Quand Echizen Ryoma débarque au collège Seigaku, réputé pour son club de tennis de haut niveau, ça fait mal. A peine entré que ce petit prodige éjecte l’un des membres titulaires lors d’un tournoi et gagne sa place parmi l’équipe officielle ! Ensemble ils vont devoir maintenant affronter de nombreuses équipes collégiennes afin d’espérer au final remporter le tournoi national cette année…

Désolé, ce n’était pas mon meilleur synopsis, mais il faut bien avouer qu’à part des matchs de tennis, il ne se passe rien d’autre dans ce manga. Les personnages, même principaux, ont un background fort peu développé, voire même pas du tout développé pour certains, et l’intrigue se résume à enchaîner les tournois. Bref voilà un manga qui n’a pas volé son nom au moins, ici c’est du tennis et absolument rien d’autre. Enfin euh… si on oublie les piètres tentatives de chapitres comiques que tente l’auteur, mais qui tombent la plupart du temps à l’eau. De toute façon, passé un certain stade, ce sont plutôt les matchs en eux-mêmes qui deviennent drôles, mais j’y reviendrai.

Commençons tout de suite par le point fort du manga : les personnages. Ils sont nombreux, diversifiés, et à défaut d’avoir un bon background, sont plutôt classes dans leur design. Chaque lecteur pourra donc se choisir ses chouchous aisément, de Fuji le génie à Kikumaru l’acrobate en passant par Tezuka le capitaine qui ne sourit jamais. Un mot sur le héros, Echizen donc, qui est un cas assez ambigu. Autant c’est assez jouissif d’avoir pour une fois un héros qui dès le premier tome du manga, est surpuissant face aux autres ; autant il est tellement inexpressif et apathique en dehors des matchs qu’il est difficile de s’attacher à lui. Il pourra même en énerver certains de par son attitude toujours identique de tome en tome, et ce jusqu’au bout de la série.

Mais parlons plutôt des matchs, puisqu’ils constituent 90% des cases du manga (les 10% restant étant consacrés à montrer les autres personnages faisant « Oh incroyable ! D’où sort-il cette technique ? » ou autre « Le voilà ! Ryoma sort son Drive B ! »). Ces matchs sont intenses, contiennent moult rebondissements, et l’issue n’est jamais certaine. Le problème, c’est que ces rebondissements sont super clichés. Un joueur est mené largement au score et c’est balle de match ? Qu’à cela ne tienne, il va sortir une nouvelle technique secrète qu’il avait gardé en réserve jusqu’à la dernière balle et qui va lui permettre de remonter au score. Ce n’est qu’un exemple, mais je ne compte plus le nombre de matchs qui suivent cette règle dans Prince du Tennis. Autre problème, comme un match de tennis c’est long et c’est chaud à faire rentrer en quelques chapitres, le mangaka se contente de détailler une balle ou deux, et use et abuse ensuite des ellipses temporelles pour se concentrer sur les « points clés ». Changements parfois assez abrupts, et il n’est pas rare qu’une fois le gros retournement de situation passé, on soit à la case suivante à la fin du match en ayant allégrement sauté 3 ou 4 jeux. Je veux bien croire qu’il serait fastidieux et peu intéressant de tout montrer, mais pour le coup ça donne plutôt l’impression que le mangaka fait dans la facilité.

Au niveau du réalisme, on s’approche du néant au fur et à mesure que l’on progresse dans la série. Si au début les coups spéciaux sont gentiment farfelus mais juste une exagération de techniques existantes, une fois passé la vingtaine de tomes on nage carrément dans le surréaliste. Les joueurs sortent des auras de leurs corps, ont la puissance de deux bulldozers, et sortent trois nouvelles techniques encore plus incroyables à chaque nouveau match. Et le pire dans tout ça, c’est que tout se passe dans le plus grand sérieux possible : aucun délire, tous les personnages posent et se lancent des répliques classes. Bref pas la moindre once d’auto dérision qui viendrait nous faire croire que le mangaka est conscient que ce qu’il dessine ne ressemble plus vraiment à un match de tennis, mais à un combat entre deux super-guerriers. C’est effrayant. Ah, et dernier point qui fait encore plus peur et qui achève définitivement toute tentative de se raccrocher à la réalité : tous les personnages sont sensés être des collégiens. Oui, même Tezuka qui a l’air d’avoir facilement la vingtaine, et bien il est en 3eme. Après avoir frisé le ridicule, nous voilà en train de lui faire des couettes.

Et pourtant, malgré le fait que PdT soit blindé de défauts et inférieur à de nombreux autres mangas de sport, c’est un manga qui a connu un succès assez fulgurant au Japon. En partie grâce à son adaptation en anime, qui a tellement cartonné qu’elle a engendré plusieurs comédies musicales. Je m’autorise d’ailleurs un léger HS pour parler de l’anime puisque c’est lui qui m’a fait aimer cette série à la base. Assez fidèle dans le déroulement des matchs (tout du moins au début), l’interêt principal de cette adaptation est que contrairement au manga, elle ne se prend pas du tout au sérieux. En effet, l’anime est blindé d’épisodes comiques tournant en dérision les personnages ou leurs coups spéciaux de manière bien fun, et gommant ainsi un des défauts principaux. Le seul problème étant qu’une fois la soixantaine d’épisodes passée, l’anime a commencé à broder et à être de moins en moins fidèle au manga tout en baissant la qualité cresendo, pour finir sur des histoires complètement hors-sujet et hallucinantes de médiocrité. Encore un beau gâchis.

Terminons sur mon paragraphe habituel sur l’adaptation française, ici proposée par Kana. Rien à signaler sur l’adaptation graphique, tout est niquel de la couverture aux textes entre les chapitres, et comme dans la plupart des mangas Kana, on a droit à de petits articles en fin de tome sur par exemple le tennis ou encore la réception de la série au Japon. Par contre, la traduction me semble peu fluide et parfois un peu à côté de la plaque dans les registres employés. Bon ceci étant dit, les dialogues on s’en cogne royalement dans PdT. J’ai d’ailleurs rarement vu un manga qui se lisait aussi vite.

Le portrait que j’ai dressé n’est pas bien glorieux, c’est là la parole d’un ex-fan un peu déçu par la tournure qu’a pris le manga (et aussi l’anime). Malgré tout je conserve une certaine tendresse pour ce titre qui m’a bien accroché et fait rire à une époque, mais à force de tirer sur la corde et de surenchérir dans le surréaliste et les retournements de situations bidons, la magie finit par ne plus opérer, et les lecteurs japonais ne s’y sont pas trompés non plus puisque depuis une dizaine de tomes les ventes ont considérablement baissé.

Pas de réponse à “Prince du Tennis”
  1. adel06boss dit :

    b1 moi j\’ai bien aimé mais dommages qu\’il n\’ai pas continué!
    C vraiment dommages parce que c\’etait un mangas qui surpassait toutes mes attentes voila moi a partir de ca je n\’ai aucune critique a faire!!!

  2.