Nous sommes au 22ème siècle, où l’Humanité a du quitter la Terre devenue inhabitable et s’atteler à coloniser l’Espace. Lors d’un voyage scolaire, sept jeunes adolescents (et un robot-chat) vont se retrouver perdus abandonnés sur une planète en apparence déserte, excepté tout un tas d’animaux hostiles. Le groupe va devoir apprendre à survivre avec les moyens du bord, tout en explorant les environs pour chercher un moyen de rentrer chez eux. Ils vont découvrir que la planète où ils ont débarqué renferme bien plus de secrets qu’au premier abord…

On serait pas dans la merde là par hasard?

Séries passée quasi-inaperçue à l’époque de sa diffusion (2004), et tombée dans l’oubli instantanément, Uninhabited Planet Survive (ou Mujin Wakusei Surivive chez ses créateurs) a connu un tel destin tragique pour plusieurs raisons que l’on peut extrapoler a posteriori. Design enfantin et déjà old-school il y a 6 ans de cela ; premiers épisodes peu encourageants pour ceux qui ont tenté à l’époque ; désintérêt des éditeurs d’animes (la série n’est jamais sortie en France), et même des équipes de fansubs sur le net. Ou un mélange de tout cela. Sort un peu triste, car cette série est loin d’être inintéressante, comme je vais tenter de démontrer dans cet article. Anime au format de 52 épisodes au scénario conçu spécialement pour, bien qu’une partie de l’histoire partage des similarités avec un roman de Jules Verne : Deux ans de Vacances. Ces similarités ne sont toutefois présentes que jusqu’à un certain point de la série (en y ajoutant tout un tas d’éléments de Science-Fiction), et passé ce point le scénario devient véritablement indépendant.

Sept ados et un chat rose

Nul besoin de le cacher, c’est un anime à destination d’un public jeune. Le design, la simplicité des dialogues, les personnages bien caricaturaux, ou l’eyecatch en forme de Taquin éducatif sont autant de critères le rappelant. Cependant, comme l’a dit un grand amateur de mechas et de magical-girl dans je ne sais plus quel contexte mais bon ça m’a marqué (l’art de pourrir sa propre citation avant même de la faire), « les animes pour enfants nous ont produit parmi les plus belles perles de la décennie », en pensant à Princesse Tutu, Eureka seveN ou Gurren-Lagann. D’autant que la série n’est parfois pas exempte de tragique, puisque les protagonistes seront confrontés à des dangers bien réels, avec parfois des conséquences profondes.

Le premier boss du jeu

La technique est un peu faible pour un anime de 2004, les couleurs sont chatoyantes mais le dessin et le chara design sont très basique. Rien de spécial non plus côté animation, et l’OST est un peu trop redondante. Comprendre par là que pour une série de 52 épisodes, on entend un peu trop souvent les mêmes musiques, ce qui fait qu’elles perdent de leur effet à force. Toutefois cela n’empêche pas ces dernières d’être assez jolies, notamment le thème principal.

En fait l’argument principal de cette série, c’est tout simplement son genre. De l’Aventure avec un grand A, et au sens noble du terme. Ici on a un mélange de plusieurs thèmes : survie et science-fiction principalement, mais les ingrédients classiques sont là. Intrigue prenant de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure de la découverte du monde, suspense et cliffhangers réguliers, mélange d’action, de comédie et d’un zeste de drame. Un genre rare devenu carrément old-school de nos jours dans le domaine de l’animation japonaise.

Un autre aspect notable de UPS, c’est que le rythme est particulièrement bien géré. On ne s’ennuie jamais du long des 52*20 minutes, et ce grâce notamment à des relances scénaristiques judicieusement placées. En dire plus serait spoiler, mais sachez que si le scénario est au début une simple Robinsonade, ce dernier se densifie notamment par la suite, beaucoup plus loin que ce que l’on peut imaginer au premier abord. On pourrait bien reprocher quelques facilités et des éléments incohérents en creusant un peu profond, mais rien qui puisse vraiment briser le fameux Suspension of Disbelief, excepté deux ou trois évènements qui feront lever le sourcil. Globalement on y croit.

Paradis ou Enfer ?

