Tomoya Okazaki est un lycéen en troisième année pour qui la vie est loin d’être passionnante. Sa mère est morte il y a quelques années, son père est depuis devenu très distant avec lui ce qui fait qu’il rentre rarement à la maison, il ne participe à aucun club au lycée et sèche souvent les cours par manque de motivation, ce qui lui a valu de se bâtir une réputation de « rebelle ». Mais tout va changer le jour où il va faire la rencontre de Nagisa Furukawa, une jeune fille en même année que lui, avec laquelle il va se lier d’amitié et tenter de résoudre ses problèmes de confiance en elle.

Après Air et Kanon, tous deux adaptés d’un visual novel de la firme Key par le studio Kyoto Animation, voici le retour de cette maintenant célèbre association pour Clannad, qui revendique la même paternité que les deux autres séries pré-citées. Et comme ces deux séries, le pitch de base suit les classiques du genre : un jeune homme entouré de divers protagonistes (souvent féminins) auxquels il va se lier d’amitié au fil de conversations. Voyons en quoi Clannad tire son épingle du jeu par rapport à ses illustres aînés.

L’élément sans doute le plus important dans ce genre d’animes est le casting des personnages en présence. Et ô joie, celui de Clannad est tout à fait au niveau. Entre les filles aux personnalités bien distinctes mais toutes intéressantes (ou presque), ce qui fait que vous aurez tôt fait de choisir votre favorite, et le héros bien loin des losers stéréotypés typiques du genre harem, il est bien agréable de suivre toutes leurs péripéties. Tomoya est d’ailleurs un héros vraiment agréable, plein de répartie et gardant ma foi une certaine classe. Mieux encore, la série n’oublie pas d’introduire d’autres personnages masculins consistants et ayant un vrai rôle dans la série comme Akio le père de Nagisa, ou encore le très fun Sunohara. Un élément d’ailleurs intéressant de la série est que si au début les scènes sont surtout composées de dialogues entre Tomoya et un seul autre personnage ; au fil des amitiés que tisse le héros, un petit groupe se compose autour du pseudo club de Nagisa, et les scènes à plusieurs personnages se multiplient. On a ainsi pas forcément l’impression que la série est uniquement centrée autour de Tomoya et qu’il est le seul lien qui unit tous ces personnages, mais plutôt qu’ils avancent en tant que groupe, en tant qu’amis, voire en tant que famille (le thème récurrent de la série). Le problème étant que leurs temps d’apparition ne sont pas forcément optimaux.

D’ailleurs soyons fou, et abordons tout de suite le principal reproche que je ferai à la série : l’inégalité de temps accordés aux différents arcs. Si un certain passage concernant une des filles en particulier est beaucoup trop long et étiré, c’est au dépend d’autres qui se retrouvent malmenés et carrément rushés. C’est assez frustrant et étrange au vu des côtes de popularité des personnages qui ne reflètent pas vraiment cette décision. Les complaintes usuelles sont en général « trop de Fuko et pas assez de Tomoyo/Kyou » (c’est mon avis aussi, pour tout vous dire). Enfin, il faut dire que ça ne doit pas être évident de caser en une série autant d’histoires qui ne sont à la base pas prévues pour se dérouler en même temps. D’autant que Clannad s’en tire plutôt bien de ce côté, même si on échappe à peine au syndrome Kanon a.k.a : « on se concentre sur une fille après l’autre pour résoudre son problème ».

Le ton de la série est en général plutôt détendu et léger, les notes d’humour ne manquent pas (50% d’entre elles sont dues à Sunohara), et m’ont valu quelques bons fous rires. Mais ce n’est pas pour autant que Clannad ne comporte pas son lot de scènes plus sérieuses et poignantes qui ne manqueront pas de faire pleurer les plus sensibles d’entre vous (c’est Key qui a écrit le script de base après tout). Simplement, l’ambiance générale est moins triste et mélancolique que dans Kanon, grâce à des histoires moins dramatiques et des moments comiques qui viennent abaisser la tension (pas toujours judicieusement placés d’ailleurs). Ca peut être un défaut comme une qualité, vu que la série se trouve pour ainsi dire le postérieur entre deux chaises, alternant les moments sérieux avec des passages à la limite du loufoque. Mais pour ma part ce sera une qualité, vu que j’adhère totalement à l’humour de la série.

Côté technique, si Kyoto Animation est bien réputé sur un point précis, c’est sans nul doute celui-ci. C’est donc à la limite du blasé qu’on s’émerveillera devant une animation fluide et sans faille, des décors superbes et toujours hyper détaillés, un soin particulier apporté aux éclairages, et une qualité constante tout du long de la série. On a même droit à quelques (rares) passages dans des décors fixes mais où les personnages sont animés tout en 3D, qui se permettent juste d’exploser tout ce qui a été fait dans le genre auparavant. La musique (qui est la même que celle du jeu vidéo) remplit aussi son contrat, appuyant tantôt les moments forts et tantôt les passages détendus. Quant à l’ending basé sur le thème musical de Nagisa dans le jeu, euh… disons qu’il correspond bien à l’héroïne (à savoir mièvre et mignon).

Pour finir une petite digression sur l’appellation du genre de la série. Si vous le trouverez souvent classé sous l’étiquette Harem, on sort légèrement de ce cadre dans le cas de Clannad. Si la configuration de base est à peu près identique (plusieurs filles autour d’un héros), le fait est qu’il n’y a pas vraiment de multiples relations amoureuses suggérées. Le héros n’étant pas un boulet typique qui ne sait pas choisir entre plusieurs filles, il n’hésite pas et considère toutes les filles (sauf une) seulement comme des amies et ce de façon très claire. Et puis globalement, l’accent principal est mis sur l’histoire, le drame, les liens familiaux et la résolution des plaies du passé, et non pas sur les liens amoureux avec du « machin va-t-il réussir à sortir avec machine ». Voilà je tenais à faire cette précision car je sais que le terme Harem fait fuir pas mal de monde, mais ce serait dommage de s’arrêter à cet aspect minime de Clannad.

J’ai donc passé un excellent moment avec Clannad, passant des rires (souvent) aux larmes (un peu) devant une technique irréprochable et des personnages hauts en couleur. La série est suffisamment rythmée pour que l’on ne s’ennuie pas ou peu lors des 23 épisodes qui la compose (à dire vrai, je n’aurais pas rechigné pour quelques épisodes supplémentaires histoire de développer un peu plus certains personnages). Il ne reste plus qu’à attendre l’OVA qui sortira cet été, même s’il devrait être aussi anecdotique au niveau du scénario que l’épisode 23, mais surtout la saison 2 qui adaptera donc la fameuse After Story, réputée pour être la partie la plus intéressante et belle du jeu. Une suite encore mieux qu’une très bonne série ? Mais que demande le peuple ?

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