L’histoire se déroule un an après la fin de Mai Otome. La menace d’une météorite géante risquant de détruire la planète permet à toutes les nations du monde de s’entendre et coordonner la défense. C’est ainsi que les plus puissantes Otome sont réunies pour annihiler cette nouvelle menace. Après un premier essai raté, Arika, l’Otome de la reine de Windbloom réussit enfin à l’éliminer et ce grâce à sa nouvelle Matérialisation. Mais les réjouissances seront de courte durée. Née de la destruction de la météorite, une nouvelle forme de vie semble avoir atterri quelque part dans le monde…

Avant de commencer cette critique, je tiens à préciser une petite chose. Une recherche poussée dans un dictionnaire d’Allemand m’a appris que «Zwei» signifiait Deux. C’est un détail, certes, mais pas tant que ça. C’est en effet bien là le plus gros problème de cette pseudo-suite. Mai Otome Zwei étant bel est bien présenté comme une suite de la série éponyme (sans le Zwei donc, si vous avez suivi), telle ne fut pas ma surprise que de constater que de suite, il n’y en eut point en réalité. Mais avant de rentrer dans les détails de ce qui aurait pu faire de ces quatre OAV une réussite, il serait judicieux de se pencher sur les qualités de cet anime. N’en déplaise à certains, oui il y en a quand même. Ils se comptent d’ailleurs sur les doigts d’une main.

Mai Otome Zwei qu’est-ce que c’est ? C’est beau, c’est mignon, c’est coloré, c’est du Mai en quelque sorte. Depuis Mai-HiME et les premières larmes versées par les fans devant les personnages magnifiquement dessinés et mis en valeur, rien n’a changé. Le même soin est apporté à la réalisation graphique et on peut dire que chez Sunrise, on ne lésine pas là-dessus. Les décors, quoiqu’inchangés par rapport à la série originale, sont recherchés, fouillés et bien exploités. De ce côté-ci, pas de problèmes, les fans seront servis. Les pervers également. Mai Otome étant un repère de jeunes femmes en robes plutôt extravagantes et souvent court vêtues, ces derniers seront aux anges (Otome voulant dire «jeune fille vierge», vous ferez vous-même les rapprochements qui s’imposent avec Hentai et autres Ecchi).

Outre le côté esthétique, la qualité sonore est également à mettre en avant. Yuki Kajiura étant de nouveau du voyage, le bagage musical ne pouvait qu’être remarquable. En réalité, on fait du neuf avec du vieux. Ce sont bien les musiques de la série qui sont remises au goût du jour, avec quelques remix appréciables. Certaines musiques de Mai-HiME sont même carrément rajoutées, histoire de rappeler que les Mai c’est une grande famille après tout et que donc, on n’oublie pas l’ainée (mention spéciale d’ailleurs au remix de Kagutsuchi Kourin, tout à fait sympathique). Un ending chanté par la Seiyuu d’Arika clos une ambiance sonore des plus attractives et qui en fait sans hésitation un point fort de l’anime.

Mais la qualité première de cette anime, et c’est assez paradoxal, c’est son manque d’innovation. Je m’explique : dans cette série d’OAV, on a clairement voulu réutiliser «les anciennes gloires», les personnages marquants des séries précédentes. Ainsi, Sunrise a voulu garantir une sorte d’idolâtrie sur certains personnages. J’ai trouvé ça assez marquant d’ailleurs, puisqu’en me baladant sur quelques forums, j’ai surpris des personnes en train de débattre de tel ou tel personnage qui devait réapparaitre avant tel ou tel autre, voire de quel personnage serait plus copain avec quel autre … Un peu à la manière d’un Shonen, il faut bien l’avouer. On retrouvera donc avec (ou sans d’ailleurs) plaisir, les Arika, Natsuki, Shizuru, Haruka, Akane, Nao, Mai, Nina et consorts. Des filles presque devenues des objets fétiches … Car oui, il n’y a que des filles dans un Mai digne de ce nom. S’il y a un homme, il mourra ou sera vite inutile. Chez Sunrise, on est un peu sexiste mais dans l’autre sens.

