Shinichi Kudo, jeune lycéen, est le plus brillant des détectives du Japon. Lors d’une enquête, de mystérieux hommes en noir lui font avaler un poison expérimental qui, au lieu de le tuer, le rajeunit. Dans le corps d’un enfant de 6-7 ans et sous le nom de Conan Edogawa, il va alors tenter de retrouver ses agresseurs. Pour cela, il se réfugie chez son amie d’enfance, Ran Mouri, dont le père Kogoro est aussi détective mais bien plus mauvais. Conan l’aide alors dans ses enquêtes pour améliorer sa réputation en espérant que cela l’amènera à rencontrer de nouveau les mystérieux hommes en noir.

Cher ami enquêteur, si je vous ai convoqué aujourd’hui c’est pour résoudre le plus profond des mystères : comment Gosho Aoyama a-t-il réussi à créer l’un des mangas les plus populaires au monde avec le synopsis présenté ci-dessus ? Pourquoi la série a-t-elle encore un succès phénoménal après quasiment 15 années de bons et loyaux services ? Et la série s’arrêtera-t-elle un jour ? Examinons les différentes pièces à conviction pour essayer de trouver des réponses à toutes ces interrogations !

Dossier 1 : les suspects

L’une des grandes forces de Détective Conan est de proposer une kyrielle de personnages différents, plus ou moins utiles ou récurrents. Dans les personnages principaux, nous avons bien sûr Shinichi/Conan dont la particularité de la situation permet à l’auteur de lui donner une sorte de double personnalité. Et lorsqu’il abandonne son côté enfantin, pour révéler qui est le criminel entre autres, il a sacrément la classe. Autour de lui, on retrouve une bonne poignée de personnages secondaires qu’on retrouve plus ou moins régulièrement selon les envies de l’auteur. Ran Mouri, petite amie officieuse de Shinichi aurait pu tomber dans la caricature du personnage secondaire féminin totalement inutile mais ses aptitudes au karaté en font parfois une précieuse aide pour le héros. L’aspect comique principal du manga est centré sur son père, Kogoro Mouri, dont les situations pour le ridiculiser ne manquent pas et on se demande toujours de quelle nouvelle façon farfelue Conan va l’endormir pour pouvoir donner la solution de l’énigme à sa place. Il est bon de noter aussi le Club des Détectives Juniors, bande de gamins très imaginatifs et enthousiastes, qui enquête de manière bien plus enfantine bien sûr et que Conan sortira de nombreuses fois du pétrin. Il y a également quelques personnages qui ne sont pas apparus dès le début mais dont l’apparition a relancé l’intérêt de la série. Il s’agit de Heiji Hattori, le détective lycéen de Kyoto, presque aussi fort que Shinichi, et Ai Haibara, un ancien membre de l’organisation des hommes en noir qui se retrouve dans la même situation que Conan. A coté de ça, un certain nombre de personnages que je qualifierai de tertiaires reviennent de temps en temps comme la femme de Kogoro et Sonoko, une amie de Ran légèrement délurée mais leur importance dans l’histoire est beaucoup plus limitée . On notera tout de même le gros effort que doit fournir Gosho Aoyama pour qu’à chaque nouvelle enquête les suspects ne ressemblent pas à ceux d’une précédente affaire. Et, si bien sûr il n’y arrive pas parfaitement, au vu du nombre de tomes ceci est parfaitement excusable.

Dossier 2 : le scénario

Alternons le bon et le mauvais. Et oui, voici le sujet qui fâche. Si le scénario de base que j’ai développé dans le synopsis est tout à fait respectable, sachez que celui-ci n’a quasiment pas avancé après une soixantaine de tomes. Le manga est principalement composé d’enquêtes n’ayant strictement rien à voir avec ce fil rouge. Ainsi, on a l’impression que la plupart des enquêtes sont des fillers ce qui est un peu le cas, tout du moins en ce qui concerne leur fonction : nous faire attendre les chapitres où les hommes en noir interviennent. Parfois composés d’une douzaine de chapitres ou bien d’un seul selon l’humeur de l’auteur, ces moments donnent un regain d’intérêt non négligeable au lecteur désabusé et un peu de variété à l’histoire qui ont subi tous les deux les assauts répétitifs d’enquêtes à l’intérêt très variable de l’une à l’autre. En effet, tout comme un épisode de Pokémon, une enquête de Détective Conan répond à une recette précise, digne de celles de Kiprauko. Tout d’abord, prenez un meurtre avec au moins trois suspects. Ajoutez ensuite une pelleté d’indices dont l’utilité échappe souvent au lecteur. Saupoudrez d’un enquêteur et/ou Kogoro Mouri totalement débordé(s) par la situation et émettant des hypothèses archi-fausses. Mélangez bien le tout pendant que Conan trouve le moyen d’exposer sa théorie. Servez avec les confessions du meurtrier vous exposant les raisons de son acte avec si vous le souhaitez une scène d’action finale pour attraper ce criminel. Et cela fait maintenant plus de 650 chapitres que Gosho Aoyama nous sert ceci à outrance.

Dossier 3 : les graphismes (et plein d’autres détails)

L’auteur de la série est un grand fan de cinéma, et le moins que l’on puisse dire c’est que cela se voit. Il dessine son manga comme s’il s’agissait d’un story-board, en beaucoup plus beau quand même, c’est-à-dire qu’il choisit des angles qui donnent toute leur intensité aux scènes importantes. Gosho Aoyama a aussi une rigueur irréprochable dans sa mise en page, ne s’autorisant que rarement à dépasser de ses cases. Une rigueur qui pourra rendre un peu austère l’impression générale donnée par les pages du mangas. Mais on ne pourra nier le souci du détail voulu par le mangaka, qui, s’il nous met de moins en moins sur la piste des solutions des mystères par ce biais, est néanmoins toujours impressionnante. De plus, vous pourrez visiter le Japon en compagnie de Conan ,et en découvrir un peu plus sur ce pays lointain et si différent du nôtre est très appréciable. Surtout que Kana fait son boulot de traduction avec application. Certaines enquêtes étant totalement incompréhensibles pour nous pauvres Français (le plus souvent à cause de jeux de mots japonais), un gros travail a été fait pour nous proposer les explications les plus claires possibles, soit par le biais de notes ou bien de dossiers en fin de manga. Un beau travail en somme, bien mieux que les horribles couvertures dont les crédits pour les photos originales de fond font hélas défaut.

Toutes les charges retenues contre le suspect étant maintenant exposées, il est l’heure du verdict. Si Détective Conan est en effet une série à rallonge qui n’a pour objectif actuel que de tenir le plus longtemps possible jusqu’à épuisement du filon, on ne peut nier les qualités premières de la série : un dessin appliqué et l’imagination débordante de Gosho Aoyama. Naviguant entre le comique et le tragique, cette série intéressera donc les jeunes (qui n’ont plus peur du sang et des cadavres) ainsi que les adultes ayant gardé leur esprit enfantin. Jusqu’à quand ? A l’heure actuelle, le mystère subsiste.

2 réponses à “Détective Conan”
  1. Caima dit :

    Pour ma part je dirais surtout que c\’est un manga pour les 10-11 ans ^^

  2. Maxikonan dit :

    Regarde le erniers épisos (ex : 496 à 504) et tu changera d’avis !

  3.