Synopsis : Prête à suivre son ami d’enfance Fuwa Shotaro, star en devenir, jusqu’au bout du monde, Kyoko Mogami est entièrement dévouée à son prince charmant, au point de travailler jusqu’à l’épuisement pour payer son logement et ses dépenses. Et ce même si cela ne lui vaut que de maigres remerciements hautains au final, persuadée qu’ils forment un véritable couple de conte de fées. Malheureusement la réalité est toujours cruelle, et le jour où elle apprend que son prétendu prince se fiche éperdument d’elle, la considère comme une cruche et ne la supporte que parce qu’elle rapporte de l’argent au foyer, elle n’a plus qu’une chose en tête : vengeance ! Et pour cela, pas d’autre moyen que de battre Sho à son propre jeu : rentrer à son tour dans l’univers du show biz afin de devenir une star plus influente que lui, et lui faire ravaler ses paroles ! Un défi de taille, d’autant plus que le show business est un univers impitoyable et que Kyoko n’est dotée d’aucun talent particulier au premier abord.


Shojo de Yoshiki Nakamura toujours en cours de parution à l’heure actuelle dans le magazine de prépublication Hana to Yume, Skip Beat! possède une certaine réputation auprès des amateurs du genre, au vu des ventes tout à fait honorables au Japon. Ceci couplé au nombre de tomes grandissant (21 au jour d’aujourd’hui) a logiquement engendré une adaptation animée, comptant 25 épisodes et diffusée au pays du soleil levant d’octobre 2008 à mars 2009. C’est avec cette dernière que j’ai découvert la série, et je dois avouer que je suis vraiment tombé sous le charme, au point de me jeter sur le manga dès le dernier épisode diffusé, et de lui faire ainsi l’honneur d’être le deuxième shojo à rejoindre ma bibliothèque (qui est surtout bien remplie de shonens) aux côtés de Elle et Lui/Kareshi Kanojo no Jijou.

Pourtant le premier contact s’est fait plus ou moins dans la douleur. Techniquement, l’anime est complètement à la ramasse, et baigne dans une sorte d’aura 90’s particulièrement ignoble à voir en 2009. Les couleurs sont flashy écoeurantes, le chara-design est horriblement malmené pendant la plupart des épisodes et l’animation est au mieux moyenne. Seule surnage dans la médiocrité technique ambulante la bande-son, qui sans pour autant être exceptionnelle, reste fort agréable. Mention spéciale aux morceaux à ambiance flippante qu’on entend pendant les moments de tension, particulièrement réussis et tranchant avec le reste.

De plus, autre point dérangeant, certaines ficelles de scénario sont particulièrement grosses, cliché et inutiles. Notamment quelques coïncidences mal venues façon « le monde est vraiment petit dites donc, en fait on a un passé torturé en commun ! ». Ca a beau être une histoire qui ne se veut pas forcément réaliste (il n’y a qu’à voir les délires autour de l’aura sombre de Kyoko), mais de temps à autre, certains petits détails un peu gros viennent faire sortir le spectateur de l’histoire, cassant ainsi avec lui le fameux Suspension of Disbelief.

Voilà pour les défauts. Mais heureusement la série dispose d’autres atouts qui viennent faire pencher la balance du bon côté. A commencer par son héroïne très attachante et sympathique. Si au tout début elle possède un statut de potiche naïve que ne renierait pas Tohru de Fruits Basket, à la suite de sa « trahison » elle s’émancipe et devient une jeune fille très franche, débrouillarde et courageuse. Finalement assez proche de Miyazawa Yukino, héroïne de Kare Kano que j’ai cité plus haut. De là à y voir un pattern sur mes goûts en shojo qui seraient conditionnés par la nature de sa protagoniste principale, il n’y a qu’un pas. Elle est également très drôle dans ses réactions souvent exagérées tant parfois elle découvre littéralement la vie. Et elle se découvre finalement un certain talent dans le jeu d’acteur et l’improvisation, ce qui rend les challenges qui lui sont dressés constamment sur sa route vers la gloire absolument délicieux à suivre. Pour moi c’est clairement elle qui porte la série sur ses épaules, et elle le fait fort bien pour l’instant.

