Un soir de veille de Noël, le pauvre Ayasaki Hayate se trouve bien désemparé. En effet, pour cette année, ses parents n’ont rien trouvé de mieux comme cadeau à lui offrir que… toutes leurs dettes avant de partir en voyage sans lui. Contraint de quitter la maison prise d’assaut par les yakuza, Hayate va croiser la route de la jeune mais richissime Sanzenin Nagi. Par un concours de circonstance et un joli quiproquo (aucun lien de parenté), il va devenir le majordome personnel de la jeune fille, en échange du paiement de ses dettes.

Adapté d’un manga en cours de parution dans le Shonen Sunday, Hayate (la série, pas le personnage) se démarque d’entrée de jeu par un format assez peu fréquent pour le genre de la comédie : pas moins de 52 épisodes. Un format qui peut faire peur pour un anime au scénario très minimaliste qui ne sert que de prétexte à enchaîner les gags, jeux de mots, références, et autres quiproquos (aucun lien de parenté). La question étant : cela suffit-il pour conserver un intérêt tout du long de la série sans jamais se lasser. Réponse dans quelques paragraphes.

Scénario minimaliste disais-je. Le spectateur moyen remarquera vite que tous les épisodes sont relativement indépendants, composés de petites histoires tournant autour de Hayate (le perso, pas la série), Nagi et quelques autres personnages tirés du casting (très) nombreux que comporte ce manga. Le scénario de ces épisodes est souvent très débile, n’hésitant pas à faire intervenir des robots humanoïdes, des yakuza vendeurs d’organes, ou des blattes géantes. Signalons toutefois, une légère approche au niveau de la romance, puisque plusieurs des filles ne sont pas totalement insensibles au charme du héros et on a droit à quelques scènes sérieuses dans ce sens, mais cela reste relativement secondaire par rapport au côté loufoque et humoristique. Pour tout dire c’est encore moins présent que dans School Rumble, déjà bien porté sur l’humour à la base.

Et puisque c’est le thème central de la série, voyons sous quelles formes l’humour apparaît dans Hayate (la série, pas le perso). Sachez d’abord que 50% des gags sont basés sur des clins d’œil à d’autres animes, des mangas ou des jeux vidéo. Ces références vont du totalement mainstream et connu (Evangelion, One Piece) aux trucs complètement underground réservé à l’élite des otakus (si quelqu’un a déjà entendu parler de la série Oh! My Kosobu, qu’il me le signale et il gagnera une boîte de pâté). Les jeux vidéo ne sont pas en reste, merci à Nagi qui est une joueuse invétérée, on trouvera donc des références à tout cet univers, de l’Odyssey à FFVII : Crisis Core en passant par Metal Gear Solid. De plus, celles-ci s’enchaînent à un rythme hallucinant, chaque épisode comprenant au moins une bonne dizaine de clins d’œil. Et je peux vous dire qu’on est déjà bien content quand on en a capté seulement la moitié au premier visionnage. Ce type d’humour qui dépend fortement de la connaissance otakuesque du spectateur catégorise déjà la série et la réserve ainsi à ceux qui ont déjà ce fameux bagage « culturel », et qui savent en rire. Petit point négatif toutefois, pour des raisons de copyright, toutes les références évoquées à haute voix sont censurées par un bip sonore qui cache une partie du mot. Concrètement ça donne en gros des trucs du style : « Kameha*bip*ha ».C’est juste supra ridicule et énervant, d’autant que ça ne cache pas grand chose.
Pour les 50% restants, une bonne part est liée au fameux passage du quatrième mur. Vous savez, ce procédé théâtral qui consiste en gros à dire : « je suis dans une série télé et je le sais très bien ». Enfin là pour l’occurrence ce pauvre mur est littéralement explosé, tant les personnages jouent sur ce point précis. D’ailleurs, comment passer sous silence l’excellentissime prestation du narrateur, qui non content de faire des commentaires pas toujours pertinents de sa magnifique voix suave, ne se prive pas pour s’adresser aux spectateurs aussi bien qu’aux personnages et même intervenir directement dans la série. Ajoutons à cela des écrans de milieu d’épisodes différents à chaque fois qui forment un shiritori long de 52 épisodes, une séquence promotionnelle stupide à la fin de chaque épisode présentée par des figurines de papier remplacée de temps à autre par une séquence « combat de majordomes » où Hayate (le perso, pas la série) affronte des adversaires dans des combats aux règles piquées à d’autres séries, et je pense qu’on a à peu près fait le tour de ce qui était humoristique ici.

