Si vous ne supportez pas la politique actuelle des grands éditeurs à produire des titres « grand public » où challenge, durée de vie et difficulté sont absents au profit de jeux qui se torchent en seulement quelques heures. Si vous ne jurez que par le old-school et que Super Nintendo, Megadrive et Neo-Geo trônent encore devant votre TV. Si vous êtes prêts à claquer huit euros dans un jeu Virtual Console parce que c’était mieux avant, alors ne vous en faîtes pas, Konami a pensé à vous. Avec Contra 4, il tente de renouer avec ces gameplay, sprites et difficultés qui faisaient notre bonheur dans le début des années 90.

Contra 3 sur Super Nes était surement l’un des meilleurs jeux d’action de l’époque 16 bit. Renommé dans nos contrées «Super Probotector : Alien Rebels», sa réalisation, son action non stop et son gameplay efficace font toujours de lui une référence des jeux d’actions 2D avec Turrican de factor 5 et la série Metal Slug de SNK. Après des essais full 3D pittoresques mais pas vraiment réussis sur Playstation, Contra est revenu avec deux épisodes moyens sur PS2 proposant une 3D vue de profil plutôt réussie. Mais Konami a choisi de donner le numéro 4 à cette mouture Nintendo DS, tant elle revient aux sources de la série avec ses références directes à la réalisation et au gameplay du mythique épisode 16bit.

Le principe du jeu est simple : vous contrôlez un marine qui n’a peur de rien et entraîné à shooter de l’alien et autres bad guys depuis maintenant trois épisodes. Il suffit de traverser les niveaux en évitant pièges et boulettes ennemies jusqu’à atteindre un boss, la plupart du temps complètement titanesque, qu’il vous faut détruire. Pour cela, vous disposez de tout un attirail militaire composé de différentes armes ayant chacune leurs utilités propres. Le joueur peut alterner entre deux différentes en appuyant sur le bouton L, l’arme équipée étant perdue en cas de mort prématuré. De plus, ces jolis joujoux sont upgradables en ramassant des bonus de même type et ce jusqu’à trois fois. Un des grands points de la stratégie du jeu étant de gérer son matériel, ce qui n’est pas forcement facile quand on sait que les bonus ne sont pas légion dans certains niveaux. Le marine possède aussi dans son arsenal un grappin, nouveauté de cet épisode, qui permettra de faire grimpette à la verticale. Cet accessoire est d’autant plus bienvenu sur la console à double écran tant les niveaux s’étendront autant traditionnellement horizontalement que verticalement. Tout comme son illustre ancêtre, Contra 4 est doté d’un rythme diablement efficace, l’action ne souffrant d\’aucun temps mort et les situations étant continuellement renouvelées. On trouvera dans ce titre des phases de shoot pur, des phases de plate-forme bien ficelées, des boss absolument gigantesques, des phases en véhicule aquatique ou aérien et même des phases en simili-3D isométrique où l’action prendra place sur plusieurs plans. En fin de compte, le joueur n’a pas le temps de s’ennuyer.

Contra 4 est aussi un jeu extrêmement difficile qui rappelle cette époque où l’on jouait pour le score et non pour la fin du jeu, même si pour le coup, la voir nécessitera au joueur lambda un bon petit moment. Heureusement, les développeurs ont pensé à tout. Ainsi en finissant le jeu en mode facile (abordable mais pas trivial), on débloquera le mode challenge composé de petites missions courtes où il faudra par exemple tuer un boss avec un type d’arme précis ou finir un niveau sans toucher aucun otage, ces derniers qui auront la bonne idée d’apparaître fortuitement au court de la mission. Ce mode, s’il est agréable et rafraichissant, permettra surtout au joueur d’acquérir les automatismes nécessaires pour venir à bout du mode normal voire hard si vous souhaitez vous la péter en société. Bref, tout ici est question d’entraînement et de progression pour venir à bout d’un titre qui saura vous titiller, vous faire maudire vos mamans et balancer des Sixaxis (oui, car quitte à balancer des manettes, balançons des Sixaxis).

En ce qui concerne la réalisation, Contra 4 est à l’image de son gameplay. On baigne dans des sprites old-school plus qu’agréables et tout est fait pour nous rappeler les épisodes des années 90. Je vous rassure tout de suite, Konami a su profiter de la puissance relative de la console phénomène de Nintendo, ainsi les deux écrans sont bien exploités par le biais de scènes tout en hauteur (phase de la fusée, déjà culte !) ou de boss magnifiques s’étalant, presque tous, sur l’ensemble de la surface affichable. Question audio les musiques sont plaisantes et les bruitages d’époque à la fois kitch et satisfaisants. Un mode bonus permettra de découvrir les différents épisodes de la saga ou de visionner (si on les déverrouille) des comics accompagnant la sortie des jeux à l’époque dans une section musée. Autre bonus déblocable, le joueur pourra profiter des deux premiers épisodes de la saga dans leur intégralité ou encore jouer avec des personnages secrets. Comme son illustre prédécesseur, Contra 4 est jouable à deux en coopération via wifi pour partager cette expérience d’un autre temps.

Contra 4 respecte donc son contrat (il fallait que je la place !) et nous propose une expérience à la fois old-school et rafraîchissante sur une console paradoxalement adulée par un public casual adepte des Programme d’Entraînement Cérébral et autres Nintendogs. Un public qui aura un peu de mal à se mettre à un jeu où le fun procuré, aussi jouissif soit-il, passe par la frustration et la répétition. Jeu d’une autre époque, on espère en tout cas que Konami aura la bonne idée de le sortir sur notre vieux continent, histoire que le public en question ait au moins la chance de le découvrir.

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