Les autres personnages sont forcément un peu dans l’ombre de la rayonnante Kyoko, mais quelques uns sortent tout de même du lot comme Kanae alias « Mlle-c’est-un-scandale » (ça lui donne un sacré surnom en français la pauvre), rivale auto-proclamée de Kyoko, bien que cette dernière ait un tout autre point de vue sur leur relation, ce qui rend la dite relation assez hilarante. Ou le président de la LME Lori qui est visiblement au mieux excentrique, au pire complètement taré. Et plus généralement, la plupart des personnes bien placées du show-biz, ce qui dans ce manga, équivaut généralement à être pour le moins original dans son comportement.

Le scénario est principalement concentré sur Kyoko et son ascension dans le monde impitoyable du show business, ses castings étranges, ses tournages épuisants et ses rencontres improbables. Et jusqu’ici (je n’ai vu que jusqu’à la fin de l’anime, soit une douzaine de tomes), l’auteur a toujours su se renouveler avec brio, sans jamais s’attarder trop longtemps sur un même passage qui deviendrait rasoir à trop en faire. Les castings ou autres tests de tournage sont souvent l’occasion de faire monter la tension à coup de suspense, car Kyoko a tout à prouver, et de voir comment elle va s’en sortir (et si elle va d’ailleurs s’en sortir), est toujours un plaisir. En tant que shôjo, il y a également un accent assez fort sur le relationnel entre les personnages, avec plein de dialogues et monologues internes à la clé pour bien étoffer tout ça. Par contre il n’y a pas vraiment d’histoire d’amour principale, même si l’histoire démarre à cause d’une justement, et s’il y a bien des intérêts amoureux qui interviennent à un moment ou à un autre de l’histoire, la romance n’est finalement qu’assez secondaire au final. Enfin, dernier point à souligner, il y a beaucoup d’humour dans ce manga, entre les réactions débiles de Kyoko, l’excentricité de certains personnages, et les délires graphiques sur les démons de l’héroïne, il y a de quoi bien se détendre entre deux moments tendus !


Au niveau de la différence anime/manga, c’est le manga qui gagne et sur quasiment tous les points. D’abord l’anime ne fait que 25 épisodes, n’adaptant que les douze premiers tomes environ (bien que très fidèlement c’est à noter, excepté un arc éludé par l’anime) et aucune saison 2 n’a été annoncée pour l’instant. De plus il se termine sur une sorte de cliffhanger fort déplaisant, en laissant toute une batterie de questions en suspend. Ensuite comme je l’ai déjà évoqué, la direction artistique de l’anime est assez chaotique, là où le manga est bien plus constant et joli à regarder. Et enfin argument massue : l’anime n’est sorti qu’au Japon à l’heure actuelle et aucune licence française n’est à noter, alors que le manga est édité chez nous aux éditions Casterman, collection Sakka. Et l’adaptation est tout à fait satisfaisante : le rythme est régulier à un tome tous les deux mois, la traduction semble correcte passé les deux premiers tomes où il y a quelques accrocs et une ou deux fautes d’orthographe ponctuelles, le lettrage est bon et je trouve même les couvertures un poil plus belles que les originales sans ce gros cadrage moche.

Je ne suis pas très féru de shojos à la base, peut-être tout simplement parce qu’ils s’adressent d’abord à un public plus féminin (wahou, Captain obvious à la rescousse). Pourtant certains parmi eux me font regretter de ne pas m’y essayer plus souvent, et c’est le cas de Skip Beat!. Peut-être parce qu’il m’a semblé assez différent d’un shojo classique, avec son absence d’histoire d’amour dans le thème principal, son thème du show-business plutôt original, son héroïne géniale et accrocheuse, son humour, et ses scènes intenses et pleines de suspense. En tout cas c’est une oeuvre qui dispose de suffisamment d’atouts pour faire craquer même quelqu’un qui n’est pas spécialement amateur du genre, comme moi. Et ça, ça doit bien vouloir dire quelque chose. Enfin, je crois.

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