Attention, nous cherchons un héros de jeux vidéo. Indice chez vous. Top ! Je suis un Scientifique de mérite, capable de comprendre la théorie des cordes de mon lobe gauche et de démontrer le théorème de Fermat de mon lobe droit. Héros multi-casquettes, je suis preste, quand il le faut, d’user de mon physique avantageux et de mes connaissances diverses en armements militaires variés allant du pied de biche au pistolet anti-grav. Affecté en 1998 à la base secrète de recherche Black Mesa, je cherche depuis un moyen de sauver l’humanité d’une confédération extraterrestres qui veut la réduire en esclavage. J’ai un faible pour la jeune Alyx Vance et ça a l’air d’être réciproque… Je suis ? Je suis ? …. Tuudong.

Heu… Papy, c’était facile, je suis Gordon Freeman ! Après un an et demi d’attente, nous retrouvons notre valeureux déchiqueteur de crabes de tête dans la suite de ses aventures contre l’affreux Cartel et son armée de Striders surpuissants. Un an et demi qui s’est très vite écoulé, puisque l’on retrouve notre couple de héros quelques minutes après la fin de Episode One juste après l’explosion de la Citadelle. En dehors de City 17, ils doivent maintenant rejoindre la base rebelle de Black Forest pour délivrer des informations importantes sur l’arrivée imminente de nouvelles troupes du Cartel. On peut dire que le mode de narration adopté par Valve dans leur « saga » Half Life 2 est sujet à moultes discussions : d’un côté, les sceptiques qui crient au non-scénario, arguant que Valve a tendance à créer plus d’intrigues qu’à résoudre celles déjà mises en place depuis 9 ans. Et d’un autre, les gens biens, comme moi donc, qui pensent que le mystère perpétuel qui plane autour de notre héros est relatif aux années qu’il a passé en stase. Si vous restiez dans le coma pendant 7 ans, qui trouveriez-vous pour vous expliquer dans les détails ce qui s’est passé durant votre long sommeil, surtout si les « détails » en question sont la fin de l’humanité et la dégradation artificielle du climat de notre belle planète bleue ? A la différence de Half Life 2, où l’on comprenait l’univers dans lequel on évoluait grâce à de rares indices disséminés dans l’aventure, les développeurs ont choisi dans cet épisode de relancer l’intrigue avec de courtes scènes en vue subjective à l’intensité forte et magnifiquement mises en scène. Episode Two recèle donc de moments intenses relançant les théories les plus folles sur les motivations, entre autres, du mystérieux G-mam et des vortigaunts ou encore du rôle que jouent les monstrueux conseillers dans l’organigramme complexe du Cartel. Pour cela, l’add-on est de loin supérieur à son prédécesseur qui n’était qu’une suite de niveaux prétextes à prolonger un peu plus HL².

On retrouve le gameplay exemplaire de Half Life 2, référence du genre. Le gravity-gun reprend du service et il est toujours aussi jouissif de balancer un radiateur ou un bidon d’essence sur un groupe de soldats surarmés. Comme dans Episode One, la même panoplie militaire très bien équilibrée est présente, allant du simple pistolet au lance-roquettes à visée laser en passant par l’indétrônable magnum 747 et sa puissance légendaire. On peut regretter l’absence de nouvel arsenal, mais toutes les armes étant plaisantes à jouer, l’ajout d’un nouvel équipement qui, au final, ne serait pas utilisé par le joueur aurait été superflu, nonobstant que l’on trouve quand même une pseudo-nouvelle arme vers la fin de l’aventure. Autre grand come-back : la voiture fait son grand retour après son absence dans Episode One. La conduite est plaisante et dynamique, mais demande quand même un petit temps d’adaptation pour qui ne s’est jamais essayé au bitume crevassé de HL². La phase en véhicule se veut par contre beaucoup plus intéressante et intense, car les développeurs ont voulu dans ce deuxième add-on ouvrir les espaces et proposer une aventure un peu moins couloir que leur opus précédent.

En ce qui concerne le coté technique, le moteur Source fait un excellent travail malgré son âge. Bien qu’à des années-lumière du rendu des jeux « nouvelle génération » tel Bioshock ou Crysis, il a le mérite d’offrir des environnements riches et des effets magnifiques, le tout sans demander un Platinium quadri-cœur et une double J-force 25300 Ultra GX Max. Le joueur à la configuration modeste pourra sans aucun problème profiter du jeu avec un niveau de qualité proche du maximum. Les animations faciales sont toujours impressionnantes de réalisme et il est étonnant de voir la joie, la peur, la rage et même l’amour apparaître sur les traits d’Alyx au fur et à mesure des événements. Un mot sur la partie sonore : les musiques électroniques qui savent être discrètes la plupart du temps, rythment à merveille les séquences de jeu les plus intenses.

En conclusion, Episode Two est une très bonne suite à l’expérience HL². Les niveaux s’enchaînent sans temps morts et sans répétition. Contrairement à son prédécesseur, cet add-on brille par un regain d’intensité scénaristique mais souffre toujours des mêmes défauts qui sont le manque de nouveautés en ce qui concerne le gameplay et une durée de vie discutable bien que plus importante que l’Episode One. Ce jeu reste quand même un bon investissement pour les fans, surtout compris dans son pack attractif contenant l’efficace Team Fortress 2 et l’innovant Portal. Pour finir, espérons que Valve mette moins d’un an et demi pour nous livrer la fin (ou pas) des aventures de notre musclé scientifique à lunettes.

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