J-Truquiennes, J-Truquiens, bienvenue en direct, ici, au Stade du Fun pour l’évènement footballistique de l’année : la sortie du tout dernier opus de la série Pro Evolution Soccer, je veux bien sûr parler de PES 2008. Alors non, vous n’avez pas loupé 2002 éditions depuis mon précédent article sur le sujet et malheureusement vous allez vous en rendre compte assez vite. Pour ceux qui avaient envie d’une révolution, passez votre chemin, pour les autres, laissez-moi vous conter ce que vaut la dernière version du produit culturel le plus vendu en France.

Et je ne saurai commencer ce test sans vous rappeler la guéguerre des jeux de foot. Konami vs EA Sports, PES contre FIFA. Le 1er nous sort en temps normal la meilleure simulation de foot et le second un jeu plus arcade. Mais pas question de s’inquiéter de cette rivalité sur PC cette année. EA a en effet décidé de ne pas sortir la version next-gen de son FIFA 08 sur cette plate-forme mais plutôt une mise à jour de son (très médiocre) précédent opus. Ainsi PES est le seul jeu de football « nouvelle génération » à sortir sur PC cette année, de quoi lui garantir facilement la 1re place ? Pas si sûr, car en effet : qui n’a pas de concurrent, n’a pas besoin de se remuer le popotin pour gagner. Voici donc la complainte du fan qui avait trop espéré.

Tout s’annonçait pourtant plutôt bien de prime abord. Des menu relookés, beaucoup plus classes. Mais hop, juste le temps de se dire ça qu’on est déjà embêté. Les deux nouveaux modes présents l’an dernier : challenge international et match à sélection aléatoire, ont disparu. Certes, ils n’étaient pas indispensables mais ils augmentaient un peu la durée de vie. Passé ce menu principal, on se précipite pour regarder quelles sont les équipes disponibles cette année. Et ça ressemble beaucoup à l’an dernier, avec toujours la Bundesliga totalement absente (un scandale encore une fois) et la Premier League en manque de licences… Ah, on me précise que les licences de Tottenham et Newcastle y sont, et également celles du FC Bâle, Helsinki et autres clubs méconnus… Mouais, j’aurais préféré de plus grandes équipes, sans vouloir dénigrer ces clubs… Enfin bon, le jeu se rattrape au niveau international avec les licences de la Grèce, du Ghana, de la Turquie et la présence pour la première fois dans un PES d’Israël. Je suis aux anges (à lire avec un ton déçu et plein d’ironie). Comme toujours, le mode modifier pourra arranger tout ça (à croire que c’est à nous de faire le boulot de Konami) et on sera aidé par le nouveau système de scan, qui permet d’importer des visages et des logos, mais hélas en nombre limité. A noter également qu’il n’y a pas un seul stade français disponible (parmi les 15, contre 24 pour les versions old-gen), car Monaco n’est pas en France et puis il n’y a jamais grand monde à Louis II.

Mais les Pro Evolution Soccer n’ont jamais brillé que sur leur gameplay incomparable donc plongeons-nous dans une partie. A brûle-pourpoint, on a l’impression de jouer à PES 6, en un poil plus beau. En effet, si, sur les cinématiques, on a vraiment l’impression d’avoir affaire à un jeu next-gen, de loin, c’est beaucoup moins flagrant . De plus, le jeu semble très mal optimisé et demandera une très bonne configuration pour tourner à plein régime, ce qui semble obligatoire tellement c’est laid autrement. En ce qui concerne le gameplay pur et dur, très peu d’innovations. On notera la présence d’un nouveau dribble (à la Drogba, pour les connaisseurs), de la simulation de faute (à la Cristiano Ronaldo, l’autre joueur sur la jaquette) ainsi que le choix de qui monte sur les corners et du nombre de joueurs dans le mur sur coup-franc (ces 2 dernières sont utiles, elles). On notera l’apparition de nouvelles animations, en particulier les arbitres de touche, qui nous immergent un peu plus dans l’ambiance foot, le tout étant très nuancé par les courses à l’aspect super robotique des joueurs. Par contre, après de nombreuses heures de jeu, je n’ai pas du tout remarqué l’influence du Teamvision, système qui doit faire s’adapter l’IA selon votre jeu afin d’empêcher les actions répétitives qui garantissent un but. Mais peut-être est-elle à l’origine des énormes espaces laissés par les défenses sur les côtés, et qui permettent de marquer très facilement. Ajoutant à cela des attaquants plus adroits, des gardiens qui font de jolies boulettes et un nombre de buts gags hallucinant, difficile de l’emporter en comptant seulement sur le beau jeu.

Alors en 1 mot comme en 100, je n’irai pas par quatre chemins, j’ai l’impression que Konami n’a fait aucun effort sur cette version. Le fan de la série que je suis ne peut que se dire que c’est une version réalisée vite fait car le temps imparti pour faire un jeu de foot nouvelle génération était trop court. Et dans ce cas-là, on va se dire que Konami nous sortira l’an prochain une vraie bonne simulation de football, et aussi sur PC de préférence. Mais passer un an avec un jeu que je qualifierai de « bouche-trou » va être terriblement frustrant. Espérons que l’an prochain le PC ne soit pas laissé de côté et ait droit à une vraie guerre des chefs d’où ne sortira que la meilleure simulation du genre. Ici le J-Truc, à vous Boulogne !

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