Présenté comme un killer ap, Assassin’s Creed a suscité beaucoup d’impatience auprès des gamers du monde entier. Imaginez ! Une liberté totale dans des villes immenses, un monde riche et vaste et un gameplay à mi-chemin entre Metal Gear, Prince of Persia et GTA. Sur le papier Assassin’s Creed est à la fois une révolution et un jeu de merveille. Evidemment le rêve dépasse bien souvent la réalité et Assassin’s Creed n’est pas aussi parfait qu’on l’espérait, mais il ne mérite pas pour autant le titre de pétard mouillé.

Vous incarnez donc Altair, maître assassin de son état, qui doit assassiner des hommes hauts placés lors de la 3ème croisade. Mais pas question d’y aller comme un sagouin ! Les cibles sont bien protégées et il faudra rassembler moult informations pour trouver le bon moment et la bonne façon d’assassiner sa cible. Déjà, au niveau de la taille des villes, le jeu tient largement ses promesses, les trois villes à explorer que sont Damascus, Saint Jean d’Acre et Jérusalem sont tout bonnement immenses et incroyablement réalistes. Le travail effectué pour coller à la réalité historique a porté ses fruits, aucun endroit ne se ressemble. De plus, chacune des villes possède une ambiance bien particulière : Damascus, ville contrôlée par les arabes possède une ambiance très chaude et colorée, alors qu’Acre qui est contrôlée par les croisés a une ambiance bien plus terne et grise. Autre facteur qui rend les villes incroyablement crédibles : la foule. Jamais on a vu une foule aussi dense, aussi diversifiée et aussi naturelle. Attroupements devant les étals des marchants, discours des prêcheurs, les gens vous regardent avec méfiance si vous courrez n’importe où, etc… Tous ces éléments renforcent grandement l’immersion.

Ensuite, le gameplay se base sur un concept de profil. En profil passif, Altair marche et les touches servent à regarder aux alentours, écarter doucement les passants ou encore se camoufler. Lorsque l’on passe en profil actif (grâce à une pression sur la gâchette), Altair se met à courir, et on peut alors sprinter, bousculer les gens, ou donner des coups de poings. De même en combat, en appuyant sur la gâchette on se met en défense et on peut alors faire des contres. Vu que j’en suis à parler des combats, autant continuer. Ceux-ci sont particulièrement jouissifs, le tout repose sur un système de timing, il faut appuyer sur le bouton d’attaque au moment où le premier coup touche pour effectuer un combo. Les prises et les finish de combo sont incroyablement stylish et réalistes et on prend grand plaisir à bousiller du garde.

Pour ce qui est de l’exploration, Altair se déplace comme un félin, ses mouvements lorsqu’il monte sur un bâtiment sont incroyablement réalistes, une vraie prouesse de la part des développeurs. Sauter de bâtiments en bâtiments est également très jouissif mais hélas un peu facile, les sauts étant automatiques. Cependant cela requiert un peu de pratique que de choisir le chemin le plus rapide (et sans tomber) ce qui est vital lors des poursuites. Celles-ci sont intéressantes grâce à une IA très hargneuse, les gardes vous poursuivent dans les moindres recoins et il faut vraiment mettre beaucoup d’écart pour pouvoir se planquer tranquillement. Le jeu bénéficie d’un système d’alerte à la MGS en simplifié qui représente la suspicion des gardes. Lors de chaque alarme il faudra alors vous trouver une planque, et là il n’y a pas 36 solutions mais 3 : un banc, un tas de foin ou des tentures sur un toit. Ca a le mérite d’être assez clair et simple à trouver, permettant de se concentrer plutôt sur le fait de devoir semer ses poursuivants, mais ce n’est pas très réaliste et assez redondant.

Je l’ai dit plus haut, il faudra mener une enquête pour avoir une chance de tuer notre cible. Et c’est là que le bât blesse, alors que les assassinats en eux-mêmes sont assez variés, l’enquête précédant ces derniers se résume bien souvent à faire toujours la même chose. On monte en haut d’un point de vue (qui révèle les missions aux alentours et les marque sur votre carte), on secourt des citoyens agressés par des gardes (ce qui débloquera ensuite soit des érudits pour se camoufler, soit des acolytes qui ralentiront vos poursuivants), on exécute les missions des informateurs (souvent assassiner des gardes), on interroge des prêcheurs (avec nos poings), on vole des documents ou encore on épie des conversations. Certaines de ces séquences servent juste à déclencher la séquence d’assassinat, d’autres donnent juste des indices supplémentaires qui pourront se révéler utiles lors de l’assassinat. Bref on peut être assez facilement touché par l’ennui, mais si au contraire on accroche au trip il est alors difficile de s’arrêter. Heureusement la difficulté augmente tout au long du jeu pour diversifier un tantinet la chose.

Techniquement on ne peut qu’être ébloui par le travail de modélisation des personnages et des décors, surtout vu la taille de la ville, où aucun clipping n’est décelable. Par contre le framerate est vraiment trop présent sur PS3, enlevez donc un point sur la note finale si vous jouez sur PS3. Les musiques sont globalement des musiques d’ambiances et remplissent très bien leur rôle.

En essayant de pas trop spoiler, l’histoire possède deux aspects bien différents. Le premier de ces aspects est basé sur les croisades, c’est-à-dire sur le pouvoir, la manipulation, les croyances. Assez intéressant, cet aspect souffre un peu trop du syndrome « Ahaha, en fait tu es complètement manipulé, tu ne peux croire en personne », et à force de se faire manipuler de tous les côtés, on finit par savoir que TOUT LE MONDE nous manipule et en plus c’est vrai, du coup les derniers retournements de situations paraissent clichés. N’est pas Metal Gear Solid qui veut. Cependant le scénario est bien écrit et le jeu des acteurs est convaincant, même en français (pas de voix US, vu que sur Xbox360 il est obligé de tenir sur un DVD), et est donc toujours plaisant à suivre, mais pas extraordinaire. L’autre aspect relève d’un bon gros trip bien intéressant mais qui finit sur un cliffhanger façon « jouez à Asssassin’s Creed 2 » . Pour faire un aparté, le scénario dans son ensemble me fait penser à un scénario de série américaine, toujours un cliffhanger pour nous faire regarder la suite alors qu’en fait c’est du vent, pour moi c’est un point négatif mais certains y verront un point positif.

Assassin’s Creed est donc un jeu véritablement innovant, proposant des mécanismes de jeu inédits. Le revers de la médaille est bien sûr que ces mécanismes sont encore imparfaits devant d’autres déjà éprouvés. L’ambiance très prenante et le monde immense suffira pour bon nombre de personnes. Cependant la répétitivité du gameplay en rebutera plus un, et la durée de vie n’est pas bien reluisante non plus, avec seulement 15h alors qu’un univers aussi immense pourrait proposer beaucoup plus de missions. Mais ceux qui aiment l’originalité, les grands espaces et les trips seront conquis.

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