L’autre jour en rangeant ma chambre au domicile parental, ne voilà pas que je tombe sur un vieux carton arborant fièrement les initiales ‘JV’. Je l’ouvre, et tombe nez à nez avec ma vieille Super Nes affublée de la boîte de Donkey Kong Country, posée négligemment à son côté. Que de joie pour moi ! Deux câbles branchés, la manette en main, et me revoilà 14 ans en arrière…

Premières sensations retrouvées

Tout de suite, je remarque une chose : après être sorti il y a 14 ans, Donkey Kong Country a vieilli. On lui remarque tout de suite les pixels et les champs de couleurs approximatifs. Je lui pardonne, après tout, nous sommes sur une 16 bits, et c’est un jeu de plate-forme 2D de l’époque. Je m’empresse donc de commencer une nouvelle partie et je débarque dans le premier niveau : Jungle Jaja. Donkey sort de sa cabane dans une explosion de planches digne de Jean-Claude VanDamme. Je m’aperçois que je reprends vite mes marques, pour me rendre compte qu’en fait, la prise en main de jeu est très facile et à la portée de tout un chacun. La croix directionnelle répond toujours aussi bien et les trois boutons assignés au saut, à l’attaque roulade et au changement de personnage sont d’une utilisation instinctive. De mémoire, j’entre dans la caverne que je vois à ma gauche car je sais qu’un événement important y a eu lieu. Tout ça pour que mon simiesque ami affiche une mine dépitée à la vue de son stock de bananes pillé.

Elles sont où mes bananes ?

Petite parenthèse. Nous sommes sur Donkey Kong Island, île du célèbre singe et de sa famille. Donkey est un fort et fier gorille, qui en son temps cherchait des noises à un certain charpentier (maintenant reconverti en plombier moustachu). Le primate a su depuis s’acheter une cravate, ça fait plus classe après tout. Nous récupérons dans nos déplacements Diddy, enfermé dans un tonneau et cognant tant bien que mal pour en sortir. Diddy est un singe qui, avec son magnifique T-shirt rouge et sa casquette vissé sur la tête, suit avec agilité et vivacité son célèbre parent dans ses aventures. Ici sont donc les deux personnages jouables du jeu. Mais nous croiserons bien vite le grincheux Cranky et ses importants conseils, la belle Candy et ses précieuses sauvegardes, ainsi que le funky… Funky et ses tonneaux jumbo nécessaires pour bouger de monde en monde. Très vite aussi arrivent les ‘mascottes’ du jeu, qui sont en fait des animaux jouables (Rambi le rhino, Winky la grenouille, Expresso l’autruche, …), que nos héros pourront chevaucher jusqu\’à la fin du niveau dès le moment où elles auront été libérées de leurs caisses. Toute la petite famille se serre donc les coudes pour venir à bout de l’infâme chef des Kremlings, King K. Rool, qui a profité d’une nuit d’orage pour voler le stock de bananes de nos héros et placer ennemis et boss sur son parcours. Il s’agit là du méfait qui fera sortir le gorille de ses gonds et de sa jungle.

Ça bouge… !!!

Allez, je commence à m’énerver un peu sur mon pad, les vilains pas bô arrivent ! Et premiers souvenirs qui reviennent : bah c’est pas des violents. Bien sûr il y en a pour tous les goûts parmi eux : ça marche, ça saute, ça rampe, ça a de grandes dents, vole, pique, crache des noix, tournicotte, etc… Tant qu’ils sont là pour nous barrer le chemin ou nous gêner, ils font bien leur travail. Je ne compte plus les fois maintenant où, voulant éviter un gros Klump équipé de son casque et ses bottes, je suis tombé dans le vide.

Je continue donc mon chemin et croise maintenant des tonneaux. Ici aussi, il y en a pour tous les goûts. Du classique, au rempli de TNT en passant par le métallique et la sauvegarde de mi-niveau. Petite médaille aux tonneaux kanons, pour les longs moments de fun et de tirs approximatifs rageants qu’ils auront su me faire faire.

