Après la grande bataille qui opposa les Humains aux Zentradi en 2012, les survivants ont opté pour un plan de colonisation de l’univers grâce à différentes unités spatiales nommées Macross. Nous sommes en 2059 et suivrons la 25eme colonie qui porte le nom de Macross Frontier et qui reçoit aujourd’hui une des plus grandes stars intergalactiques de la chanson : Sheryl Nome, pour un concert spectaculaire. Mais c’est cet évènement que choisit une armée d’aliens belliqueux pour attaquer la flotte. Cette attaque va être l’occasion d’entremêler le destin de trois personnes : Sheryl, le jeune pilote Alto Saotome, et Ranka Lee, une fan de Sheryl.

Faisant partie des plus grandes franchises du mecha japonais avec l’increvable saga Gundam, mais moins prolifique que cette dernière en nombre de séries, Macross nous revient en 2008 pour une nouvelle série TV animée par le studio Satelight. Un évènement puisque la dernière « vraie » série télé (pas de série d’OAV donc) Macross remonte à Macross 7 qui date de 1995 ! Pour les néophytes, tous les opus de cette saga se déroulent dans le même univers mais à différents points chronologiques. Toutefois, il n’est pas impératif d’avoir vu toutes les séries précédentes pour regarder cette dernière mouture, vous louperez tout au plus quelques clins d’œil sans incidence sur le scénario global, mais je reviendrai sur ce point plus loin. La saga ayant connu des hauts (Do you remember love ?) comme des bas (Macross 7), elle n’est malheureusement pas gage de qualité. Voyons donc où se positionne ce dernier né.

En tout cas, dès le premier épisode, les ingrédients qui ont fait la renommée de la série semblent présents : des combats de Valkyries (le modèle officiel de mecha dans l’univers Macross), des chansons interprétées par une idol et un triangle amoureux en trame de fond. Et studio Satelight oblige, on a droit à une jolie claque graphique en ce qui concerne les CG et leur incrustation. Les fameuses Valkyries sont plus belles que jamais et bien animées, les combats sont dynamiques et classieux et la 3D parfaitement intégrée, bref rien à redire de ce côté là si ce n’est quelques réutilisations de plans. En revanche, dès qu’on pose le pied sur Terre (ou plutôt sur le vaisseau), le constat est tout de suite moins glorieux. Si le chara design est à peu près soigné dans les premiers épisodes, il devient carrément inconsistant par la suite et certains épisodes sont justes atroces au niveau des visages. C’est à se demander si tout le budget n’est passé dans les CG, hypothèse qui trouve d’autres arguments dans le fait que les combats spatiaux sont eux aussi moins nombreux au fur et à mesure qu’on avance dans la série… modulo le final, forcément.

Niveau scénario, c’est aussi assez décevant. Tout est terriblement manichéen, la faute à des méchants qui se résument à des gros insectes sans cerveau qui attaquent le gentil peuple humain/zentradi. Pas de géopolitique, de négociations avec l’ennemi, de stratégie un tant soit peu alambiquée ou que sais-je, juste du combat bête et primal. Oh il y a bien une tentative de faire une sorte de surprise côté méchants, mais tellement prévisible qu’on le voit venir dès les premiers épisodes.

On pensera donc se rabattre penaud sur un autre aspect mis en avant dans la série, à savoir les relations entre les personnages principaux. Là encore déception, ce n’est vraiment pas assez travaillé pour paraître satisfaisant. Le héros Alto est assez quelconque, n’est jamais vraiment clair dans ses décisions et finalement reste plutôt transparent. Quant à ses deux prétendantes, elles sont suffisamment différentes pour que l’une des deux vous insupporte à chacune de ses apparitions. A vous de faire votre choix entre Sheryl plutôt typée idol hautaine, ou Ranka plutôt typée loli moe. Parce que ce n’est malheureusement pas Alto qui va le faire à votre place. Côté personnages secondaires ils sont aussi en général assez stéréotypés et oubliables. Allez, un bon point pour le major Ozma qui a un tant soit peu de classe et Klan Klan parce que sa forme humaine est rigolote. Bref côté relations ça reste superficiel jusqu’au bout et de plus ponctué de changements de personnalités abrupts et sans raison (en particulier sur la fin de la série).