Mais en fait non, il y a aussi toute la ribambelle de personnages que j’ai évoquée plus haut. Des personnages en général assez loufoques (mention spéciale à Tama le tigre qui parle), mais aussi des charismatiques et intéressants (je suis fan de Hinagiku personnellement). En tout cas il y en a un bon paquet, et le nombre conséquent d’épisodes permet à chacun d’apparaître de façon régulière tout au long de la série. D’ailleurs ces derniers n’hésitent pas à rappeler de temps à autre qu’ils n’ont pas eu assez d’apparitions dernièrement, et viennent donc s’incruster devant vos yeux ébahis.

Au niveau de la technique, le tout est joli, coloré et très propre, sans crier au génie non plus. On notera quelques baisses de qualité pour certains épisodes, inévitables semble-t-il pour des séries aussi longues. Le principal défaut vient surtout de la non-constance dans l’humour. Si certains épisodes savent doser agréablement le loufoque et les références pour faire rire le spectateur, d’autres se plantent allégrement. Soit parce qu’ils sont plus sérieux et donc pas forcément passionnants, soit parce qu’ils veulent en faire trop dans l’absurde et ça devient juste…. ben trop. Un problème qui vient du fait qu’un bon nombre des épisodes de l’anime sont des fillers. Rappelons rapidement ce terme barbare employé pour les adaptations de mangas en anime : les épisodes dont le scénario est original et ne suit pas le manga dont il provient sont appelés des fillers. Et donc fatalement, il est plus difficile de conserver une cohérence avec le matériel d’origine quand on n’est pas le scénariste d’origine (là je mérite une mention ès captain obvious). Alors parfois le studio y parvient, et d’autres fois non. Toutefois, ces « ratés » restent minoritaires par rapport à la totalité de la série, et au final le rire pèsera plus que l’ennui sur la balance.

Comédie au nombre d’épisodes imposant, Hayate the Combat Butler s’en sort pourtant plutôt bien au final, malgré quelques moments d’ennui ponctuels. Si vous aimez l’humour à références, que vous avez une certaine culture en animation japonaise et en jeux vidéo, qu’un scénario minime qui ressemble plutôt à un fil rouge prétexte à enchaîner les gags ne vous gêne pas, que vous aimez les personnages loufoques en général, ou bien si vous êtes fan de Rie Kugimiya (ça peut arriver aussi), alors faites vous plaisir et esclaffez-vous bien devant les aventures du majordome le plus endetté du monde. Qui n’a pas fini d’en baver avec ses dettes d’ailleurs, puisqu’une saison deux à la série a été annoncée officiellement il y a peu. Le malheur des uns, le bonheur des autres, toussa…

3 réponses à “Hayate no Gotoku”
  1. fannsis dit :

    Très bien l\’article même si j\’aurais aimé une meilleure note mais je pense que je suis trop objectif sur cette série :p
    D\’ailleurs j\’ai crée un site sur hayate 😉
    http://hng.france.free.fr
    En tout cas J-truc 4 ever ! :p

  2. Rabakou dit :

    N\’en demande pas trop Fannsis :p c\’est déjà pas mal moi je trouve comme note Globale. C\’est très sympa la critique merci 😀
    Et c\’est vrai que les Bip c\’est pas agréable … si ils pouvaient changer ça pour la saison 2 se serais pas mal.
    En tous cas Beau travaille l\’équipe J-truc !

  3. […] avant de se lancer dans la production. On retiendra notamment parmi leurs productions précédentes Hayate no Gotoku!, une autre adaptation de manga, dont Zettai Karen Children reprendra entre autre l’horaire de […]

  4.