Ring of Red est un tactical RPG sorti sur PS2 en 2001 et passé pour le moins inaperçu, à l’époque il a essayé de dépoussiérer le genre en y ajoutant des combats ma foi un peu spéciaux. Je guettais les Tactical car à l’époque c’était la disette, cependant je l’ai revendu (j’avais surement une bonne raison), mais ces temps-ci j’essaye d’étoffer ma collection de tactical RPG et j’ai décidé de racheter Ring Of Red.

L’histoire se déroule dans un passé alternatif, où le Japon n’aurait pas capitulé lors de la seconde guerre mondiale, du coup en 1964, 10 ans après la Grande Guerre d’Asie, le Japon n’a toujours pas réussi à retrouver son unité et le pays est divisé en deux. Le nord étant d’obédience plutôt communiste et le sud capitaliste. Il n’y a pas de réels affrontements directs et le Japon est du coup pris activement dans la Guerre Froide. Le contexte se veut réaliste et c’est plutôt réussi, l’histoire du Japon est bien détaillée et contrairement à un Valkyria Chronicles complètement niaiseux, ici on se retrouve dans une histoire sombre et déjà plus crédible et prenante (même si ils esquivent constamment la question de la menace atomique, ce qui me gène car c’est un point important de cette période).

En plus de cela, les gens se battent dans des AFW, des gros méchas particulièrement pratiques pour se déplacer dans les zones accidentées du Japon parait-il. Pourtant à chaque fois que l’on se bat ça parait tout à fait plat, mais bon les méchas c’est fun donc passons, en plus ils ont un design bien sympa. Avec son univers mature et proche de la réalité, ses méchas aux designs crédibles et proches des tanks, Ring of Red fait donc énormément penser à la série des Front Mission pour ce qui est de l’ambiance, le coté futuriste en moins.

Je n’ai pas été assez loin pour pouvoir juger de l’histoire mais j’avais été assez loin lors de ma toute première partie et je me rappelle que cela reste assez intéressant même si hélas il ne se passe pas grand chose. Mais que se passe-t’il donc ? Et bien on joue un groupe de soldats du Japon du Sud qui se sont fait voler un prototype ultra nouveau par un soldat du Japon du nord. Et pas n’importe quel soldat, le plus grand pilote d’AFW du Japon du nord qui s’est fait remarquer lors de la Grande Guerre d’Asie : le Fantôme Cramoisi ! (Crimson Phantom ça sonne quand même beaucoup mieux). On part donc à sa poursuite pour éviter un conflit ouvert et les fuites technologiques occasionnées par le vol du prototype, l’histoire se complexifie bien sûr au fil du scénario. Les personnages et dialogues sont bien sentis mais quand même assez clichés, on retrouve l’intello, le héros un peu soupe au lait, l’américain plus décontracté, etc. Du classique mais ça reste très agréable, car les dialogues sont rarement niais et plutôt crédibles.

On se bat donc avec des méchas que l’on déplace sur une grille tout ce qu’il y a de plus classique. Déjà les AFW sont divisés en quatre types : AFW classiques forts à moyenne distance et au corps à corps, AFW légers peu puissants, sans corps-à-corps mais dotés d’une grande capacité de déplacement, AFW à 4 pieds, excellant sur les longues distances, et enfin les anti-AFW qui sont les maîtres du corps-à-corps. Là où ça devient encore plus intéressant c’est que chacun de nos AFW est accompagné par trois unités de soldats, deux à terre et une sur l’AFW, ceux-ci sont divisés en six catégories (Infantry, Recon, Medic, Shooter, Mechanics, Supply) et ont des compétences que l’on pourra activer durant les combats.

Mais c’est surtout par les combats que Ring of Red se démarque des autres tactical-rpgs ! En effet dès que l’on initie un combat, on se retrouve sur une route nous opposant à notre adversaire, on peut alors changer la position des unités avec nous, en les mettant au premier rang ils pourront attaquer mais également se faire attaquer, et ils peuvent déclencher certaines de leurs compétences selon leur position (il y en a même qui ont des obus spéciaux à tirer si on les met sur notre mécha). Une fois le mécha en position, on peut bien sûr tirer sur le mécha adverse ou les soldats à pieds, mais c’est loin d’être simple ! D’abord il faut attendre que l’obus soit chargé, ensuite il faut entrer en mode de visée, on part alors d’un pourcentage de précision de base (selon la distance à notre cible et le type d’AFW, chacun ayant leur distance de prédilection, environ 50% de jour, deux fois moins de nuit), et il faut alors attendre que ce pourcentage augmente pour être acceptable et approcher les 100% ! Bien sûr il ne faut pas tirer trop tôt, on risque de rater l’ennemi avec un pourcentage trop bas, mais en attendant on s’expose aux attaques adverses et une attaque subie peut faire baisser de façon radicale notre précision ! Les combats sont donc à 100% des duels de pistoleros, il faut du sang froid et c’est souvent à qui dégainera le premier ! Exemple : Encore un peu…Allez encore un peu, j’y suis presque, presque…. nooon il a tiré ! On peut bien sûr s’avancer ou reculer pour obtenir une précision optimale. On a également à notre disposition des mouvements spéciaux qui peuvent permettre de détruire l’ennemi avant la limite de temps. En effet il y a une limite de temps de 99 secondes pour les combats, passé ce seuil chacun remballe ses billes et on compte les morts. On peut également abréger le combat en allant faire une attaque au corps-à corps, pratique quand on est en mauvaise posture et que l’on ne veut pas que le combat s’éternise.

Ce système est donc super intéressant mais qu’est-ce que c’est long ! Surtout que l’on répète souvent les même mécanismes, il y a en tout 2-3 comportements je dirais, soit on se défend en essayant de s’enfuir ou en allant au corps à corps pour expédier le combat, soit on attaque tranquilou l’AFW ennemi, soit on vise d’abord à l’affaiblir en tuant ses unités au sol. Le système de visée est super stressant et demande de l’attention, mais c’est long (une dizaine de secondes quand même je dirais), et répétitif. Même les premières missions avec seulement quelques unités durent longtemps et donc les missions plus avancées atteignent souvent plusieurs heures, heureusement il y a une fonction de sauvegarde temporaire. Je me rappelle que c’était ça qui m’avait le plus découragé lors de sa sortie, je ne sais pas si j’arriverai à aller plus loin maintenant mais j’espère bien.

Bref Ring of Red est un super tactical qui gagnerait à être plus connu, mais il est quand même réservé à des personnes qui n’ont pas peur de passer trois heures sur une seule mission ! Ceux qui veulent découvrir un peu de nouveauté dans les T-RPG seront également servis, avec un gameplay pas banal !

2 réponses à “Ring of Red”
  1. sebchoq dit :

    amateur de tacticals, je plussois, c’est un bon titre au design accrocheur …
    en plus moi qui suis fan d’uchronies je me régale …

  2. Vlenk dit :

    Toutes mentions aux armes nucléaires, Hiroshima/Nagasaki et ses conséquences, ont étés censurés dans les versions US & EU.
    De même, on ne retrouvera aucune référence au parti Nazi (censuré aussi).

    Mais il n’empêche que ce jeu fichtrement sympathique !
    Grand amateur de Tacticals-RPG et de Real Robot dans un contexte Politico-Dramatique (comme les Front Mission) J’en raffole 🙂
    Même si il faut s’armer de beaucoup de patience pour venir à bout des missions.
    Moi ça ne me dérange pas de passer 3/4 heures sur une opération (ce que j’appelle la « fièvre de la bataille », ça en devient addictique)
    Après tout, j’ai déjà finis Ogre Battle 😀

  3.