Quel est le point commun entre Cowboy Bebop, Neon Genesis Evangelion, Denno Coil, Serial Experiments Lain et Tengen Toppa Gurren Lagann ? Réponse : ce sont toutes des séries originales. Originales non pas dans le sens où elles se démarquent des autres par leurs sujets ou leurs scénarios (quoique), mais dans le sens où leurs univers, personnages et scénarios ont été crées spécialement pour la série animée. Dans le cas contraire, on parle alors d’adaptation et les sources sont très souvent tirées des trois mêmes médias : mangas, romans ou jeux vidéo.


C’est un fait que les adaptations sont totalement majoritaires de nos jours, reléguant les animes sortant véritablement de nulle part au rang de raretés. Voyez plutôt : voici le nombre d’animes classés selon leur origine sur la saison en cours (automne 2008), faite à partir de notre page de récap :

Scénario Original : 4

Adaptation d’un :
Roman : 5
Manga : 16
Visual novel : 4
Jeu Vidéo (non Visual novel) : 1

Soit seulement 4/30 de totalement originales. Alors bien sûr ce n’est pas forcément un défaut que d’avoir une source sur laquelle se baser, mais ce n’est pas non plus un gage de qualité.

Prenons les adaptations de romans, pratique de plus en plus populaire depuis quelques années. Si avoir comme base des livres permet de s’assurer un background souvent riche et des personnages bien développés, encore faut-il que l’anime soit exhaustif dans l’adaptation. Ce qui est très loin d’être toujours le cas. On se retrouve parfois avec seulement une partie de l’histoire (Juuni Kokki, Full Metal Panic, Crest of the Stars, etc.), et de temps en temps avec certains passages totalement zappés (Suzumiya Haruhi, Shakugan no Shana…), voire le plus souvent, les deux à la fois. Du coup plus qu’à se rabattre sur le contenu d’origine si l’on veut profiter de la totalité de l’histoire.


Les adaptations de Visual novel souffrent évidemment de la même difficulté, étant donné que le contenu qu’elles proposent est souvent bien trop important pour faire une série animée de longueur raisonnable. Du coup on se retrouve avec des passages amputés, des développements de personnages et de relations trop rapides, et il y a même une difficulté supplémentaire ajoutée dans le fait que les différentes routes possibles dans le jeu sont rarement compatibles si l’on veut les caser dans la même chronologie. Du coup les animes adaptés ne montrent que rarement les différentes vraies fins et se concentrent sur la principale.

Pour les jeux vidéos, deux cas de figure. Soit l’original est un RPG, et dans ce cas-là on se retrouve dans la même position que précédemment, puisque ce genre de jeu contient beaucoup trop de texte et de situations différentes pour pouvoir être adapté fidèlement et de façon exhaustive dans un anime de durée raisonnable (le meilleur exemple étant les différents Tales of). Dans l’autre cas, ça fait rarement bon ménage et peut donner des sacrées bouses (pensez Devil May Cry ou Sonic X).

Enfin, la source la plus courante : les mangas. Là, du coup, il y a beaucoup moins de textes et d’images, et en gardant un ratio de 4 ou 5 chapitres par épisode, on obtient un bon rythme s’il est suivi tout du long. Le problème, c’est que si cette règle est suivie (déjà pas dans tous les cas), les animes ont la fâcheuse tendance à ne quasiment jamais adapter la totalité de l’histoire du manga. Du coup on se retrouve souvent avec des fins bricolées de toutes pièces qui se veulent tout de même conclusives, ou le plus souvent des fins complètement ouvertes façon « rendez-vous pour la saison 2 ! ah non y’en a pas… bon ben allez lire le manga et faites pas chier. ». Et sans parler des scènes du manga qui peuvent passer à la trappe pour on ne sait quelle raison, pratique présente même dans les shonens les plus longs qui font tout pour durer le plus longtemps avec le moins de pages possibles, c’est dire.