Reste quoi au final ? Et bien le troisième élément qui fait le succès d’un Macross réussi : la musique. Et là pour le coup c’est une vraie réussite, qui explose littéralement tous ses prédécesseurs dans le domaine. On retrouve à la composition la bien connue Yoko Kanno, qui avait déjà officié sur la saga pour Macross Plus et Macross Zero. Outre les morceaux instrumentaux joués à l’aide d’un orchestre symphonique dont elle est maintenant coutumière et ses clins d’œil/emprunts à divers morceaux (écoutez donc Big Boys et comparez au thème de Pirate des Caraïbes par exemple), on a droit ici à de multiples chansons interprétées par les deux héroïnes. Des chansons tout simplement excellentes, entrainantes ou pleines d’émotion quand il le faut. De plus excepté Aimo, elles n’apparaissent en général qu’une fois dans la série, évitant ainsi le syndrome habituel des séries Macross qui nous ont habitué à nous ressortir plusieurs fois la même chanson jusqu’à saturation. Les interprétations sont très bonnes, même si la voix de la chanteuse qui fait Sheryl demande un temps d’adaptation avant de l’apprécier pleinement. On notera d’ailleurs que c’est la doubleuse elle-même de Ranka qui interprète ses chansons, comme Mari Iijima l’avait fait en son temps pour la mythique Lynn Minmay. Et avec des chansons aussi bien foutues, il ne fait aucun doute qu’une jolie carrière dans le milieu musical l’attend par la suite.

On notera tout de même un point positif supplémentaire, réservé cette fois-ci à ceux qui ont vu les précédents opus de la saga. Macross Frontier étant présenté comme projet anniversaire des 25 ans de Macross, ils ne se sont pas privés pour glisser de multiples clins d’œil qui ne manqueront pas de faire vibrer le fan hardcore. On retrouve en vrac des chansons des opus précédents (Ai Oboete Imasuka ou Totsugeki Love Heart), des plans identiques à la toute première série, un épisode entièrement basé sur Macross Zero, les nombreux parallèles entre Ranka et Minmay, etc. Cela reste anecdotique, mais ça fait toujours plaisir comme on dit.

Avec un premier épisode qui atteignait des sommets, Macross Frontier promettait beaucoup, mais s’est malheureusement pas mal égaré en chemin. La faute à un scénario faiblard, des personnages plats et des combats trop rares. Reste pour se consoler une super bande originale, et des multiples clins d’œil pour les fans de la saga. Ouais, ça ne fait pas beaucoup quand même… Eventuellement en débranchant son cerveau et en appréciant ça comme un grand spectacle (qui se passe dans l’espace) on peut apprécier la série, mais ça ne fait qu’accentuer le fait que ça manque cruellement de profondeur. Kawamori réveille-toi bon sang !!!

Pas de réponse à “Macross Frontier”
  1. Bouille dit :

    Bon je m\’insurge en tant que gros fanboy (ou pas) qui s\’est bourré la gueule au Macross à sa diffusion sur la Cinq (c\’est dire comme je suis vieux). Ca a beau être faiblard, faut avouer qu\’à part les opus de la première génération (je ne parle que des SDF Macross, Do you remember love? et autres Macross Plus), on a eu droit qu\’à de la merde en boîte sur cette série.

    Donc je passe sur les Mospeda, Southern Cross et autres Seven mais faut avouer quand même qu\’au delà du scénario faiblard on reste quand même très proche de la qualité de ce qu\’avait été SDF Macross à son époque (au niveau scénaristique j\’entend bien), et je hisse ce Frontier haut dans mon top Macross et sans efforts.

    Le problème avec ce genre de gros dossiers que sont les Macross et autres Gundam, c\’est que c\’est toujours sensible… mais je reste ouvert à toute discussion. En tout cas ça fait bien plaisir de voir que quelqu\’un à su s\’intéresser de près à Frontier. Je le conseille sans hésiter à tout noob, fanboy ou simplement public intéressé.

    (navré si il y à du peu compréhensible dans ce commentaire, il est 1h46, dimanche 30/11/08, et les méfaits du sommeil couplé à l\’alcool se font ressentir)

  2.