Si je vous ai réunis aujourd’hui devant votre écran d’ordinateur mes chers lecteurs, c’est pour vous parler d’un jeu qui me tient à cœur. D’un jeu qui malgré les années n’a pas pris une seule ride. Un pavé, une tombe dans le parc vidéoludique des merveilles du jeu vidéo (bon y a Final Fantasy VII, il fait chier, il prend toute la place) que je vous propose de (re)découvrir ce soir. Ce jeu fabuleux qui me bouleversa, c’est Castlevania : Symphony Of The Night. Jeu mythique qui marqua toute une génération de joueurs. Se passant 5 ans après Rondo Of Blood, le jeu permet d’incarner Alucard le fils de Dracula qui s’est réveillé de son sommeil supposé éternel et doit voir ce qui se passe dans Castlevania : le château de Dracula.

Sorti en 1997 sur Playstation, Castlevania : Symphony Of The Night marqua un tournant ainsi qu’un renouveau dans la série, tous les opus suivants en ont d’ailleurs repris le principe. En effet Symphony Of The Night est tellement culte qu’il a été réédité sur le PlayStation Network (US uniquement), le X-Box Live Arcade et a même été rajouté comme « bonus » dans The Dracula X Chronicle. A l’origine, Castlevania est une série de jeux d’action où chaque jeu n’était qu’une succession de niveaux assez linéaires, avec quelques rares embranchements (dans Rondo of Blood par exemple, pour ceux qui suivent). La seule subtilité du gameplay provenant de l’existence d’armes secondaires.

Cependant pour ce nouvel opus c’est Koji Igarashi qui fut aux commandes (avec Ayami Kojima) et il décida d’implanter de nouveaux mécanismes dans la série des Castlevania. Castlevania : Symphony Of The Night introduit en effet la notion d’exploration. Le joueur est donc lâché dans Castlevania, le château de Dracula, symbole de toute la série. En effet l’apparition de Castlevania est toujours la première manifestation de la résurrection de Dracula. Les pièces se succèdent les unes après les autres selon une architecture démentielle. L’inspiration provient sans conteste de la série des Metroid où Samus explore une planète hostile à l’architecture aussi alambiquée. De même, Castlevania : Symphony Of The Night introduit dans la série un système de reliques qui octroient des pouvoirs à Alucard, telle la combinaison de Samus. Le nombre de pouvoirs est déjà très important : double saut, métamorphoses en loup et autres joyeuseries qui permettront de nous enfoncer encore plus loin dans le château de Dracula. Bien sûr, le jeu garde ce qui a toujours fait la renommée des Castlevania : un gameplay action très nerveux et précis ainsi que de nombreux ennemis qui pullulent dans les salles et qui nécessitent des techniques appropriées.

Mais Castlevania : Symphony Of The Night a également introduit un grand nombre d’idées qui l’ont rendu unique. En effet et contrairement à tous les Metroid, cet opus inclut un système d’expérience tout droit tiré d’un RPG, Alucard gagne de l’XP en tuant des monstres et ses capacités (HP, MP, For, Dex, Mag et Luck) augmentent à chaque niveau. De même, il y a une gestion de l’équipement très poussée avec nombre d’armes, armures, boucliers et accessoires qui permettent de rendre Alucard de plus en plus puissant. A cela s’ajoute aussi la présence de sorts à déclencher avec une combinaison de touches, les familiers qui vous aident durant les combats, les armes à usage unique et les sempiternelles armes secondaires qui demandent l’utilisation de cœurs. On obtient alors une richesse de gameplay absolument incroyable et chaque joueur pourra choisir ses armes préférées.

Ensuite, par rapport à ses prédécesseurs Castlevania : Symphony Of The Night transcende l’histoire et l’ambiance. Tout d’abord pour la première fois dans un Castlevania, l’histoire est passionnante. Pas vraiment au niveau de l’intrigue générale, mais plutôt grâce à ses personnages inoubliables. Déjà on ne contrôle pas un Belmont pour une fois mais Alucard, le fils de Dracula et d’une humaine (Lisa)!! Rien que ça !! Le personnage d’Alucard est donc délicieusement torturé et également sublimé par le design extraordinaire d’Ayami Kojima (rien à voir avec Hideo). Un des personnages les plus classes de toute l’histoire du jeu vidéo. Il est incroyablement beau, possède des pouvoirs immenses et un passé torturé : sa mère a été brulée vive par les humains qui la prenaient pour une sorcière, mais il doit combattre son propre père qui veut anéantir l’humanité pour ce qu’elle a fait. Il dégage également une aura magnifique à chacune de ses répliques que l’on croirait tirée d’une pièce de Shakespeare, mais aussi dans chacun de ses mouvements.

L’ambiance mérite également que l’on s’y attarde tellement elle est peaufinée à l’extrême. Chacune des zones du château de Dracula bénéficie d’une ambiance différente, soutenue par des musiques excellentes de Michiru Yamane et un détail des décors fabuleux. Certains endroits sont angoissants, d’autres reflètent l’héroïsme d’Alucard, d’autres donnent l’impression d’être arrivé dans un monde merveilleux. Vraiment extraordinaire et magnifiquement bien trouvé pour Castlevania où chaque pièce est un univers différent.

J’ai évoqué précédemment les décors très détaillés et les déplacements de Alucard. A part une CG d’intro et de fin en images de synthèse et certains effets 3D, l’ensemble du jeu est en 2D. Contrairement aux opus N64, où Konami a eu la stupide idée de passer à la 3D, Castlevania : Symphony Of The Night est entièrement en 2D pour le plus grand plaisir de nos pupilles. Les sprites, les animations, les effets de distorsions sont sublimes, et même aujourd’hui le jeu n’a pas perdu une once de son charme.

Seule la durée de vie fait triste mine, en effet moins de 10 heures sont requises pour finir le jeu à 100%. Pourtant le château n’est pas petit et je prends toujours plaisir à me déplacer dedans, quelle que soit la raison.

Après cet article dithyrambique vous aurez surement compris mon message : Castlevania : Symphony Of The Night est un chef d’œuvre absolument intemporel à jouer et rejouer. Son histoire, sa profondeur de gameplay et la classe d’Alucard en font une merveille. Le tout servi par des graphismes en 2D indémodables. Et je pourrais encore parler pendant des heures des boss immenses, des phases de dialogues cultes avec des voix digitalisées (rare à l’époque), des ennemis cultes, des salles cachées…. mais stop ! Ce jeu est une merveille, croyez moi.

Les commentaires ne sont plus admis.