Dans un monde futuriste où une grande catastrophe a détruit une partie de la population, l’humanité doit faire face à des créatures nommées « Anges de l’ombre », qui utilisent les humains en tant que sources d’énergie. Pour les combattre, seuls l’utilisation des Vectors est efficace, sortes de vaisseaux que ne peuvent piloter qu’une infime partie de la population, et qui ont le pouvoir de s’unir pour former un robot de guerre : l’Aquarion.

Projet original de Shoji Kawamori, l’homme derrière toute la saga Macross, Sousei no Aquarion est un anime de mecha qui puise ses inspirations dans les séries de Super Robot très populaires dans les années 70 et 80. Ajoutez à ces robots géants des jolis graphismes en 3D, un background mythologique avec des méchants ailés échappés d’Evangelion dans un paysage post-apocalyptique, une galerie de personnages hauts en couleur, une pincée d’humour et vous obtenez… un sacré ratage.

Sur le papier pourtant c’était assez prometteur. Mecha design de Kawamori et musique de Yoko Kanno. Ce sont d’ailleurs ces deux éléments qui ressortiront et qui seront les vrais (et uniques?) points forts de la série. Graphiquement les combats en 3D sont vraiment jolis, même si on est pas au niveau d’un Macross Zero ou Frontier, et le design de l’Aquarion est assez classe. L’anim 2D est plus quelconque et un cran en dessous avec des pénibles réutilisations de scènes plusieurs fois d’un épisode à l’autre. Mention spéciale à l’épisode 19 qui sous prétexte d’un délire graphique, remporte la palme du chara design le plus moche de tous les temps. Il faut croire que le budget graphisme a été mal réparti. L’ost quant à elle est juste sublime, que ce soit les musiques orchestrales qui rythmes les combats, les insert songs ou les génériques tous composés par la divine Kanno. Dommage que l’opening soit si mal employé dans plusieurs fins d’épisodes en débarquant comme un cheveu dans la soupe.

Pour le reste par contre… Déjà pour le scénario, chaque épisode se compose d’un nouvel ange qui débarque pour attaquer notre bande de héros qui vont devoir trouver le point faible de l’ennemi et l’exploiter à l’aide de leurs différentes combinaisons d’attaques. Impossible d’échapper à la comparaison avec Evangelion de ce côté là, d’autant qu’ils ne se sont même pas fatigués à changer le nom des ennemis ! Et tant qu’à faire la comparaison allons-y : Aquarion y est perdant sur tous les points, la faute à un déroulement scénaristique souvent complètement débile, au point que parfois on se demande s’ils ont voulu faire de l’humour ou s’ils se prennent au sérieux (un ennemi bactéricide qui mange toute la nourriture… wtf ??). C’est d’ailleurs un problème récurrent de la série : on ne sait jamais si on est censé rire ou pas devant ces pseudo-pitreries entrecoupées de passages super sérieux sur le passé torturé de tel ou tel personnage. Il y a même des moments où la série se prend tellement au sérieux qu’on en rigole tellement c’est ridiculement kitch. Vouloir faire un hommage aux séries de mecha d’antan c’est bien beau, mais il y avait peut-être moyen de le faire sans pour autant tomber dans le grandguignolesque. N’est pas Gurren Lagann qui veut.

Et ce n’est pas les personnages qui vont rehausser le niveau. Entre le héros primitif avec deux neurones en état de fonctionnement, la blonde tsundere obsédée par son frère qui est amoureuse du héros mais qui refuse de l’accepter, un footballeur dragueur beauf qui tire des ballons enflammés, un geek à lunettes, une loli aveugle en chaise roulante qui parle par énigmes, Allen Schezar qui s’est échappé d’Escaflowne et qui a perdu son cerveau en cours de route, et j’en passe et des meilleures. Tout ça pour dire qu’ils sont tous bourrés de clichés super énervants et pas attachants du tout. Comment voulez-vous faire quelque chose de potable avec tant de boulets réunis ?? Réponse : on ne peut pas. Le pire étant qu’une bonne moitié de la série (chaque première moitié d’épisode en fait) est consacrée au développement de ces personnages et de leurs relations ! Allez pour ne pas noircir complètement le tableau, on va dire que le chef des gentils est plutôt classe, même s’il est un peu énervant à se la jouer « ahah je suis trop fort et mystérieux et je sais tout mais je ne vais rien dire ».

Côté mechas c’est pas vraiment l’extase non plus. Si l’Aquarion sous ses différentes formes est plutôt classe, l’utilisation qu’ils en font ne l’est pas le moins du monde. Déjà le concept de fusion des trois vaisseaux pour en donner un plus grand est digne des plus mauvais sentais. Crier le nom des attaques pour ajouter une puissance sonore à quelque chose de visuel pourquoi pas, mais pas dans le cas où ce qu’on crie est complètement ridicule à la base !! Dans le monde d’Aquarion, il faut croire que plus l’attaque a un nom à la noix, plus elle est puissante. Sérieusement, si un ennemi me lançait un coup en criant « Unlucky Bottom Attack », ou « Exploding Love Infinite Beam », je crois que je serais déjà mort de rire avant même que son coup m’atteigne. Sans parler du déroulement des fusions entre les pilotes qui jouissent et poussent des petits cris pour former un super mecha, anéantissant ainsi tout sérieux qui aurait pu s’instaurer dans ces bastons grandiloquentes. Et ce malgré que graphiquement je le répète, tout soit impeccable.

Enfin tout le background à base de mythologie, d’anges déchus et de réincarnations aurait pu donner quelque chose de sympathique à suivre, si seulement la série s’attardait dessus en approfondissant cet aspect, au lieu de nous balancer des combats au déroulement similaire d’un épisode à l’autre ou des scènes comiques entre les personnages principaux. Encore un beau gâchis de ce côté là.

Fort du large succès qu’il a rencontré en contrée nippone et des grands noms à l’origine de la série, Sousei no Aquarion souffre pourtant de nombreux défauts (personnages, déroulement des épisodes…) qui plombent largement tous les points positifs qui peuvent exister (graphismes et musique). Ce qui donne donc une série de mecha à réserver seulement aux inconditionnels du genre, s’ils parviennent à se retenir de trop rigoler devant le ridicule ambiant…

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