Appartenant à la mouvance Shibuya Kei, un courant musical japonais mélangeant la musique électronique avec d’autres influences, Cornelius est un des artistes les plus intéressants de cette tendance. Son style de prédilection est un mélange d’electronica et de pop-rock. De mes connaissances musicales, le groupe musicalement le plus proche qui me viendrait à l’esprit, ce serait Primal Scream, qui a connu une évolution musicale similaire avec l’introduction d’électronique dans leur univers. Et moi quand on mélange deux univers comme ça… j’adore !



Cornelius a produit cinq albums depuis 1994. Si le premier, The First Question Award, est plus ancré dans l’acid jazz très en vogue à l’époque (pensez Jamiroquai), avec des trompettes, des lignes de basse funky et surtout sans aucun sample électronique ; c’est à partir de 69-96 que commence à se dessiner le style qui deviendra sa marque de fabrique. Plus orienté rock que le précédent, on voit apparaître quelques samples et structures empruntées à la musique électronique.


Mais c’est sur Fantasma sorti en 1998 que Cornelius va réellement briller. L’album de la maturité (oohhhh l’expression cliché de critique musicale), et juste un petit chef d’oeuvre, fusion parfaite et complètement barrée entre le rock et l’electronica. The Micro Disneycal World Tour, Clash, Count Five or Six, Star Fruits Surf Rider, Thank You for the Music sont d’autant de titres géniaux et bien foutus. C’est bien simple, il n’y a rien à jeter sur cet album !


Point sorti en 2001, reprend le style de l’album précédent, en lui ajoutant quelques expérimentations sonores, notamment le fait de se servir de bruits naturels comme le bruit de l’eau dans Drop ou les oiseaux dans Bird Watching At Inner Forest. Légèrement plus expérimental, il n’en reste pas moins un excellent album dans la continuité de Fantasma.


Enfin, Sensuous, est malheureusement moins convaincant que ses prédécesseurs. Toujours dans ce style inimitable, mais plus dépouillé. Excepté quelques titres comme le complètement barré Gum, Wataridori ou Music, l’ambiance est très molle et… on se fait chier, il faut le dire.

Comme souvent dans la musique électronique, Cornelius est un artiste qui soigne ses clips. La plupart proposent un univers visuel très original, mais toujours en accord avec la musique. Bref des petits chefs d’oeuvre visuels à voir impérativement. Si je devais n’en retenir qu’un (pour ne pas surcharger la page), je dirais celui de Fly, qui vous fait découvrir le point de vue d’une mouche :

Mais il y a aussi Smoke et ses formes géométriques syncronisées, Star Fruits Surf Rider et ses couleurs psychédéliques, Point of View Point et ses trajets en voitures à pleine vitesse, Drop et ses goutes d’eau, Gum et ses bouches de partout, et plein d’autres encore…

Cornelius sur Spotify
Ou sur Deezer (pour les losers qui n’utilisent pas Spotify)

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