M’étant procuré récemment l’édition collector de Vision d’Escaflowne, qui est enfin sortie cet été après avoir été en stand-by chez Dybex depuis quelques années, j’ai pu mettre la main sur un bonus sympathique du coffret : le jeu de tarot utilisé par Hitomi dans la série. L’occasion de faire quelques recherches sur ce jeu, et de vérifier à la fois si l’utilisation qui en est faite a un sens, et si oui, quel est-il? Je suppose que des articles du genre ont dû paraître il y a une dizaine d’années sur la toile à l’époque de sa sortie, mais je n’en ai pas retrouvé beaucoup de traces encore vivantes à l’heure actuelle. Voici donc ce que j’ai pu compiler :

Commençons par identifier à quelle variante de decks de tarot appartient celle qui nous intéresse ici. Tout d’abord, notons que les 26 cartes fournies dans l’édition collector ne représentent pas la totalité du deck utilisé par Hitomi. En effet, cette dernière semble utiliser 78 cartes, comme un jeu de tarot classique : on voit, dans ses lectures au cours de la série comme celle de l’épisode 20 à Mirana, qu’elle utilise des cartes qui n’apparaissent pas dans notre deck. Cette sélection correspond en fait aux cartes qui apparaissent au début de chaque épisode pendant l’affichage du titre. 26 épisodes : 26 cartes. Le jeu de tarot se décompose en deux parties : 22 arcanes majeures (les 21 atouts + l’excuse dans un tarot européen) et 56 arcanes mineures (les figures et les nombres). On retrouve toutes les arcanes majeures dans les titres d’épisodes, accompagnés donc logiquement de 4 arcanes mineures.

Les arcanes majeures semblent être dérivée du deck Rider-Waite, le plus connu et utilisé chez les anglo-saxons aujourd’hui (côté Europe latine on préfère une variante plus ancienne connue sous le nom de Tarot de Marseille). En revanche, les arcanes mineures elles sont adaptées du Tarot de Merlin, variante basée sur la mythologie Arthurienne, qui en lieu et place de couleurs des cartes, utilise quatre genres d’animaux : oiseaux, serpents, poissons et bêtes féroces. Un mélange de deux decks donc, et comme si ça ne suffisait pas, les noms des symboles sur les cartes de la série sont écrits en… italien ! De l’italien parfois d’ailleurs pas très rigoureux, et qui n’a normalement rien à faire là puisque les deux decks évoqués sont à l’origine en anglais. Sans doute un hommage à la contrée natale du tarot, qui vient d’ailleurs du mot italien tarocchi.

Il existe de nombreuses variantes dans la façon de tirer les cartes. Hitomi utilise pour faire ses lectures une des plus répandues : le Celtic Cross, ou Ten Card Spread. Comme le montre le screenshot ci-dessous, cette méthode consiste à placer cinq cartes en forme croix (celtique donc), quatre verticalement sur le côté, et enfin une dernière par dessus la carte centrale. Chaque position est associée à une partie de la réponse. La carte centrale représente par exemple le temps présent, la carte gauche de la croix le futur immédiat, et la carte croisant la carte centrale indique le principal obstacle rencontré. La personne ayant tiré les cartes doit alors interpréter les symboles affichés pour donner une réponse complète. Chaque symbole ayant un certain nombre de significations possibles, il faut déterminer la plus adaptée à la fois à la question posée, ainsi qu’aux autres symboles apparus.

Avec 72 cartes différentes, et des dizaines de significations différentes pour chaque carte, on peut imaginer qu’un tel procédé est en mesure de donner des réponses extrêmement précises à n’importe quelle question, comme Hitomi le fait à plusieurs reprises dans la série. Évidemment, il faut être capable non seulement de connaître absolument toutes les significations, mais aussi d’avoir l’intuition de choisir la bonne, mais nous mettrons cela sur le compte de son pouvoir spécial.

Chaque épisode est donc associé à une carte de tarot. Il est donc logique de penser que chaque carte n’est pas choisie au hasard et que sa signification est associée au contenu de l’épisode. Certains liens sont en effet assez évidents car associés à la signification principale de la carte, comme l’épisode 1 et la carte de la Tour foudroyée, symbole de chaos et de grand changement, ou l’épisode 24 (la reprise de l’épisode 1 où Hitomi retourne sur Terre) et la carte de l’ermite, symbole de la solitude et de l’introspection. D’autres restent toutefois plus obscurs et on ne trouve des liens que via les significations secondaires ou bien les évènements mineurs d’épisodes.

Au cours de la série, on apprend que ce sont les souhaits et les peurs d’Hitomi qui déclenchent les choses et font que les évènements qu’elle prédit se réalisent. Le jeu de tarot représenterait alors cette destinée fixée et décidée à l’avance, tout comme l’alternateur de Destin de l’empereur de Zaiback : Dornkirk. Dans le dernier épisode, Hitomi et Van brisent la machine de Dornkirk, rendant ainsi le contrôle de leurs destinées à tout le monde. A son retour sur Terre, elle déclare également à ses amies ne plus faire de lecture de cartes, confirmant qu’elle ne souhaite plus se laisser dicter son destin par les cartes, mais cette fois le choisir d’elle-même.

Sources principales de cet article : UCJAS, Escaflowne Compendium, Divinatory, esoteric and occult tarot sur Wikipedia.

4 réponses à “Le jeu de tarot dans Escaflowne”
  1. Gold dit :

    Je suis sincèrement jaloux de ton exemplaire du tarot d’Hitomi. Par contre j’aime l’analyse. Je n’aurais jamais pensé spontanément à associer l’alternateur de destin avec le tarot même si c’est vrai que leurs fonctions se rejoignent.

  2. Shu` dit :

    Est-ce la même version que le jeu de tarot vendu avec le jeu ps1 ? Ou est-ce une exclu pour l’édition fr ? Si ça se trouve les japonais ont eu la version complète du jeu avec le jeu ps1 🙁 (qui coûte un rein, de mémoire)

  3. jonas dit :

    Bah le seul vrai tarot, c’est le tarot de marseilles. Le tiens doit avoir des lacunes en star platinium et autres the world. 😀

  4. Plumy dit :

    Argh, j’ai envie de me refaire la série du coup. Et me fait regretter d’avoir acheté le pack version light « Histoire d’avoir cette série que j’adore en dvd sans trop y mettre de sous », gn, je suis jalouse.
    C’est interessant, je n’avais jamais fait attention au fait que son deck était un mélange de 2 tarots, j’étais restée sur l’idée que c’était le tarot de marseille qu’elle utilisait. Mais effectivement avec les noms en italiens, on fait moins attention du coup

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