Reconnus sur Playstation première du nom pour la saga des Crash Bandicoot, le studio Naughty Dog a laissé de côté ce qui était quasiment devenu la mascotte de la machine pour le passage à la PS2. Ainsi est né une nouvelle licence productive qui engendrera trois jeux et un spin off : la saga Jak and Daxter. Souvent rangée dans la catégorie Plate-Forme, mais nous allons voir ce que c’est un peu plus compliqué que cela. Pourquoi en parler maintenant? Tout simplement parce que :

1) je viens de finir Jak 3
2) les trois opus viennent d’être réédités dans un pack comprenant les trois jeux pour une trentaine d’euros, trouvable dans la plupart des magasins.

Jak and Daxter : The Precursor Legacy

Premier opus sorti en 2001, Jak and Daxter demeure l’un des, sinon le, meilleur représentant de la plate-forme 3D sur la console de Sony. Délaissant la 3D précalculée et les caméras sur rail de Crash Bandicoot, Naughty Dog nous a cette fois proposé un univers totalement ouvert, avec un monde unique à parcourir, une caméra libre et aucun temps de chargement entre les différentes zones (rarissime à l’époque). A la manière de son illustre ainé et étalon du genre Mario 64, le jeu est un subtil mélange d’exploration (un peu) et de plate-forme (beaucoup). Il faudra ainsi fouiller les mondes proposés de fond en comble, contenant chacun leur lots de trucs à escalader, de trampolines pour sauter et de… plates-formes, forcément. Jak dispose toutefois de capacités offensives un peu plus élevées que le plombier moustachu, puisqu’il a piqué au Bandicoot la fameuse attaque tournoyante, ainsi qu’une charge très pratiques pour se défaire des ennemis qui peuplent les lieux.Il dispose également de pouvoirs spéciaux conférés par les différentes couleurs d’Eco, ce qui sera l’occasion de varier les puzzles. En outre, quelques mini-jeux sont disposés un peu partout, permettant de varier agréablement le gameplay : pêche à l’épuisette, défense d’un endroit à l’aide d’une tourelle canonière, ou encore conduite d’un véhicule.

Le coeur du jeu reste toutefois la plate-forme, et sur ce point-là c’est un modèle du genre. Jak se contrôle parfaitement, la caméra ne pose quasiment jamais problème, et les sauts sont très précis. La difficulté est d’ailleurs fort bien dosée, le jeu propose des checkpoints automatiques très régulièrement pour éviter les prises de tête. Bon, ce n’est pas non plus une promenade de santé tout du long, et les plus hardcore gamers qui chercheront le 100% de complétion trouveront quelques passages bien retors qui les attendront.

Les niveaux, même s’ils sont quasiment tous des clichés du genre (la jungle, la montagne de glace, le volcan, etc.) sont suffisamment différents pour renouveler l’interêt tout du long, et ne jamais s’y ennuyer. Niveaux qui contribuent d’ailleurs beaucoup à l’ambiance colorée et fun du jeu. Les couleurs pètent, on se croirait un peu en vacances, on voyage même. Ambiance renforcée par les personnages et leurs répliques, souvent très funs (surtout Daxter), voire complètement débiles. Qui plus est le doublage français est excellent, et les cinématiques et dialogues ne sont jamais trop envahissant non plus. Bref, tout à fait ce qu’on attend d’un jeu de plate-forme (j’insiste sur ce point qui paraît anodin, car ce n’est pas le cas par la suite justement).

Bref Jak and Daxter est un véritable modèle du genre plate-forme 3D, appliquant consciencieusement la recette initiée par Mario 64, mélant exploration et plate-forme pure. L’univers n’est pas spécialement original, mais il est beau, coloré et fun, à l’image du scénario et des personnages. Une durée de vie un peu faible toutefois lui fait défaut : comptez une dizaine d’heures pour le finir en traçant, et une quinzaine si vous visez le 100%. Assurément un indispensable sur la PS2 si vous êtes amateur du genre.

Jak II : Hors la loi

Plutôt que d’appliquer une nouvelle fois sa recette qui marche à la lettre, comme ils l’avaient fait pour les trois très similaires Crash Bandicoot, Naughty Dog a voulu avec Jak II bouleverser considérablement sa franchise, en incorporant de nouveaux éléments de gameplay. Mais aussi une nouvelle ambiance, un nouveau terrain de jeu, et un … scénario ?!

Exit les mondes colorés traversés dans la bonne humeur, le Jak nouveau sera un bad boy, volera des voitures et cherchera la vengeance, emprisonné dans une ville oppressante sous le joug d’un tyran maléfique. Là vous vous dites que je caricature… et ben non, même pas. Le changement est radical, un peu comme si pour Super Mario Galaxy 2, on décidait de donner un pistolet à Mario pour qu’il aille zigouiller du Goomba avant d’aller faire sa fêter à Bowser à coup de fusil à pompe. La comparaison n’est d’ailleurs pas si idiote, puisque Jak se verra bien ici doté d’armes à feu au nombre de quatre, afin de shooter les ennemis qui arrivent parfois en nombre bien plus grand qu’auparavant.

