Quatuor japonais évoluant dans un style mélangeant rock, synthpop et sons 8 bits, Polysics a beau avoir été crée en 1997 au pays du soleil levant, ils ne commencent à apparaître en France que depuis très récemment. Conséquence à la fois de la diffusion de certains de leurs clips sur la chaîne Nolife, la distribution dans nos contrées européennes de leur dernier album We ate the Machine par le label allemand Okami Records et une récente tournée mondiale qui leur a donné l’occasion de faire une dizaine de dates en France. L’idéal pour s’intéresser de plus près à ce groupe pour le moins original.

L’inspiration première de Polysics est le groupe américain Devo, grand nom de la vague post-punk/new wave des années 80, connus entre autres pour des titres comme Whip It ou Mongoloid. Inspiration que l’on retrouve à la fois dans la musique pour le côté décalé et presque ‘cartoonesque’ de leurs titres à grand renfort de synthés, mais aussi dans l’esthétique visuelle, symbolisée par leurs tenues de scène composées de combinaisons oranges et de lunettes noires rectangulaires. L’inspiration est totalement revendiquée par les membres du groupe, et il suffit d’écouter par exemple le titre POLYSICS OR DIE!!! de l’album Karate House pour y entendre un clin d’œil évident au Jocko Homo de Devo. Polysics est donc constitué d’un guitariste, un batteur, une bassiste et une claviériste, soit une formation rock on ne peut plus classique, mais en prenant grand soin de donner une grande part aux sons rigolos que peut produire un synthé. Au niveau vocal, le chanteur et guitariste Hiroyuki Hayashi mène la danse avec sa voix parfois haut perchée et qui n’hésite pas à crier un bon coup. Ca donne un chant parfois un peu approximatif, mais terriblement énergique, et qui prend toute sa dimension en live. Il est parfois accompagné selon la chanson de la claviériste Kayo, qui elle a une voix beaucoup plus claire et mélodique, quand elle ne s’amuse pas à la trafiquer à l’aide d’un vocoder qui lui donne alors une voix robotique au possible.

Une chanson de Polysics, ça a plusieurs effets. D’abord, c’est tellement plein de vie et communicatif que ça apporte immanquablement un sourire aux lèvres (si tant est qu’on n’est pas trop d’humeur émo). Ensuite, ça donne envie de sautiller, toutes les chansons de leur répertoire étant faites pour bouger. On attend d’ailleurs encore leur première ballade après huit albums. Et enfin, le refrain est souvent tellement simple et accrocheur (dans le bon sens du terme) qu’il en devient vite addictif et reste très facilement en tête pour un bon moment. Quant à les cataloguer dans un style précis, ça me paraît être un exercice pour le moins difficile. D’ailleurs ils se décrivent eux-mêmes comme étant du ‘pogo-punk technicolor’, ce qui peut paraître farfelu, mais finalement assez véridique.

Sortant régulièrement des albums depuis dix ans, ces derniers sont cependant assez courts, les chansons dépassant rarement les quatre minutes. On note une légère évolution de leur style vers quelque chose de plus pop et plus ‘carré’, tout en gardant l’esprit et surtout le son qui les caractérise. Toutefois l’évolution est minime et les albums restent tout de même assez similaires, avec chacun leur lot de tubes imparables. Arme efficace, mais à double tranchant, car si cela veut dire que si on aime un album, on les aimera tous, on peut aussi avoir l’impression d’avoir affaire à une machine bien huilée qui n’ose jamais prendre de risque. A vous de voir. Après tout, il y a encore un bon paquet de fans d’AC/DC aujourd’hui alors qu’ils font la même chanson en changeant les paroles depuis 30 ans…

Parlons un peu du dernier album, puisque c’est le seul trouvable dans les boutiques françaises, du moins à l’heure actuelle. We ate the Machine est donc un chouïa plus pop que ses prédécesseurs, les structures des morceaux sont plus convenues (couplet, refrain, couplet, refrain, solo, refrain) et les expérimentations sonores au synthé plus limitées. On reconnaît toutefois aisément leur style à cent mètres, et ce dès l’intro. L’album contient sa portion de morceaux super addictifs comme Moog is Love, Boys & Girls ou Rocket (qui se classe comme l’un des tous meilleurs titres du groupe d’après moi), le reste est assez homogène et s’écoute très agréablement, à défaut d’être exceptionnel. Un album donc dans la moyenne de la discographie du groupe, peut-être pas le meilleur, mais tout de même une valeur sûre.

Et en live ça donne quoi ? Les versions proposées sont assez fidèles, sons bizarres et voix robotisée de Kayo compris. Mais le véritable plus, c’est surtout l’énergie dégagée par le groupe, encore plus que sur album, et en particulier par le chanteur. Le voir sautiller partout, communiquer avec le public sans se soucier de la barrière de la langue, suer à grosses gouttes sans oublier de crier dans le micro, ça fait quand même super plaisir. C’est aussi l’occasion de révéler la véritable puissance de titres comme Peach Pie on the Beach ou Coelakanth is Android qui sont véritablement taillés pour le live.

Au niveau de leurs apparences dans d’autres medias, on notera notamment l’utilisation de l’une de leur musique pour un opening de Keroro (You-you-you sur l’album Karate House), ainsi que pour l’ending de Moyashimon (Rocket sur l’album We ate the machine). Et pour une apparition plus occidentale, ils ont contribué à la B.O. de FIFA 07 avec Tei! Tei! Tei! de l’album Now is the time!

Bref un groupe à découvrir, à écouter, et à voir en live si possible. D’autant qu’ils ont récemment annoncé une nouvelle tournée mondiale, qui sans nul doute les fera repasser par la France.

Liens :
Site officiel

myspace

Rocket (Deezer)

Lookin Lookin Gaa (Deezer)

I My Me Mine (Deezer)

Les commentaires ne sont plus admis.