2008 a vu naître une nouvelle idée lumineuse de la part de J.C. Staff, qui par excès de nostalgie, manque d’idées originales, flemme, ou un mélange des trois, a décidé de faire revivre une franchise qui dormait depuis un moment dans leurs cartons : Slayers. Un nom bien connu des fans d’animes, qui évoque instantanément les années 90, Lina Inverse et ses sorts dévastateurs, Megumi Hayashibara, de l’humour débile basé sur les clichés de la fantasy, et encore plein d’autres bons souvenirs. La dernière production en date de cette saga remonte à l’OAV Slayers Premium sorti en 2001, et depuis notre chère Lina a pu se reposer après une longue carrière… jusqu’à son come-back assez soudain l’année dernière, annoncé sous la forme d’une nouvelle série : Slayers Revolution en 13 épisodes et sa suite, Slayers Evolution-R également en 13 épisodes. Avec un titre pareil, on pouvait espérer que le studio ne faisait pas ça pour simplement surfer sur la vague du revival, mais bien proposer un vrai dépoussiérage de la saga. Et oui, mais non.

Et si vous ne me regardez pas, Dragon Slave dans votre tronche !

Et si vous ne me regardez pas, Dragon Slave dans votre tronche !

Notons déjà le tour de force de J.C. Staff d’avoir réussi à réunir exactement la même équipe qu’à l’époque, de la réalisation jusqu’au cast de doubleurs qui parviennent d’ailleurs sans problème à reprendre leur voix d’époque. Bon, on se doutait bien que Megumi Hayashibara n’aurait pas trop de mal, vu que ça fait 10 ans qu’elle prête à Musashi dans Pokémon une voix plus ou moins similaire à celle qu’elle donne à Lina Inverse. Côté réalisation c’est certes beaucoup plus joli que les autres séries Slayers (encore heureux, vu le nombre d’années d’écart), le chara design des personnages est un peu plus rond et lisse, et les couleurs beaucoup plus flashy, voire presque « cartoonesques ». Mais au final, rien d’impressionnant par rapport aux standards actuel, on retrouve bien le style d’époque réactualisé, mais c’est moyen sans plus quoi. Les musiques sont également pour la plupart des thèmes déjà entendus mais réactualisés, et les deux openings sont chantés par Megumi herself, sur un fond de musique pop lorgnant sur l’eurobeat, ce qui donne encore une fois une certaine vibe 90’s. Pas de révolution de ce côté là donc.

Salut, on est entré parce quil y avait de la lumière et...

Salut, on est entrés parce qu'il y avait de la lumière et...

On retrouve également tous les personnages qui ont fait la fierté de Slayers : Lina Inverse et Gourry, accompagnés de Zelgadis et Amelia. Ces derniers n’ont d’ailleurs l’air d’être là que par habitude, tant ils ne servent absolument à rien dans le scénario. On retrouvera également le très secret mais pas moins fun Xellos, plus quelques apparitions express d’autres personnages secondaires, histoire de faire mousser un peu plus le fan. Le plus marquant étant tout de même la réapparition du décidément très collant prêtre Rezo, ainsi que d’un autre méchant déjà aperçu dans une des saisons précédentes en tant que boss final. Et de plus la façon dont Lina s’en débarasse (désolé du spoil, mais si je vous disais que le monde est détruit à la fin, ça ne ferait pas très crédible) est exactement la même que celle qu’elle avait utilisé avant !! Pour l’originalité (et la révolution donc) on repassera… On notera quand même quelques nouveaux personnages, dont la peluche vivante au mauvais caractère Pokota, qui ressemble d’ailleurs plus à un Pokémon qu’à un personnage de Slayers… Ce sont surtout des personnages qu’on oubliera très vite.

Pokota, attaque éclair !

Pokota, attaque éclair !

Même constat pour le scénario, qui n’a pas grand intêret et est surtout prétexte à ramener de vieilles connaissances à l’écran. De plus, on reste dans la même ambiance que Slayers Try, la troisième (et moins bonne) saison, à savoir relativement sérieux et beaucoup moins axé sur l’humour que les deux premières, malgré quelques trop rares épisodes comiques. Or ce que j’aime dans Slayers, c’est avant tout l’humour barré et parodique, le point culminant dans ce genre étant l’hilarant Slayers Next. Et l’autre problème, c’est que quand ça se veut sérieux, ça ressemble plus à des fillers de shonens lambda qu’à quelque chose de vraiment palpitant, tant ça n’a aucune incidence sur la trame globale (au hasard toute la partie sur Zuuma qui ne sert… à rien). D’ailleurs à la fin de Evolution-R, on se retrouve exactement au même point qu’au début de Revolution. Les personnages n’ont pas évolué d’un pouce, et Lina et Gourry repartent joyeusement pour de nouvelles aventures… Ca sent la fin délibérément ouverte afin de se laisser l’éventualité de faire une suite un jour.

Mais au final, passé la joie de retrouver une vieille connaissance avec qui on a passé de bons moments, on se dit qu’il y a des cercueils qu’il ne vaudrait mieux pas déterrer. Slayers Revolution et Evolution-R ont tout juste l’ambition de fillers, sans jamais atteindre les meilleurs moments de ses précédentes saisons. De plus il ne peut constituer une introduction pour le néophyte à cet univers, vu qu’il se repose énormément sur les évènements passés sans forcément les rappeler à coup de flashbacks. Il ne restera donc plus que les fans qui, charmés par l’affiche, se retrouveront face à un anime bancal, rappelant Slayers Try par son manque d’humour, avec un scénario inconsistant et surtout plein de déjà vu. A croire que le Revolution du titre était à prendre au sens astronomique du terme…

Et pour les néophytes justement qui voudraient s’y lancer, je recommande avant tout les deux premières saisons : Slayers et Slayers Next. Si la première est sympathique mais pas extraordinaire, c’est surtout la deuxième qui est vraiment bonne avec un scénario plus construit, et des épisodes comiques vraiment délirants.

4 réponses à “Slayers, la révolution n’aura pas lieu”
  1. FireShot dit :

    Ah tiens ! Terriermon a changé de série ? ^^

    Non, il n'y a pas de plagiat

  2. Kirox dit :

    Ah ouais quand même, on frise le plagiat là.

  3. Yuki dit :

    en même temps, le fait qu’ils n’évoluent peu, voire pas (un comble vu le titre, mais bon), c’est aussi dû au fait que c’est tiré d’une longue série de roman et que Lina & co n’ont pas toujours l’occasion de vraiment avancer. Il est toutefois certain qu’on aurait préféré que J.C.Staff soit moins frileux et prenne plus de risque dans le scénario que de faire du recyclage. Car oui, c’est surtout « on prend les mêmes et on recommence » (particulièrement dans Evolution-R qui grâce à ça s’est révélé bien meilleur que Revolution) : on a droit à un Slayers en bonne et due forme, ni exceptionnel, ni mauvais, mais c’est malheureusement ce qui a fait son manque de succès, tant auprès de ceux qui connaissaient que de ceux pour qui la série était nouvelle. Quoique… en fait, c’est surtout pour Evolution-R que c’est vrai ; Revolution était le plus mauvais Slayers que j’ai pu voir et juste à cause d’une chose : Pokota ! Je HAIS ce personnage autant que FFenril déteste Vivio. Il est à mon avis responsable du plombage de Revolution (et heureusement qu’il est moins insupportable dans Evolution-R)

    Enfin, moi, j’dis, rabattez-vous sur les romans, c’est du tout bon. 😉

  4. lina dit :

    quelqun sé ou on peut voir les épisode de révolution R ?

  5.