Prenant la suite de la case noitaminA, une plage horaire de Fuji TV diffusant uniquement des animes censés être destinés à un public un peu plus mature que le shonen lambda, Tokyo Magnitude 8.0 est la dernière série du studio Bones, se démarquant d’entrée de jeu par son statut de série originale spécialement créée pour le format télévision. Fait de plus en plus rare (pas plus de deux ou trois séries par saison ces temps-ci), et donc à encourager. Toutefois, c’est loin d’être un synonyme de qualité.

Cette série parle de tremblement de terre. Enfin, ça c’est ce qu’on peut croire au premier abord, et il faut dire que le studio ne fait rien pour mettre sur une autre voie. Déjà tous les épisodes démarrent sur une note avertissant que « tout est traité de façon réaliste selon des simulations ». Les premiers épisodes nous balancent également dans le feu de l’action en lâchant un élément perturbateur sous la forme d’un gros tremblement de terre ainsi que ses répliques, qui chamboulent tout le paysage tokyoïte. Et pourtant, tout ceci n’est qu’un simple prétexte pour raconter une histoire humaine avec pour personnages principaux de jeunes enfants. Une sorte de voyage initiatique plein de dangers et tournant au drame par moment (c’est méchant un tremblement de terre). C’est là le principal reproche que je ferai à la série : il y a tromperie sur la marchandise. Je m’attendais à une sorte de simulation documentaire sur le phénomène des tremblements de terre et ses conséquences, et on se retrouve à suivre les émois d’une gamine emo et son petit frère supra relou, qui se battent contre les maux de ventre ou faisant ami-ami avec un geek à lunettes fan de robots. Si cela peut constituer une excellente surprise pour certains, pas de bol pour moi, c’est typiquement le genre d’histoire qui me fait royalement chier, surtout quand on y mêle du mélodrame.

Cela n’aide pas qu’il y ait en outre un gros problème de narration qui plombe la série. Passé l’élément perturbateur, il ne se passe plus rien jusqu’aux derniers épisodes. On suit trois personnages qui n’ont pas le temps d’avoir un background suffisamment développé en 11 épisodes (la pauvre Mari a droit en tout et pour tout à 30 secondes de flash-back), et les situations montrées n’ont rien de bien palpitant. A la limite, on peut dire que c’est le côté réaliste/simulation qui transparait ici, mais comme c’est romancé du point de vue d’une jeune fille en mode « la vie c’est trop de la merde de toute façon et personne peut me comprendre », ça rend les dialogues particulièrement pénibles. Dans les derniers épisodes, l’intérêt est toutefois relancé pour un temps à l’aide d’évènements surprenants et un changement d’ambiance, malheureusement gâché par un rythme trop lent derrière pour combler le vide ambiant. Et ce n’est pas une pseudo réalisation à la Satoshi Kon qui viendra faire illusion : c’est du vent. Le constat s’impose, c’est une série qui aurait été bien plus adaptée au format film, voire OAV, tellement c’est apparent qu’il ne s’y passe que trop peu de chose.

Graphiquement aussi ce n’est pas exempt de défauts. Le chara-design est très simpliste et peu attractif. Une sorte d’ersatz de Dennou Coil, sauf que ce dernier avait du charme, lui. En plus la qualité graphique n’est pas vraiment constante du long des 11 épisodes, avec des hauts comme des bas assez marqués. Merde quoi, c’est vraiment le même studio qui a pondu les 26 épisodes de Bounen no Xam’d pas plus tard que l’an dernier ?? Et puis qu’est-ce que c’est que cet opening composé d’images fixes s’enchaînant façon diaporama sur une musique rock faite pour remuer le popotin ? Je n’ai rien contre le choix de plans fixes (d’autant que ces dessins représentant un Tokyo en ruines sont très bien foutus), mais alors niveau musique totalement hors-sujet, ça se pose là.

Quelques points positifs tout de même : en effet le contexte présenté est relativement crédible et assez réaliste (excepté le coup des robots, qui existent mais ne sont pas encore au niveau opérationnel et en quantité montrée dans l’anime). De plus, si on est émotif et qu’on arrive à s’identifier aux personnages (je vous plains si c’est le cas), le côté humain peut faire mouche et faire déclencher des émotions dans votre petit coeur. Enfin bon, il paraît que je suis un gros insensible donc ça vient peut-être juste de moi…

J’en attendais sûrement trop, je m’étais fait des films et représenté un idéal pour cet anime, et plus dure fut la chute. Quand on sait à quoi s’attendre, à savoir que c’est pas une simulation réaliste des effets d’un tremblement de terre, mais les aventures de Mirai la rebelle de la life et son petit frère Yuki qui tentent de rentrer chez eux en bravant la foule et les maux de ventre, ça doit mieux passer. A vous de voir si le programme présenté vous attire. Pour ma part j’ai l’impression de m’être fait rouler, un peu comme si je me réservais une soirée pour matter un bon documentaire sur Arte, et qu’on me collait à garder un petit cousin, me résignant à regarder avec lui le dernier épisode de Plus Belle la Vie parce qu’il est fan.

Ouh, je suis violent là.

2 réponses à “Tokyo Magnitude 8.0 : Torpeur et Tremblements”
  1. Fisico dit :

    Ouais enfin Plus Belle la Vie c’est quand même foireux comme comparaison (j’ai regardé pendant quelques mois à une certaine époque, il y a une semaine je jette un coup d’oeil pour voir et je vois qu’un des nouveau personnage est membre de la guérilla tchétchène, k)

    Alors ouais c’est un animé tranche de vie c’est sur, ouais Mirai est extrêmement chiante pendant une bonne moitié de l’animé (voire plus ?), mais ce n’est pas déplaisant à voir pour autant et les derniers épisodes remontent sacrément le niveau.
    Évidemment c’est sur qu’il faut adhérer un tant soit peu au principe d’animé à « l’eau de rose », sinon c’est même pas la peine.

  2. kyouray dit :

    Kirox l’inhumain !
    J’avoue que je m’attendais à autre chose aussi de la part de cette série mais il s’avère que j’ai quand même apprécié la tournure qu’ont pris les choses, surtout vers la fin de la série. La qualité est peut-être irrégulière au niveau de la réalisation mais l’ambiance reste présente et il est évident que tout le monde n’adhère pas à cette atmosphère.
    Le chara-design, je le trouve sympa contrairement à toi et assez expressif, puis les :> de Yuki, c’est fun. Hormis certains défauts, cela reste une bonne série pour ma part, non pas pour le côté simulation qui est là proche d’un échec (ce n’est pas pour autant que la série n’est pas crédible, au contraire) mais une réussite au niveau humain malgré l’exagération par moments, ça ne plaira pas à tout le monde. Puis ZE episode quoi !

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