Il était une fois, et vous avouerez que c’est une façon originale de commencer un test de jeu-vidéo. Le traditionnel « il était une fois » étant souvent réservé aux contes de fées ou autres fables fantasmagoriques. Alliant combats chevaleresques, aventures riches en péripéties et paysages aussi envoutants que hallucinogènes, ce type d’écrit, et vous en conviendrez, n’a rien de commun avec cet exercice, peu noble, qui consiste à écrire une ébauche de pseudo-critique semi-objective à propos d’un média aussi mineur que le jeu vidéo. Ceci dit je m’autorise, ici, exceptionnellement, et je l’espère avec votre accord, le droit de commencer mon essai, sans prétention aucune, par cette formule qui pourrait paraitre, pour les raisons évoquées plus haut, déplacée, voir outrancière. Ainsi, il était une fois un jeune pirate nommé Zack et son fidèle primate doré : Wiki. Et hop, voilà pour l’intro.

Zack & Wiki donc, ont comme rêve et désir suprême de trouver le plus grand trésor de tous les temps qui, comme indiqué sur la jaquette du jeu, appartient au légendaire pirate Barbaros. Il se trouve que ce dernier est mort, et oui paix à son âme, et que sur le coup d’une malédiction, son corps a été transformé en moult trésors éparpillés dans des coffres hantés eux-mêmes dispersés aux quatre coins du monde. Voila les bases du scénario minimaliste de ce Zack & Wiki, les héros devant logiquement traverser une trentaine de niveaux pour retrouver chaque trésor, sans compter sur l’aide de la méchante de service, le Capitaine Rose, et sa bande de mini-grunts dégénérés.

Pour la pratique, dans chaque niveau se trouve un coffre et c’est au joueur de faire marcher ses méninges pour y accéder et ainsi libérer une des pièces de Barbaros. Il s’agit ici d’un point and click traditionnel comme il en pleuvait sur les étalages des dealers de drogues virtuelles des années 90 (Monkey Island, Day of the Tentacle ou plus récemment la série des Runaway pour n’en citer que quelques uns). Ainsi, tous les mouvements s’effectuent avec le pointeur infra rouge de la wiimote. Les énigmes, très simples dans les premiers niveaux, deviennent de plus en plus retorses durant la progression. Capcom a parfaitement pensé à intégrer la wiimote au gameplay en permettant toutes sortes de manipulations. On pourra donc couper, pousser, saisir, taper, balancer, tourner, retourner la manette hype Nintendo pour voir ses mouvements qui sont, pour une fois il faut le signaler, bien retranscris à l’écran et ainsi manipuler plusieurs objets. A noter l’absence totale d’un inventaire, les objets non utilisés griseront lamentablement seuls et à l’abandon sur le sol. Même si cela ne pose aucun problème pour les quêtes les plus simples (et donc les plus linaires), ça devient tout de même un peu casse pieds dans les niveaux complexes tant les allers-retours d’un objet à un autre deviennent fréquents. Heureusement, les niveaux ne sont jamais gigantesques et cela amoindrit la relative frustration du joueur. On prend donc grand plaisir à parcourir les différents environnements en essayant diverses solutions pour finalement réussir avec le petit sourire d’autosatisfaction du travail bien accompli sur le visage.

Zack & Wiki est un très beau jeu, il est sans conteste un des plus beau de la dernière née de Nintendo au coté de Super Mario Galaxy et de Metroid Prime 3. Coloré, dépaysant et peaufiné à l’extrême, Capcom signe là un jeu propre qui change des wiimakes bâclés dont on a l’habitude sur Wii. Le design et l’animation sont de très bonne qualité eux aussi, le côté manga des graphismes fait mouche immédiatement et les cinématiques feront sourire les amateurs de japanimation. On pourra seulement reprocher au jeu quelques animations redondantes, par exemple lorsque Zack ouvre un coffre, car l’animation à beau être de qualité, on aurait aimé la voir changer à chaque fois. Côté son c’est aussi un sans faute, les musiques sont discrètes mais sympathiques et les bruitages de qualité.

Zack & wiki est donc une agréable surprise et l’un des tous premiers jeux de qualité d’un éditeur tiers sur Nintendo Wii. Reprenant le concept du jeu d’aventure point and click, il innove grâce à la maniabilité à la wiimote agréable et bien pensée. L’enrobage graphique à base de persos colorés typés manga et d’animations soignées font de ce jeu une expérience satisfaisante qui tiendra en haleine le joueur lambda une bonne quinzaine d’heures, ou plus s’il a perdu beaucoup de neurones en fragant sur CS ou en jouant au foot par exemple.

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