Le format de l’OAV a été longuement discuté. Il en est ressorti qu’il a été utilisé pour mettre en avant un côté action orienté vers pas mal de combats. C’est bien joli tout ça, mais encore faut-il le réussir. Dans notre cas, le premier et dernier OAV semblent avoir respectés ce credo avec des combats plutôt intéressants, sans être vraiment fantastiques. Un affrontement final somme toute assez bien rendu, quoiqu’un peu incompréhensible (comme tout le reste, mais j’y viens). Avec un mélange aussi hétérogène de bonnes idées, où est le mal dans cet anime, me direz-vous ?

Eh bien le mal est partout, mais pire encore, le mal est fait. Et bien fait, qui plus est. J’en reviens à ma première constatation, celle de la «pseudo-suite». En réalité, Mai Otome Zwei est orphelin d’un scénario. Les séries antérieures ne brillaient certes pas par leurs rebondissements Hitchcockiens, mais elles étaient tout de même pourvues d’un scénario complet, un tant soit peu tordu et permettant de tenir le spectateur en attention. Dans Mai Otome Zwei, rien de tout cela. Le synopsis développé plus haut est un joli trompe-l’œil. Si les cinq premières minutes du premier OAV semblent construites et cohérentes, le reste l’est beaucoup moins. Des monstres géants attaquent partout dans le monde et un vilain monstre s’amuse à statufier toutes les gentilles Otome. Ça nous fait une belle jambe, tiens. Même Devil May Cry tient plus la route à ce niveau là (pourtant, il fallait bien racler le fond du fait-tout pour trouver quelque chose). C’est ce sentiment d’être complètement largué au milieu de nulle part qui plombe totalement l’anime. Du coup, on ne sait plus vraiment ce qu’on regarde. Le délai entre les sorties des OAV étant d’ailleurs de trois mois, je me rappelle avoir eu du mal à recoller tous les morceaux sans revoir brièvement jeté un coup d’œil à l’épisode précédant.

On en vient donc naturellement à se poser la question de l’utilité d’une telle suite. La fin de Mai Otome nous laissait sur un sentiment tout à fait logique d’une série terminée ; une situation finale qui se posait simplement, des gentils qui vivaient ensemble, des méchants en prison … Que demander de plus ? Eh bien Sunrise a dit NON. Ils n’en voulaient pas de cette fin. C’est bête ça, ce sont eux qui l’ont fait. Du coup, on nous sort une nouvelle série bidon, dont l’utilité première sera clairement de faire plaisir aux fans et surtout de renflouer les caisses de chez Sunrise avec la vente des DVD. C’est un peu léger tout de même. Du coup, le spectateur lambda se sentira quelque peu «lésé» à la fin des quatre OAV, se disant qu’il n’aura servi qu’à faire marcher le commerce du développeur et que cette histoire ne fait en rien avancer le schmilblick (oui, car le schmilblick est un œuf, et un œuf ça n’avance pas).

Cette inutilité se traduit encore plus au travers du contenu de l’anime. Le fameux spectateur lambda (qui décidément n’a pas de chance aujourd’hui) observe un peu décontenancé tous ces personnages évoluer en même temps (Shonen-like, encore une fois). On avait tellement de personnages en stock chez Sunrise, qu’on a voulu en virer certains. Du coup on a fait un méchant qui pétrifie, histoire de se débarrasser d’un perso par épisode. Mais cette situation est tout à fait malvenue, sachant que le fan sera triste de voir son héroïne préférée au tapis et que le spectateur lambda sera lui tout à fait agacé de l’inutilité chronique du personnage en question. Mais il y a pire encore. Comme chez Sunrise on ne recule devant rien pour mettre tout ce petit monde féminin en action, ils se sont dit «pourquoi ne pas créer un fan-service géant !» (c’est FireShot qui va être content). Qu’à cela ne tienne, créons donc cela. On se retrouve donc avec un troisième OAV complètement pourri par une moitié de fan-service quasi écœurant (je vous laisse imaginer un Onsen avec une quinzaine de filles en maillot de bains, ayant toutes entre 16 et 22 ans).