Les personnages, à la fois un point fort et un point faible de la série. Au premier contact, ils sont terriblement stéréotypés : l’héroïne toujours optimiste et pacifiste, le fils à papa richissime et égoïste, la chef de classe hautaine et froide, le petit génie immature capable de construire tout et n’importe quoi, etc. (les autres sont du même acabit). Énervant et rebutant au début, c’est un fait. Cependant, c’est un vrai plaisir de voir tout ce petit monde subir une vraie évolution en 52 épisodes. Au fur et à mesure des épreuves traversées, le groupe va apprendre à se connaître, se faire confiance et changer petit à petit sa mentalité de départ. En outre, l’aspect relationnel est assez bien géré. Sans tomber dans le pessimisme (ou le réalisme?) à la Lord of the Flies, ou Mugen no Ryvius pour prendre un équivalent en anime, où tout le monde finit par se détester en situation d’espace clos, ici les adversités rencontrées les rapprochent au contraire, et les personnages apprennent à se connaître et s’apprécier au fil des conversations.

Je suis obligé de mettre une légende à chaque fois?

Sans aller jusqu’à employer les termes journalistiques de « Gemme méconnue » ou « Chef d’oeuvre injustement oublié » qui seraient légèrement excessifs, reste que Uninhabited Planet Survive mérite le coup d’oeil. Si vous aimez l’Aventure, la survie, la science-fiction ou mieux : tout cela en même temps, il serait dommage de passer à côté de ce beau divertissement.

4 réponses à “Uninhabited Planet Survive”
  1. Gen' dit :

    Oh, quelqu’un qui parle d’Uninhabited Planet Survive, joie !

    En dépit de son classicisme extrême, le visionnage de cette série est un vrai plaisir, c’est le genre d’oeuvre qui me vient tout de suite à l’esprit lorsque je parle de « cliché maîtrisé ». La série s’aventure à dégager des airs de Miyazaki et ne s’y casse pas les pattes, et le côté old school ajoute encore au charme de l’ensemble (ça a quasiment des airs de Bus Magique, parfois…). Ton article résume très bien les différents aspects qui invitent à dépasser son côté rebutant.

  2. Sirius dit :

    En effet. J’avais vu le premier épisode à l’époque et je me souviens vaguement d’un match de basket (?), de personnages assez niais dans leur comportement et dont le chara-design n’arrangeait rien. Je vois à cet article que j’ai vite jugé le livre à sa couverture mais… Le format me décourage encore plus que la couverture : 52 épisodes d’aventures ça manque de piquant pour moi. Même si je devine sans mal qu’on aura droit à quelques surprises. Dans Infinite Ryvius, c’est justement le pessimisme constant et l’ambiance sous-jacente qui m’ont permis d’accrocher.

  3. Jevanni dit :

    Oh, je pensais être le seul à retoucher à cette série. Sirius, je pense pas que tu peux t’attendre à des surprises si t’as déjà vu les 1ers épisodes, l’idée reste globalement la même. C’est niais et les personnages sont très caricaturés, comme dit c’est vraiment une série pour gosses voir même un peu trop mais ça reste un vrai moment de détente et de non prise de tête pour moi, et au final à raison de un ou deux épisodes à la fois, ça passe parfaitement bien.

  4. le gritche dit :

    Un anime d’AVENTURE, genre qu’on voit si peu, même si personnages et péripéties nous sont souvent familiers: on ne sait quand même pas vers quoi se dirige l’histoire au-delà du fait « qui’ls seront sans doute secourus à la fin ». A part Howard pour son caractère de chieur, l’aspect stéréotypé des persos n’est franchement pas un problème, tant il se retrouve dans des productions pour adultes (j’ai eu un faible pour Menori). Les scènes concernant la survie ne sont pas bâclés malgré des ellipses nécessaires et il y a d’authentiques moments de tristesse voire de désespoir de la part des survivants. La fin et le destin de chacun des survivants m’a un peu chagriné mais je ne vais pas spoiler. Uninhabited Planet Survive est à découvrir si vous avez la patience de rentrer dedans et d’accepter une mise en scène destinées a priori à un jeune public. Les tendances à l’heure actuelle sont aux animes remplis de chara-design à la mode qui phagocitent souvent la bonne tenue d’un scénario rachitique et qui ne fait certainement pas voir du grand air: les otakus se regardent le nombril.

    Sinon, ayant commencé Survive avec un fansub fr qui avait fini par laisser tomber (ça doit faire au moins 4 ans), j’ai fini par basculer pour la 1ère fois sur une team US ! Cet anime m’a donc aidé à m’émanciper totalement de nos teams fr de toute façon trop lacunaires et inconstantes pour n’importe quel fan d’animation.

    A propos de Mugen no Ryvius, je trouve qu’on y déteste vite sa pléthore d’adolescents en pleine crise, et que ça nuit à l’histoire et à son cadre au design SF plutôt classe. Bon anime mais qui perd son rythme et dont le mystère s’essouffle un peu, sans parler des persos parfois très antipathiques.

  5.