Le jeu gagne ainsi en séquence d’action ce qu’il perd en séquence de plate-forme. D’ailleurs il n’y a même quasiment plus de plate-forme, excepté un ou deux passages originaux qui évoquent le premier opus en terme d’idées de gameplay. Tout le jeu se résume à un enchaînement de missions, qu’on doit d’abord aller chercher à un point précis de la ville pour activer une cut-scene avec un personnage qui nous donnera une mission à faire. De jeu de plate-forme, on est passé à un pur jeu bac à sable, où on enchaîne les phases de gameplay sans grand rapport entre elles. Ces missions seront en grande majorité soit des séquences d’action à la Ratchet and Clank, où on shoote d’abord et on pose des questions après, ou bien des missions en véhicule.

Car oui, la conduite a maintenant une place prépondérante dans le jeu. Outre certaines missions qui se dérouleront à bord de ces dits véhicules (protection, missions de taxi ou bien simple course), vous devrez vous déplacer à travers la ville en voiture volante que vous faucherez au premier venu. Très inspiré par GTA III visiblement, le terrain de jeu est véritablement immense, et avoir les yeux rivés sur le radar/carte est obligatoire pour arriver à son but. Le problème, c’est qu’à la fois les véhicules sont assez lourdauds à conduire, et de plus les rues d’Abriville (la ville de Jak II) sont très étroits et demandent d’être très vigilant pour ne pas se prendre un mur, ou pire : un policier. Car comme l’indique le titre du jeu, vous êtes un hors la loi recherché par la milice locale, et si vous percutez l’un de ces derniers (ou une voiture de police), vous vous retrouvez pourchassé par tout le régiment du coin, jusqu’à ce que vous les semiez. Sauf que les couloirs sont si étroits qu’on finit quasiment inévitablement par en percuter un sans faire exprès, et chaque trajet à faire se transforme en véritable calvaire… Et le pire dans tout ça, c’est que la ville a beau être grande, il n’y a pas grand chose à y faire ! Il y a bien quelques mini jeux d’orientation disséminés dans les rues, mais rien ne nous motive à les faire, et on finit par pester de devoir se retaper ces énormes rues d’une mission à l’autre dans l’ennui le plus total.

Un sous-GTA donc, mais aussi un sous-Ratchet ! Car si les phases d’action sont nombreuses et très inspirées de ce dernier jeu, ce que Naughty Dog a oublié, c’est que ce qui fait la force de Ratchet, c’est son nombre d’arme très conséquent et qui donne envie de toutes les essayer. Alors que ce pauvre Jak doit se contenter de quatre maigres armes tout le long du jeu… Enfin c’est également un sous-Jak and Daxter, puisque non seulement les phases de plate-forme sont devenues ectoplasmiques, mais en plus on a échangé tout l’univers coloré et frais pour un monde gris et terne. Et malheureusement, additionner plusieurs jeux moyens, ça peut donner un bon jeu dans certains cas si le tout est bien maîtrisé, ici ça ne donne qu’un jeu bancal. Reste l’humour de Daxter qui fait toujours mouche (cette fois-ci épaulé de Jak qui lui donne la réplique), le doublage toujours très réussi et une durée de vie un peu plus conséquente qui atteint la quinzaine d’heures.

Jak 3

Pas de sous-titre pour le troisième opus, qui malheureusement pour les amateurs de plate-forme fans du premier, est la suite directe de Jak II en terme de gameplay et d’esprit. On retrouve ainsi ce découpage en missions à aller chercher d’un bout à l’autre de la carte, augmentée cette fois-ci d’un nouvel environnement : un grand désert de sable.

Quelques améliorations bienvenues sont toutefois de la partie. D’abord la conduite est beaucoup plus fluide, la nouvelle ville est plus large, et si on doit retourner dans l’étroite Abriville, l’environnement a suffisamment changé entre temps pour qu’on ait plus de souci de conduite, et les flics à éviter ont disparu. Ensuite les armes disponibles sont bien plus variées, augmentant le nombre à 12 différentes, variant ainsi un peu les phases de shoot. Notons également une nouveauté dans les missions, vous aurez droit à des courses de baggys dans le désert, avec pas mal de véhicules disponibles et un gameplay qui varie pour chaque. Plutôt bien foutu.

Mais ça ne fait que renforcer l’aspect bac à sable du titre. On enchaîne les missions qui n’ont absolument aucun rapport entre elles, variant d’un gameplay à l’autre toutes les dix minutes au point qu’on ne sait plus sur quel pied danser. Et toujours aussi peu de pure plate-forme à l’horizon. Le bilan sera donc exactement le même que pour Jak II, avec les mêmes défauts et les mêmes maigres qualités.

Conclusion

Faut-il acheter le pack comprenant les trois jeux ? Pour moi, clairement non. Le premier opus est excellent, les deux autres ne sont pas vraiment des mauvais jeux (ni des bons d’ailleurs), mais terriblement éloignés du premier en terme de gameplay et d’ambiance. Ils en deviennent très dispensables, excepté si l’on est très curieux de voir la suite des aventures du fameux duo après le cliffhanger de fin de l’épisode 1. Cherchez plutôt Jak and Daxter 1 en occasion (ou dans les vide-greniers, c’est la saison), et profitez d’un excellent jeu de plate-forme, genre qui commence à se faire malheureusement trop rare.

Une réponse à “La Trilogie Jak”
  1. sebchoq dit :

    rien àrajouter, très bonne analyse, le premier est vraiment excellent et tient largement la route encore aujourd’hui.
    les 2 autres sont dispensables et se rapprochent des ratchet et clank qui sont meilleurs dans le genre …

  2.