Kuzumi Taiga est un lycéen pas content. Recalé à l’examen d’entrée de Seinagi à cause d’une fille qui après s’être ouvertement moquée de lui, l’a fait littéralement craquer au point qu’il ne se souvient plus du tout de la fin de l’entretien, il compte bien la retrouver et lui en dire deux mots. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a été recalé pour une raison bien différente : en effet Seinagi est en réalité une école de magie qui n’enseigne qu’aux élèves ayant des prédispositions en la matière. Mais avec un peu de force brute, une touche de culot et pas mal de chance, Taiga va réussir à intégrer l’école. Le tout maintenant est de réussir à survivre quand on est le seul étudiant sans pouvoir dans un lieu où chacun en possède un…

MxZero est une série récente qui paraît dans le Weekly Shonen Jump, magazine de prépublication le plus vendu du genre au Japon grâce à des shonens à gros succès tels que Dragon Ball, One Piece ou Naruto. A défaut d’être un gage de qualité (qui a dit To Love-Ru ?), ce moyen de parution est au moins un symbole de popularité. Avec son pitch ressemblant à un cross-over entre Negima et Harry Potter, MxZero est une série bien difficile à classer dans un genre précis. Action ? Comédie ? Romantique ? Et bien un peu tout cela à la fois, tout dépend du chapitre. Et le meilleur au final, c’est que dans chaque genre, le manga est une petite réussite.

Au niveau de l’action, on peut dire que Yasuhiro Kano prône la diversité des situations. Examens de mise en pratique très originaux, compétitions entre les classes façon épreuve de survie, ou affrontements tactiques, bref on ne s’ennuie jamais à Seinagi. On est loin du shonen bête et méchant qui se contente d’enchaîner les combats et autres tournois, ici l’auteur fait preuve d’une imagination débordante pour renouveler sans cesse le contexte qui mettra à l’épreuve le pauvre Taiga. Quelques chapitres à but comique parsèment en outre le manga, afin de faire retomber la tension de temps à autre. L’humour employé n’est certes pas toujours d’un niveau bien élevé, mais au moins on ne tombe pas dans le gras façon fan-service à la Ken Akamatsu. Et puisqu’on en parle, je salue l’effort du mangaka afin de limiter au minimum ce fameux fan-service présent dans toute comédie romantique qui se respecte. C’est bien simple : ce doit être le seul manga qui contient une scène où un gars entre dans la douche des filles pendant qu’elles l’utilisent… et ne voit absolument rien (et nous non plus par la même occasion). Joli pied de nez aux poncifs du genre. Enfin, une légère trame romantique est aussi présente, de par l’attirance apparemment réciproque entre Taiga et Aika. Ils forment un couple aux dynamiques assez intéressantes à suivre, même si c’est loin d’être l’intérêt principal de la série.

En revanche, un des intérêts est la belle panoplie de personnage que nous offre l’auteur. A commencer par son héros, j’ai nommé : Kuzumi Taiga. Voilà un personnage principal qui fait plaisir à suivre. Il est à la fois bourrin et fonceur, mais aussi capable d’élaborer des jolies stratégies, bluffeur, ne se laisse pas marcher sur les pieds, a du répondant, bref c’est pas une lopette. De plus il a beau être très fort en baston physique, il est quasiment toujours en désavantage face à ses adversaires étant donné qu’il est le seul à ne pas pouvoir utiliser de sort magique, ce qui va l’obliger à user et abuser de tactiques tordues et autres bluffs afin de s’en sortir. Et je dois dire que c’est toujours un plaisir de le voir à chaque fois paniquer mentalement devant la situation apparemment insurmontable pour finalement s’en sortir la tête haute (enfin, pas à tous les coups). Un héros de qualité donc, et les personnages secondaires, même s’ils sont loin d’être aussi développés que Taiga, sont aussi fort sympathiques et intéressants. Par exemple le trio de filles Aika/Michiko/Kumi qui sont dans la même équipe que le héros et qui montrent qu’on peut être un personnage féminin dans un shonen sans être pour autant une potiche (bon par contre on oubliera le cinquième membre : Issé, qui sert juste à faire le pervers de service), ou encore Satoshi et le président du comité d’exécution Nagai.

Côté graphisme, c’est très soigné et agréable à l’œil même si ce n’est pas non plus soufflant de beauté, et le chara design est plutôt bon et diversifié. Aika est vraiment trop mimi et risque de faire craquer plus d’un lecteur. L’action est en outre fluide et le trait suffisamment dynamique pour que les scènes d’action soient intenses.

Tonkam, puisque c’est la maison d’édition qui a eu la bonne idée de publier ce manga en France, nous livre une adaptation globalement de qualité. La traduction est tout bonnement excellente, ainsi que l’adaptation graphique. Si j’étais vraiment pointilleux, je noterais que les quelques jeux de mots qui parsèment le tome 1 ne sont vraiment pas drôles du tout, mais il faut dire que ce genre d’expression qui n’a du sens que dans la langue d’origine est vraiment une prise de tête à traduire, et je doute que moi-même j’aurais pu trouver mieux. Le seul point noir à noter se situe au niveau des couvertures, qui sont au mieux passable (celle du tome 2), au pire horrible (celle du tome 1). Pourquoi diable ne pas avoir conservé les couvertures originales qui étaient tout à fait convenables ? On se retrouve du coup avec des fonds uniformes façon photoshop pourrave, et l’illustration du tome 1 est tout simplement hideuse et ferait croire au badaud que MxZero est un mauvais clone de Yu gi oh ! Dommage, sans cela c’était un sans faute de la part de Tonkam.

En tout cas toi, lecteur du J-Truc, tu es maintenant au courant que MxZero n’est non seulement pas un manga sur un jeu de cartes, mais est aussi une série fort sympathique, pleine d’action et d’humour. Elle souffle comme un véritable vent de fraîcheur parmi la masse de séries publiées dans le Weekly Shonen Jump (avec Sket Dance dont je reparlerai certainement dans un futur article), et si j’osais, j’avancerais que c’est tout simplement mon coup de cœur manga de l’année 2007.

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