Empereur incontesté des jeux musicaux, Dance Dance Revolution alias DDR ou encore Dancing Stage sur notre continent règne depuis maintenant depuis 10 ans sur le monde des jeux où il faut bouger, danser, tapoter ou chanter en rythme et en cadence. Enchainant les suites sans vraiment changer le principe du jeu initial, il possède néanmoins une communauté relativement importante et attise la curiosité des joueurs n’y ayant jamais joué. Après un épisode Xbox 360 sous-titré « Universe » proposant entre autre un mode online, Konami sort ce nouvel opus sur la console prolifique du moment, la Nintendo Wii, avec comme argument de vente l’utilisation de la wiimote dans les chorégraphies. Prenons donc ensemble la température de ce Dancing Stage : Hottest Party !

On ne présente plus le jeu de dance de Konami : un tapis, des flèches, de la musique de hamster drogué à l’ecstasy bon marché et hop, c’est parti pour des heures et des heures de dance non-stop, de sueur par hectolitres et de fun suffisant pour dessiner un rictus de plaisir sur le visage d’un huissier en fin de carrière. La grosse nouveauté de cet épisode, que j’ai déjà évoqué dans ma magnifique introduction, c’est l’utilisation de la détection de mouvements grâce à la machine à imprimer les billets de Nintendo : la Wii. Sur le papier l’idée est plutôt séduisante : on ajoute au traditionnel jeu de jambes des mouvements des bras gauche et droit. On peut donc voir sur la « piste » en plus des traditionnelles flèches, deux nouveaux items correspondant à un mouvement de nunchuk ou de wiimote ou, pour une difficulté à faire pâlir Michael Jackson, les deux en même temps. Malheureusement, il y a un gros problème de synchronisation entre le mouvement et le logo « main » à l’écran. En effet, il n’est pas aisé de savoir quand commencer son mouvement et où doit se situer son bras au moment où il faut jouer la note. Il faut donc un bon temps d’adaptation pour s’habituer à ce timing pas évident du tout. Autre point noir : le fil entre les deux périphériques, s’il n’est pas gênant en ce qui concerne les niveaux de difficulté bas, devient désagréable pendant les morceaux un peu plus ardus. Le fait même de tenir quelque chose à la main est extrêmement déplaisant pour un joueur non débutant. Ceux qui ont déjà un peu de skill dans le domaine oublieront donc vite cette nouveauté plus gênante que novatrice et décocheront l’option wiimote dans le menu de configuration.

En ce qui concerne la playlist, comme dit plus haut, DDR se caractérise par une musique de petit rongeur héroïnomane. Elle est donc constituée d’une belle collection de morceaux remixés dance/techno mais qui, pour le coup, exploitent une large gamme de variété musicale allant du rock au R&B en passant par l’électro-pop. Cerise sur ce gâteau un peu sec, la présence de tubes relativement récents comme le sympathique « Clocks » du groupe Coldplay ou encore le groovy« I don’t feel like dancing » des Scissor Sisters. Nous avons donc là une playlist agréable mais pas exceptionnelle d’une trentaine de titres qui se verra étoffée d’autres morceaux déblocables dans le mode Circuit Groovy. Le Circuit Groovy est justement l’un des modes du jeu, sorte de mode aventure, où il faudra enchainer des missions diverses et variées. Parallèlement, on retrouve tous les modes de jeux classiques du Dancing Stage standard. Autrement dit aucune surprise, excepté peut-être la présence d’un mode quatre joueurs qui essayera de nous faire oublier l’absence d’un mode online.

Un petit mot enfin sur la partie technique de ce Dancing Stage : Hottest Party. Passons vite sur les pistes de dance un peu vides et sans grande inspiration mais correctes, pour insister sur le chara-design qui est un exemple de ce que j’ai pu voir de pire dans le monde du jeu vidéo. En effet, je ne sais pas qui est le responsable de ce massacre visuel, surement inspiré par un jeu tel que MySims, mais on pourrait facilement croire qu’il s’agit d’une fan de Paris Hilton âgée de six ans et demi. Les persos sont si moches que j’ai hésité longtemps avant d’accompagner cet article de screenshots du jeu tant ils rétrogradent par leur laideur le J-truc au niveau d’un skyblog. Pour l’amour du ciel, si vous jouez un jour à ce jeu, concentrez-vous sur les flèches si vous ne voulez pas finir avec les deux rétines cramées jusqu’aux nerfs (ndFireShot : et surtout si vous voulez faire un score potable).

Avec Dancing Stage : Hottest Party, la fête sera donc plus tiède que chaude bouillante. Même si le concept reste prenant et excessivement fun, on ne peut que déplorer le manque de motivation de Konami pour nous offrir un contenu original. Si on passe sa détection de mouvement imparfaite et son chara-design abominable, cette mouture Wii du célèbre jeu de dance n’en reste pas moins une bonne façon de découvrir l’univers DDR d’autant plus que le tapis fourni est d’excellente qualité et pourra être branché sur un pc (via un adaptateur) pour passer aux choses sérieuses avec Stepmania.

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