives d’Ocarina of Time ou Twilight Princess.

On peut reprocher aussi à Phantom Hourglass sa trop grande facilité, on ne se verra jamais mourir hors de quelques phases de bateau au début du jeu, les énigmes des donjons coulent de source et les boss sont simplissimes. Il apparaît clair que le jeu vise un public très jeune… mais merde j’arrivais bien à finir Zelda 3 quand j’avais 7 ans, je vois pas pourquoi les gosses aujourd’hui auraient plus de mal.

En dernier reproche, mineur je dois l’avouer, je placerai le système de tuning du bateau. L’idée de départ surfe sur la grande vague du « tout customisable » mais n’apporte pas grand chose. En effet vous pourrez changer certaines parties de votre bateau pour lui changer de look mais aussi augmenter sa vitesse et sa résistance. Mais ce système est beaucoup trop limité, on aurait aimé que la différence de vitesse se fasse plus sentir et que les canons gagnent en puissance. Un système plus évolué à l’instar de celui du vaisseau Gummi de Kingdom Hearts 2 aurait été plus intéressant (un bisou à Tetsuya Nomura en passant).

Test
réalisé par khyos le [24/10/07]

Au final The Legend of Zelda : Phantom Hourglass est un Zelda 2D qui propose une expérience réellement jouissive de par son gameplay totalement rénové et ses graphismes chatoyants, mais il pêche par sa facilité, sa durée de vie et son nombre trop léger de quêtes annexes. Les fans adoreront, n’hésiteront pas à le noter 18/20 (je ne vise mais alors personne), mais il possède quand même un grave défaut de profondeur qui fera qu’on ne s’y remettra peut être pas deux fois.

Les commentaires ne sont plus admis.