Où qu’elle aille, Sora Kajiwara transporte son carnet à dessins avec elle et croque ce qui lui tombe sous la main. Une sorte de substitut d’appareil photo. Et quand on lui demande pourquoi elle n’utilise pas d’appareil photo, elle se dit simplement que ce n’est pas son truc.

Sketchbook ~full color‘S~ pourrait en décevoir beaucoup, du fait d’une certaine absence d’action. Cette série fait en effet preuve d’un manque de vitalité indubitable malgré l’alternance des scènes posées, où l’on dessine ou se promène, avec les scènes d’action ou rigolotes, où l’on fait parfois n’importe quoi. Les personnages qui entourent l’héroïne sont heureusement très animés et c’est grâce à ce contraste de caractères que peut ressortir entre autres sa discrétion.

La série tourne donc autour de ce personnage des plus timides et du petit club d’art où elle a appris à s’extérioriser petit à petit. Sora reste cependant très réservée et ne parle toujours que rarement, et quand on entend sa voix, c’est souvent pour un monologue intérieur ou un commentaire à la troisième personne. Merci d’ailleurs à Kana Hanazawa (Mushi-Uta, Zegapain) et sa petite voix pour mettre en valeur cette jeune et innocente personne qui ne prononce en public que des phrases d’un mot ou des interjections du type « oui », « ah », ou « hum ». Malgré ce mutisme pire que le mien au téléphone, nous trouverons encore de l’intérêt à la série du fait que l’absence de jugement de notre chère Sora puisse permettre au spectateur de forger sa propre opinion sur les évènements.

Au niveau graphique, Sketchbook ~full color’S~ s’est voulu plutôt coloré. Les dessins, tantôt sérieux, tantôt mignons à mourir, donnent à la série le tonus qu’il faut pour ne pas tomber dans la ternissure. Le character design, quoique relativement classique, reste intéressant : il est l’un des rares de la saison à ne pas proposer de lolitas stupides à gros seins (dommage khyos) ou de beaux ténébreux asociaux (faudra qu’on cherche ailleurs Gogote).

Il ne manquait plus que les jolies musiques pour passer un bon petit moment, et c’est ainsi que les épisodes furent ponctués de mélodies douces et agréables, presque touchantes. L’opening en est un très bon exemple et reprend à lui seul le principal de la série : la simplicité, le calme, limite la relaxation, et ce, ponctué de vidéos attendrissantes.

Mesdames, messieurs, pour apprécier cette série, il suffit de s’abstenir de s’attendre à quelque chose de grandiose, plein d’action et de fous rires. Contentez-vous de suivre le quotidien et les petites mésaventures de Sora et ses amis (et aussi des chats de son quartier) et laissez-vous bercer. Sans vous endormir. Ça devrait bien se passer.

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