Les adaptations en manga de jeux vidéo ne sont pas rares au Japon : Kingdom Hearts, Pokémon ou encore la plupart des Tales of ont eu droit à la leur. La plupart des Zelda également, même si ce n’est qu’aujourd’hui que ces derniers débarquent chez nous, édités par Soleil. Bien sûr, dès que j’ai vu les deux tomes d’Ocarina of Time en vente chez mon fournisseur habituel, je me suis jeté dessus sans réfléchir comme le gros fan décérébré que je suis de ce jeu, qui reste mon préféré toute plate-forme confondue. Ca tombe bien, c’est justement un produit pour pur fanboy.

L’histoire reprend dans les grandes lignes celle du jeu, en la simplifiant pour la faire rentrer en deux tomes. Pas évident, et si presque tous les personnages principaux font une apparition, ils sont pour la plupart expédiés en quelques cases, et fort peu développés. Du coup on a plus l’impression qu’ils apparaissent juste pour le clin d’oeil appuyé au fan que pour avoir une quelconque utilité. L’auteur tente bien de surprendre un peu en changeant le déroulement de l’histoire (surtout dans la deuxième partie), mais n’ose jamais se démarquer vraiment, oscillant entre l’adaptation fidèle au décor près, et les légers écarts. C’est romancé pour s’adapter au format manga, mais malheureusement pas assez pour aquérir une vraie personnalité distincte de l’oeuvre d’origine. Toutefois ce point est à nuancer puisque si la partie adaptée de la trame originale souffre en effet de cette comparaison, les trois chapitres bonus qui se trouvent à la fin du deuxième tome sont eux entièrement originaux, et développent un peu le background de certains personnages. Mais ça ne fait jamais qu’un demi-tome de vraiment original.

Graphiquement plutôt soigné et fidèle au chara-design d’origine, un point à noter étant la fidélité des décors. Si les donjons sont certes très librement adaptés, il fait chaud au coeur de reconnaître avec précision la forteresse Gerudo ou le lac Hylia, comme on les a connu. En outre l’édition proposée par Soleil est tout à fait satisfaisante, la traduction des noms est bien fidèle, et les couvertures profitent d’un fort joli papier glacé sur l’illustration principale.

Si le fan pourra compter sur ses bons souvenirs ravivés pour pimenter la lecture, il faut bien avouer que pour celui qui n’y a pas joué, l’intérêt n’est pas bien grand. Le scénario ainsi montré est basique, surtout lorsqu’il faut lui amputer pas mal de scènes pour le faire tenir en 15 chapitres, ce qui est beaucoup trop court pour développer convenablement la trame. Ca donne une impression de rush permanent, on passe d’un lieu à l’autre sans transition aucune et sans laisser le temps au lecteur de souffler. Je ne dis pas qu’il aurait fallu suivre le cheminement du jeu à la lettre (il y a tout un tas de séquences de gameplay qui n’auraient aucun interêt à être montrées en action, à moins d’être lourdement modifiées), mais là clairement ça va trop vite.

Ocarina of Time c’est un tout : gameplay, ambiance, scénario, musique… Il n’est le meilleur dans aucun de ces domaines, par contre c’est un des jeux les mieux équilibrés sur tous ces domaines, et c’est ce qui fait vraiment sa force. Du coup, n’en garder qu’un de ses aspects et le ressortir plus ou moins tel quel (le scénario en l’occurence), ça ne fait que mettre en évidence que bah… le scénario n’est pas extraordinaire. Ou en tout cas pas suffisant pour alimenter une vraie aventure au format manga, si on y apporte pas de profondes modifications. Ce qui est pourtant possible, je ne peux m’empêcher de citer ce magnifique essai de novélisation du même jeu en fanfiction par Arxane, qui pour le coup, apporte suffisamment de modifications (tout en restant fidèle à la trame globale) pour proposer quelque chose qui tient la route d’un point de vue littéraire. Je déconseille cependant la lecture, vu que l’auteur a disparu en plein milieu de l’histoire, une fois arrivé au… temple de l’eau. Décidément, il pose problème à tout le monde celui-là.

P.S. : si vous aimez Secret of Mana (et que vous ne suivez pas spécialement notre actu), une playlist spéciale consacrée à Hiroki Kikuta sera diffusée ce soir sur la radio du site.

3 réponses à “[Manga] The Legend of Zelda : Ocarina of Time”
  1. Toulal dit :

    Ha oui je les avais vus il y a un moment par chez moi (dans mes montagnes OUI il y a un vendeur de manga \o/)
    Par la suite j’ai aperçu que la famille avait grandi avec les titres genre Quatre Saisons ou Quatre Épées (me souviens pu)

  2. Icing dit :

    Effectivement, je l’ai vu en rayon, mais j’ai eu peur, ne serait-ce que de l’ouvrir, ce que j’aurais du faire apparemment. 🙂
    Alors une prochaine fois peut être.
    Par contre, pour moi Zelda, voyons, je crois que j’adore le « Mujura no Kamen », même si le 3 restera définitivement gravé dans ma mémoire.

    Lorsque je suis allée au Japon, des adaptations de manga, il y en a pour tout et n’importe quoi. Même Mario a je-ne-sais-combien de manga à son actif. o_O

  3. Mithrandir dit :

    Woah, il t’a fallu lire un manga dédié à Oot pour te rendre compte que le scénar est à chier ? XD
    Moi j’aurai bien aimé que tu mette une image de l’intérieur du manga, et pas seulement des couv, pour moi c’est important qu’on aie un petit apperçu. Mais peut-être est-ce une question de droits ?
    Et sinon qu’en est il du mutisme de Link ? Est-il toujours là et les autres persos parlent à un mur ? Dans un jeu vidéo l’argument de Miyamoto était que c’est le joueur Link, et donc pas besoin de dialogues pour Link car cela enfermerai le joueur dans une conception bien précise de Link et donc de le laisser libre. Ça se discute, mais dans le cadre d’un manga n’est-ce pas encore plus inapproprié ?

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