Côté combats, le soi-disant maître mot de l’anime, c’est un peu la soupe à la grimace. C’est très lent, mou et pour ainsi dire, pas intéressant pour deux sous. Le pire étant certainement que pour une série d’OAV «spécial combats» on en ait si peu à se mettre sous la dent. En moyenne un par épisode, sauf le premier et dernier. Ces deux là sauvent d’ailleurs assez bien la mise, tant les combats des épisodes 2 et 3 sont insipides. D’ailleurs, le rythme de l’animation en elle-même est assez lent, avec des dialogues interminables s’épanchant soit sur le scénario (donc forcément inutiles) soit sur des banalités affligeantes telles que le goût des ramens de Mai ou encore la pêche de la Reine Mashiro. Les combats se déroulent un peu toujours de la même façon, mais c’était déjà récurrent dans Mai Otome. Une petite séquence Materialize! pour les fans et une attaque un peu plus forte pour clore les débats. Au moins, on aura essayé de rendre le tout intéressant, c’est louable.

Pour finir cette critique en beauté, un petit coup de gueule à mes amis de Sunrise. Le manque d’innovation clairement affiché dans ces OAV est certes très appréciable pour les fans purs et durs, mais c’est aussi clairement un manque d’idées de la part du studio, et ça c’est plus grave. Ils pourront bien nous faire croire qu’il y a un lien de cause à effet entre le Kagutsuchi de Mai-HiME (le dragon de Mai, en l’occurrence) et celui de Zwei, mais je n’y crois pas trop, sachant qu’Otome se passe quelques siècles après HiME. Idem pour les personnages fourre-tout qu’on case ci et là histoire de ne pas les oublier. C’est le cas de Nao par exemple, qui aurait mérité bien mieux qu’une apparition éclair dans le troisième OAV et un combat rapidement emballé où cette dernière se fait de surcroit statufier. Quant à l’idée de faire revenir Nina, personnage tout à fait appréciable, au premier plan, voilà qui est également tout à fait louable. Mais son apparition est clairement ratée, presque stéréotypée ; elle arrive comme un cheveu sur la soupe, tout en passant du statut d’inutile à pratiquement héroïne. C’est un peu gros pour être vrai, mais ça ravira les fans encore une fois.
Je tairai le dénouement final, tant il est incompréhensible et bizarroïde. Au final, seuls le premier épisode et le combat final sauront donner un peu de baume au cœur du pauvre spectateur lambda, au bord du suicide après cette critique. Les deux épisodes centraux sont aussi pauvres en terme de scénario, de combats et tout simplement d’intérêt qu’un bon HS de Naruto ; c’est dire si on touche le fond. Sunrise aura parfaitement réussi son coup marketing de nous faire un Shonen-Mai pour les fans. Finalement, il n’y aura bien qu’eux qui pourront apprécier, d’autant plus que le studio nous prépare un nouvel épisode d’Otome, retraçant la vie de la mère d’Arika. Espérons que le scénariste ne sera pas parti en vacances cette fois-là.

De bonnes idées accumulées font souvent un bon résultat. Encore faut-il y avoir une base sur laquelle s’appuyer. Malheureusement, Mai Otome Zwei ne se sert pas des qualités principales de son prédécesseur, préférant aller à l’essentiel mais au final, en oubliant complètement celui-ci : la gestion appropriée des personnages et un scénario béton. C’est bien dommage, il y avait de quoi faire tellement mieux.

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