Un exemple de scène non adaptée dans l'anime de One Piece : Ace recherche Barbe Noire


Certains animes arrivent cependant à contourner ces problèmes. Soit en adaptant la source d’origine entièrement jusqu’à la fin (rare), soit en proposant quelque chose de suffisamment différent dès le début pour que la comparaison par rapport à la source ne soit plus possible à faire (plus courant mais souvent raté), ou encore plus difficile, faire une fin potable au milieu de la série.

Alors bien sûr, l’avantage des animes est de proposer une animation dynamique, de la couleur et des musiques. Mais ces points sont-ils vraiment déterminants par rapport au fait d’avoir soit la vraie suite et fin, soit même l’histoire dans son entièreté comme elle a été imaginée à la base par l’auteur ? Pour moi, non.

Et c’est en ça que les animes originaux tirent leur épingle du jeu. S’ils sont bons à la base, comme on ne peut les comparer à rien, ils en deviennent parfaits comme ils sont. De plus, comme ils sont conçus dès le départ pour le format série TV, des points comme la progression scénaristique, développement des personnages ou répartition de l’action sont potentiellement mieux gérés.

Maintenant ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, il existe des bonnes adaptations comme des mauvaises, et des bons animes originaux comme des mauvais. Ni l’un ni l’autre ne sont un gage de qualité. Mais force est de constater que j’aurai plus de capital sympathie pour un anime original, et que les exemples de bons animes mais qui sont des adaptations et qui seraient meilleures que leur support, je les compte sur les doigts d’une main…

6 réponses à “De l’origine des Animes : Adaptations vs Créations Originales”
  1. Iznogoud dit :

    Supérieures à l’original ?
    Les petites françaises (Ichigo Mashimaro)

    Le manga est méchant et pas drôle, alors que l’anime arrive à être attendrissant.

    Dans les adaptations, Honey & Clover et Aria font plus que se défendre.
    Avec la bande-son, on atteint même le niveau au dessus du manga (qui avait placé la barre très haut, dans ces 2 cas)

  2. Iznogoud dit :

    erf. « petites fraises »

    Il est très tard/tôt 😉

  3. Viral dit :

    C’est vrai qu’au niveau des mangas/animes/Live bouseux par rapport aux originaux on peut quand meme citer TOUT le catalogue des « dérivés » de la Gainax (Plan de complementarité : Ikari Shinji, The iron maiden second, Cutie Honey live, ect …)

  4. kyouray dit :

    Bonne analyse. Généralement, une adaptation restera souvent inférieure l’oeuvre originale, suffit de voir les adaptations des animes originaux que tu cites comme le manga Gurren Lagann qui est bien fade ou pire, le manga Evangelion. Après comme tu dis il y a des exceptions, le meilleur exemple d’anime qui se finit avant que l’oeuvre originale, qi me vient à l’esprit est FMA. En tout cas oui, les animes originaux sont souvent très bons mais je pense que ça demande quand même pas mal de budget par rapport aux autres productions.
    Bon allez hop hop hop, il y a les séries de cet hiver à présenter ! 🙂

    Iznogoud : je le trouve très bon le manga Ichigo Mashimaro est très fun au contraire. Je n’ai toujours pas vu l’anime mais il a l’air un peu trop innocent.

  5. Iznogoud dit :

    @kyouray : Ce que je reproche au manga, c’est que Miyu s’en prend plein la gueule, et que rien n’indique jamais que les autres l’aiment bien quand même.
    Dans l’anime, il y a quand même de l’amitié et de la tendresse derrière, et ça change vraiment l’ambiance en mieux.

    Si tu entends par « innocent » le fait que les penchants lolicons de Nobue sont moins visibles, on peut le dire comme ça, oui ^^

    La série traine une mauvaise réputation à cause de ça, et c’est bien dommage (même si je n’ai personnellement rien contre le loli, ça fait fuir pas mal de monde. Un fois, j’ai même failli me faire bannir d’un forum pour incitation à la pédophilie après avoir simplement parlé de Kodomo no Jikan, c’est dire…)

  6. […] n’est pas rare pour les animes originaux de se voir adaptés par la suite sous d’autres formats. C’est le cas de Eureka Seven, […]

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