Bien entendu, il faut comme pour tout jeu de plate-forme qui se respecte, collecter pléthore d’objets. Les bananes perdues par K. Rool pendant sa fuite constituent le principal butin à récupérer, mais vous pourrez aussi trouver dans chaque niveau les différentes lettres du mot K.O.N.G. qui une fois rassemblées vous donneront une vie supplémentaire. Il y a aussi de nombreux ballons de vie disséminés au long des parcours ainsi que moult statuettes aux effigies de nos mascottes favorites.

Chaque niveau a aussi sa petite façon à lui d’être terminé. Il s’agit souvent plus ou moins de la même difficulté qui se retrouve tout du long et force à trouver la technique nécessaire à remporter la victoire sur le stage. A vous aussi de voir si vous préférerez compter sur la puissance de Donkey ou l’agilité de Diddy.

Art graphique

Comme je le disais, DKC a vieilli. Mais plutôt bien pour un jeu de son âge. A l’époque, Rareware, la firme britannique responsable de sa création, utilise pour la première fois de la véritable 3D intégrée à un jeu 2D. Ils choisissent de ne pas se limiter à un simple glissement des plans proches et éloignés comme on peut apprécier le style dans Yoshi’s Island l’année suivante. Cette nouvelle approche du jeu de plate-forme 2D deviendra alors la marque de fabrique des Donkey Kong Country à venir sur la Super Nes. Petit bémol concernant les tableaux : leur but est de donner la possibilité de refaire d’anciens niveaux, jusque là quoi de plus normal, mais ils font ternes et finis à la va vite comparés au travail soigné fourni aux stages.

Nous apprécierons quand même de voyager dans des environnements aussi divers que variés, de la jungle à l’usine en passant par les mines et les monts enneigés. Parlons aussi du temps ; pour la première fois dans le monde du jeux vidéo, la météo, ou tout simplement le lever ou le coucher du soleil, étaient gérés au fil de la progression de certains stages. C’est assez déroutant au début mais ça donne une immersion un peu plus profonde dans l’univers propre à chaque tableau.

Le Beat

Voila que mon mangeur de bananes préféré attrape un tonneau et que je le jette au visage d’un Kremling. Celui-ci rend l’âme dans un cri d’agonie et dans le fracas de l’explosion du baril de bois. Les petits détails comme les grands ont aussi été soignés au niveau sonore dans ce DKC finalement. Je note que même le bruit de la réception au sol lorsque je fais un saut est présent. On s’immerge de plus en plus. Les musiques d’ambiance collent également parfaitement à chaque niveau ou à chaque intervenant. Cranky a droit à sa petite musique façon ‘country’ là ou Funky bénéficie de quelque chose plus…funky. Les passages sous-marins ont des ambiances mélodiques et confinées, lorsque la neige se met à tomber, plus aucun son ne se fait entendre si ce n’est le crissement de celle-ci ou le bruit du vent. Passez un stage où la pluie et l’orage tombent et l’impression d’être sous un déluge vous surprendra peut-être.

Allez, on finit avec la banane ?!

Finalement, ça fait du bien de se replonger dans ses vieux jeux, faudra que je fasse ça plus souvent. DKC est donc, malgré son âge, la puissance de la console à l’époque ainsi que les défauts que j’ai évoqué avant, un divertissement vidéoludique qui mérite bien le détour. On se laisse vite imprégner par les ambiances diverses et on s’attache facilement à la petite bande de primates et leurs compères animaux. En bref un jeu qui pour moi s’adresse aux petits comme aux moins petits, aux nostalgiques comme aux jeunes curieux de savoir ce qu’était de la plate-forme en mon jeune temps. Je vous laisse donc sur ces bonnes paroles en vous rappelant une chose : tonneau qui roule n’amasse pas mousse.

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