A force de faire des mangas sur tout et n’importe quel sujet, du sport quel qu’il soit à la boulangerie en passant par le vin, il fallait bien qu’un jour on en ait un qui parle de… manga ! Bakuman est dessiné par Takeshi Obata (Hikaru no Go, Death Note) et scénarisé par Tsugumi Ohba (Death Note), et nous narre l’histoire de Moritaka Mashiro et Akito Takagi, deux jeunes étudiants qui font le projet commun de devenir mangakas, le premier au dessin et l’autre au scénario.


La découverte d’un univers inconnu, la progression de jeunes débutants qui visent le top dans un monde avec plein de rivaux, avec un soupçon de romance en prime, ça c’est pour que les lecteurs habituels du Shonen Jump ne se sentent pas trop dépaysés. Mais le véritable intérêt de Bakuman se situe dans l’univers qu’il dépeint. En effet, ici pas de super pouvoirs ou de monde parallèle fantastique, on se situe dans un Japon purement contemporain, et ce que nos deux héros visent n’est rien d’autre que le Jump lui-même ! Un Jump qui publie des titres comme One Piece ou Death Note, histoire de bien nous convaincre que le contexte se veut réaliste.

En tant que manga publié dans le Weekly Shonen Jump, on aurait pu craindre que cette mise en abyme nous montre la chose d’une façon promotionnelle et édulcorée de tout ce qui pouvait montrer la maison d’édition sous un mauvais jour. Mais le Jump peint ici semble assez réaliste, avec son univers quasiment entièrement régi par le business et basé sur la popularité de leurs séries. Un monde parfois cruel, qui n’hésite pas à envoyer bouler des séries en cours de publication parce qu’elles ne sont plus assez vendeuses, et ce indépendamment de leurs qualités. Un procédé que les lecteurs habitués ne connaissent que trop bien (rien que dans les six derniers mois on a perdu entre autres MxZero et Double Arts et j’en pleure encore). Il est aussi intéressant de voir l’envers du décor, comment les mangas sont sélectionnés, testés et approuvés par exemple. Ainsi que les méthodes généralement employées pour dessiner et l’allure d’un studio classique.


On appréciera en outre le talent graphique du sieur Obata, toujours aussi précis et appliqué dans ses décors et ses chara-designs. Il nous propose ici un trait plus chaleureux et « rond » que pour Death Note, avec moins de bishonens qu’à l’accoutumée (et donc moins d’homoérotisme freudien). Tsugumi Ohba a quant à lui (elle?) également fait ses preuves au niveau scénario, et je lui fais volontiers confiance pour tenir en haleine suffisamment longtemps (dur de juger cet aspect au bout d’une dizaine de chapitres). Petit regret toutefois sur l’aspect romance entre les protagonistes qui est vraiment trop cliché, et qui gâche un peu le plaisir de la lecture avec son héros plus coincé en amour que les héros de I »s, Ichigo 100% et Love Hina réunis. Espérons que ce côté soit un peu mieux géré par la suite, ou mieux : complètement zappé.

Enfin et c’est peut-être le plus convaincant des arguments, Bakuman est mis en ligne gratuitement sur le site Jumpland au rythme d’un chapitre par semaine et en français. Un français qui plus est plutôt correct, en tout cas plus qu’une team de scans fr classique. Il y a un lecteur spécifique à installer, mais si vous avez jeté un oeil aux OAV du Super Anime tour, ça ne devrait pas vous poser de problème (et au moins ici ça ne rame pas). Attention toutefois, les chapitres ne restent pas éternellement en ligne et sont effacés d’une semaine à l’autre.


4 réponses à “Bakuman, les rouages du Jump”
  1. Viral dit :

    ça a l’air pas mal comme serie, en tout cas mieux que des trucs du genre comme Love and Collage ou Doujin works…

  2. kyouray dit :

    Ce que j’ai bien aimé dans Bakuman, c’est la façon dont est montré l’univers : de manière réaliste, on apprend des choses intéressantes sur les manga et les maisons d’édition, c’est très sympa. L’aspect romance me dérange pas avec Mashiro, c’est surtout avec les autres personnages que ça fait un peu ridicule.

  3. G4tsu dit :

    T’as un problème avec Doujin Work? 🙁

  4.